Wal Fadjri (Dakar)

11 Juin 2003

Sénégal: Gestion des ordures ménagères: les acteurs interpellent les autorités communales

L'un des principaux obstacles sur lesquels bute la gestion des ordures ménagères est que la présence de l'institution communale sur le terrain manque de visibilité. Selon les différents intervenants dans ce secteur réunis à Thiès, c'est cette situation qui favorise un foisonnement d'intervenants de nature à installer un désordre.

THIES - S'il y a une difficulté commune aux villes moyennes du Sénégal, c'est bien celle relative à la gestion des ordures solides ménagères. Grâce à leur caractère récurrent, elles représentent un véritable casse-tête pour les communes. Des communes que ne manqueront pas de mettre à l'index les différents intervenants et Ong qui s'activent dans ce secteur. Pour ces derniers réunis en atelier de capitalisation et d'échange au Centre national d'éducation populaire et sportive de Thiès (Cneps), l'un des principaux obstacles sur lesquels bute la gestion des ordures ménagères est l'absence d'une politique réelle et adéquate de prise en charge de la problématique ordure. La présence de l'institution communale sur le terrain manque de visibilité. Une situation qui, selon eux, favorise un foisonnement d'intervenants de nature à installer un désordre quasi total dans la gestion.

Il s'y ajoute que la plupart des villes moyennes ne disposent pas, à l'instar de Thiès qui accueille la rencontre, de décharge publique. En effet, la cité du Rail, avec ses 219 tonnes d'ordures produites par jour, ne dispose pas de décharge publique. D'où la question de savoir à quoi sert de collecter les ordures s'il faut simplement les déverser aux abords immédiats de la ville.

Une autre difficulté est liée, de l'avis des acteurs à la base, à la non maîtrise, par les acteurs, de la taxe sur les ordures ménagères (Tom). Ils estiment que les communes ne savent ni inscrire ni estimer la Tom sur leur budget. Pour preuve, la commune de Thiès a inscrit 18 millions sur son budget alors que la Tom bien recouvrée peut avoisiner les 100 millions. La raison est à chercher du côté de la législation obsolète qui régit la Tom. La taxe sur les ordures en vigueur est définie, depuis 1960, en fonction du coût du foncier bâti,.

Entre autres difficultés évoquées lors de la rencontre, la faiblesse des ressources financières et humaines et l'absence de moyens lourds comme les camions et les bennes tasseuses pour l'enlèvement des dépôts de transit. Aussi, au terme de la rencontre, les acteurs à la base ont-ils interpellé les autorités communales pour une présence beaucoup plus accrue sur le terrain. Une présence qui devrait se traduire par une mobilisation du secteur.

En outre, dans la gestion des ordures ménagères, ils ont suggéré la mise en place d'un cadre de concertation pour mieux harmoniser les actions entreprises par les techniciens communaux, d'une part, les Ong et autres acteurs privés, de l'autre. De même, ils ont souligné la nécessité de la définition d'un système de financement de nature à faciliter l'accès au crédit pour accompagner les initiatives privées.

La rencontre de Thiès, initiée par l'Ong italienne Lvia en relation avec Pacte Sénégal et Gret, une Ong française évoluant à Ziguinchor, avait pour objectif de mettre en commun les expériences sur le terrain et d'analyser les aspects positifs et les difficultés rencontrées aux plans technico-économique, organisationnel, social et juridique. Les résultats devront servir d'outils d'information, de banque de données devant permettre aux différents acteurs d'améliorer les dispositifs et modalités de gestion des ordures.

Ads by Google

Copyright © 2003 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.