9 Juillet 2003
Dakar — Le gouvernement sénégalais a supprimé l'utilisation de la chloroquine pour traiter le paludisme dans le pays, à la suite d'une étude à l'échelle nationale qui a révélé que le remède était inefficace dans cinquante pour cent des cas étudiés, a annoncé le directeur du Programme national de lutte contre le paludisme, Pape Amadou Diack.
Le Sénégal, a-t-il précisé, a agi conformément aux recommandations internationales stipulant qu'au-dessus du seuil de vingt-cinq pour cent, un pays pouvait réviser son approche du traitement du paludisme.
Au moins un million de Sénégalais souffrent du paludisme chaque année et 8 000 d'entre eux en périssent, selon les statistiques officielles. La plupart des victimes sont des enfants et des femmes enceintes.
D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la chloroquine est un des remèdes contre le paludisme perdant leur efficacité de par le monde. La résistance à la chloroquine, le remède le moins cher et le plus largement utilisé contre le paludisme, est devenue commune partout en Afrique.
La chloroquine est devenue de plus en plus inefficace contre le paludisme au Sénégal au fil des dix derniéres années, en dépit de son utilisation dans le pays depuis cinquante ans, a constaté M. Diack, samedi, dans une déclaration durant une campagne contre le paludisme au Sénégal.
La campagne, organisée par le ministère sénégalais de la Santé et par la Fondation Sonatel, a fait des programmes télévisés en direct dans plusieurs villes. Elle a attiré des milliers d'habitants et a duré cinq heures. Environ 440 millions de francs CFA (près de 760 000 dollars) ont été recueillis pour des activités contre le paludisme.
Le président Abdoulaye Wade a dirigé des discussions à la télévision et a aidé à collecter des fonds pour l'achat de remèdes antipaludiques, en particulier pour les enfants de moins de cinq ans et pour les mères enceintes.
Les téléthons, a expliqué M. Diack, ont permis aux autorités médicales de sensibiliser la population, qui a écouté l'émission aussi bien à la télévision qu'à la radio. Ils ont consisté en des discussions autour de l'hygiène appropriée, de la prévention et du traitement du paludisme, avec les organisateurs qui plaidaient que la meilleure approche de contrôle du paludisme est qu'il vaut mieux " prévenir que guérir ".
Le paludisme est un fléau au Afrique qui tue un enfant toutes les trente secondes. Beaucoup de ceux qui survivent à un épisode de paludisme aigüe risquent de souffrir de troubles de l'apprentissage ou cérébraux. Les femmes enceintes et leurs enfants à naître sont particulièrement vulnérables. Il constitue une cause majeure de décès et de naissances pondérales.
Selon l'OMS, il existe au moins 300 millions de cas annuels de paludisme dans le monde. Mais quatre-vingt-dix pour cent des décès qui s'ensuivent surviennent en Afrique, où la maladie est la première cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans, représente 40 pour cent des dépenses de santé publique, 30 à 50 pour cent des patients admis à l'hôpital, et jusqu'à cinquante pour cent des patients extérieurs visitant des centres de santé.
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