D. S. Dia
23 Juin 2003
Après avoir fait une bonne partie de sa carrière dans les sciences et la médecine moderne, elle se rend compte que cette dernière n'est pas complète. C'est ainsi qu'elle se tourne vers les tradipraticiens qui lui ont donné satisfaction. Itinéraire d'une universitaire devenue une référence dans la médecine traditionnelle.
La vie du professeur Yvette Parès est marquée par deux sources de savoir habituellement opposées : science et tradition. C'est de la rencontre des deux qu'est né l'hôpital de Keur Massar, "où le patrimoine thérapeutique de l'Afrique s'est révélé dans toute son immense richesse", selon la présentation faite par la Fondation Denis Guichard. Formée en biologie et physiologie végétale, Mme Parès étudie ensuite la microbiologie du sol. Docteur en sciences naturelles, elle enseigne et poursuit ses recherches à l'université de Dakar. C'est alors qu'elle découvre la clé de la lutte contre la lèpre. Auparavant, devenue docteur en 1968, elle s'illustre en 1972, dans une découverte scientifique mettant fin à un siècle d'essais infructueux : elle réussit, pour la première fois, la culture du bacille de la lèpre. Alors, par la méthode des antibiogrammes, elle observe l'efficacité des plantes antilépreuses utilisées dans la pharmacopée traditionnelle face à la chimiothérapie qui n'offre pas de résultats probants auprès des malades. Encouragée par ces résultats, elle va checher du renfort auprès d'un autre savoir : la médecine traditionnelle.
En 1987, les premiers malades du sida font leur apparition. "Dans ce domaine également, la médecine traditionnelle peut se montrer efficace et ouvrir grand les portes de l'espoir", indique la note de la fondation. "La tâche essentielle en ce début de troisième millénaire ne serait-elle pas d'oeuvrer pour le rapprochement et la rencontre des médecines des cinq continents avec l'espoir de faire reculer les fléaux déjà présents et ceux qui montent à l'horizon ?", se demande Mme Parès au bout d'un séjour de trente-deux ans au Sénégal, avant d'ajouter, après avoir fait une comparaison des médecines traditionnelle et moderne (comparaison profitant à la première) : "Notre souhait le plus profond est que ce témoignage porté sur la médecine africaine suscite de nouvelles conceptions et réalisations pour la santé du monde, en mobilisant les savoirs, les intelligences et les coeurs dans un vaste mouvement planétaire. Ne serait-ce pas la meilleure des mondialisations ?"
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