Abidjan — Les relations entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso se détériorent au file des jours, depuis le début de la guerre. L'épouse du président de l'Assemblée nationale, Mme Limata coulibaly, ivoirienne d'origine burkinabé, n'est pas insensible à cette situation. Aussi a-t-elle décidé d'oeuvrer pour l'instauration de la paix entre son pays d'origine et son pays d'adoption.
Sa démarche se justifie également par le fait que les discours des hommes politiques sont peu rassurants et de plus en plus virulents. Dans la rue, le Burkinabé est désigné comme responsable de la situation que connaît la Côte d'Ivoire, alors que lui-même ne se sent pas concerné.
Ivoirienne fière de ses origines, elle veut profiter de sa place de deuxième dame pour aider à la réconciliation. Une réconciliation vraie et définitive.
Pour atteindre cet objectif, elle a créé le Comité de médiation pour la paix (COMED), dont elle est la coordinatrice. Cette structure qui est composée d'Ivoiriens d'origine burkinabé, de Burkinabè et d'Ivoiriens, veut promouvoir la paix, l'entente et la tolérance entre les deux peuples en s'appuyant sur les chefs traditionnels, qui constituent selon elle le socle de nos sociétés malgré leur modernisation.
Le COMED a commencé ses activités hier à la salle des fêtes de Treichville par une rencontre qui a réuni les chefs traditionnels burkinabè de Treichville, ceux de Marcory, ainsi que des rois et chefs traditionnels ivoiriens au nombre desquels figurait Sa Majesté Koudou Grah III chef suprême des Krou, secrétaire exécutif de l'association des rois de Côte d'Ivoire.
Mme Limata Koulibaly a partagé avec eux, ses idées et tous y ont adhéré. Elle a précisé que l'objet de la rencontre est apolitique. " Nous devons aller au-delà de notre silence sans nous mêler à la politique. S'il y a la guerre entre nos deux pays S'il y a des dérapages, on sait quelles en seront les conséquences : la faim, la mort. Nous devons nous relever et ramener la paix ", n'a-t-elle cessé de répéter.
Le Comed veut amener les Burkinabè de Côte d'Ivoire à ne plus avoir peur. " La peur est un sentiment trop dangereux. Quand on a peur on peut commettre des gestes qui peuvent être mal interprétés. Il ne s'agit pas de chercher à rendre des coups ". Hier, Mme Koulibaly a exhorté ses frères à ouvrir leur coeur au pardon, à la fraternité et à l'amour, afin que la paix revienne dans leur pays d'adoption .
Les Ivoiriens, selon Mme Koulibaly, ont accueilli leurs frères Burkinabè à bras ouverts. Au plan historique, il n'existe pas de conflits entre les deux peuples. Et pourtant aujourd'hui le climat se dégrade, il existe une certaine suspicion. Les rackets et les contrôles de véhicules sont plus fréquents et sévères chez les étrangers, et particulièrement chez les Burkinabè, plus visés que les autres. Face à cette situation, elle a invité ses frères à marcher la tête haute et à tuer en eux tout sentiment de culpabilité.
Les actions du Comed seront essentiellement des tournées de sensibilisation dans les dix communes d'Abidjan, à l'intérieur du pays et plus tard au Burkina Faso, toujours avec les chefs traditionnels, qui vont rencontrer le moronaba afin d'établir des relations solides.
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