Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: BAC 2003 : le Directeur de l'office du BAC donne les facteurs de réussite

A l'Office du Bac on commence à respirer après la pression de ces derniers jours. Les examens sont passés, les résultats proclamés et il n'y a eu aucun bruit de ces casseroles qui tintent depuis quelques années au son des fraudes qui entachent ces épreuves. Le directeur de l'office du Bac tire un bilan positif en terme de réussite des candidats et explique les raisons d'un taux de réussite qui se monte à 43 %.

Wal Fadjri : Après ces dernières années où l'organisation des examens a souvent été perturbée par des cas de fraude, comment s'est déroulé le Bac de cette année ?

Babou Diakham : Tout s'est passé normalement malgré quelques petits problèmes qui sont inhérents à l'organisation de tout examen. Les copies et les épreuves ont été acheminés à temps. Sur l'ensemble du pays, il n'y a eu que de très rares cas de tricherie. Dieu merci, cette année il n'a pas été noté de fuites imaginaires ou réelles.

Et pour les résultats, comment se sont comportés les candidats ?

Nous avons noté un taux de réussite de 43 % sur l'ensemble du territoire national et sur l'ensemble des séries. Soit 13 221 admis sur 31 543 candidats au premier ou au deuxième tour, avec un taux de participation de 97,5 %. En 2001 ce taux de réussite était de 35,2 % et de 39,8 % en 2002. Pour le nombre de candidats, nous avons noté une augmentation de 7 à 8 % par rapport à l'année dernière où nous étions à 29 530 candidats.

Quelles sont les séries qui ont le plus progressé par rapport aux années précédentes ?

Ce sont les séries littéraires que l'on appelle les séries L qui ont le plus progressé. En 2001, le taux de réussite était à ce niveau de 37,7 %, contre 40,9 % en 2002 et 43,0 % en 2003. Donc en deux ans, il y a eu une progression de cinq points en pourcentage. La série G qui était de 33,2 % en 2001, atteint 56,5 % en 2003, en passant par 44,5 % en 2002. Au niveau des séries scientifiques et techniques, le taux de réussite est passé de 29,6 % en 2001 à 36,6 % en 2002, puis 40,6 % en 2003. Soit une différence par rapport à 2001 de 11 %. C'est surtout la série G et les séries scientifiques et techniques qui ont mieux amélioré le score de réussite. Et là je pense que les efforts des commissions qui choisissent les sujets commencent à donner des fruits. Les épreuves semblent plus adaptées aux programmes. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi que le temps d'études soit suffisant.

Bon nombre d'élèves lient leur échec à la difficulté des épreuves qu'ils n'auraient pas étudié en classe.

Ça, c'est un grand débat. Je pense que nous n'avons pas en ce moment les éléments pour apprécier. Les gens qui se plaignent sont des cas individuels. Souvent des professeurs qui, peut-être, n'ont pas abordé cette question-là au niveau de leurs classes et qui font des déclarations pour décrier un peu le système. Mais depuis 2001 nous suivons cette question de près. Pour chaque matière et pour chaque série, nous calculons un certain nombre de paramètres qui nous permettent de voir si l'épreuve qui a été proposée a été difficile ou pas. Donc, vous nous laissez un peu de recul. On pourra peut-être en octobre ou novembre vous répondre (sourire).

Comment se fait le choix des sujets ?

C'est le point sensible de l'organisation des examens et il y a des choses qui doivent rester à l'insu du grand public. Ce que je peux vous dire à ce propos, c'est que ce sont des inspecteurs de l'Education qui choisissent des professeurs chevronnés, en tout cas dignes de confiance, pour la proposition des sujets. Ces derniers réagissent au bout d'un certain temps et il y a une commission qui est nommée par l'Inspection générale de l'éducation qui fait un travail de dépouillement pour voir les bonnes propositions. C'est à l'issue de cela que le choix définitif est fait. Par rapport aux années passées, nous avons essayé de réduire au maximum le nombre de personnes qui peuvent être en contact avec les sujets.

Tous cela pour éviter les fraudes et les fuites ?

Naturellement. J'ai l'habitude de dire que l'examen est un défi permanent. Chaque année nous mettons en place des systèmes. C'est la règle du jeu. Une année sur une autre, les gens essayent de contourner ce système à des fins inavouées. Mais le challenge c'est que nous essayons à chaque fois de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter les fuites, car c'est notre responsabilité qui est engagée à chaque fois qu'il y a fuite.

Si on ne parle pas de fraude cette année, cela veut-il dire qu'à tous les niveaux tout s'est bien passé ?

Là, vous me donnez l'occasion de remercier l'ensemble des acteurs. A commencer par les inspecteurs d'académie qui coordonnaient au niveau régional, ensuite les chefs de centre qui assurent la gestion quotidienne des examens et les présidents de jury. L'objectif d'avoir le maximum de professeurs d'enseignements du supérieur a été atteint. Au décompte, nous avions à peu près cent quarante enseignants du supérieurs sur les cent cinquante et un jury à travers le Sénégal. Nous étions obligés de prendre les enseignants chevronnés du secondaire qui nous ont aidé au niveau de la présidence des jury. Cette année nous avons noté une bonne affluence au niveau de la surveillance. Ce sont des instituteurs ou des professeurs de collèges qui nous ont aidé dans cette tâche-là. Je n'oublie pas les chargés d'examen au niveau des établissements qui sont sur la brèche dès le mois d'octobre-novembre parce que ce sont eux qui s'occupent des inscriptions, etc. Je tire le chapeau aux autorités qui ont mis à notre disposition les moyens pour l'organisation du baccalauréat.

Est-ce que les surveillants ont été tous indemnisés comme ils l'exigeaient au départ ?

Le ministre a pris les devants en demandant à ce qu'on paye la surveillance à partir de cette année. Ils vont être payés, mais ce n'est pas encore fait. C'est après la session, nous faisons les états de paiement. Ce qu'on peut vous dire, c'est que les indemnités de l'année dernière ont été payées avant la Tabaski. Nous sommes dans la dynamique pour qu'ils soient payés avant la fin de l'année.

Vous leur devez combien ?

Pour l'instant, nous n'avons pas terminé les décomptes. Mais l'année dernière on avait, pour l'ensemble des acteurs, payé à peu près 175 millions de francs d'indemnité et la surveillance n'était pas comprise. Probablement qu'on en sera à un peu plus cette année.

Combien a coûté l'organisation globale du baccalauréat de cette année ?

C'est une question difficile à laquelle nous ne pouvons encore répondre. Mais c'est relativement cher. Quand on aura fait les décomptes, on pourra répondre au moins partiellement. En tout cas les coûts directs de l'examen, on peut les communiquer.

Actuellement, qu'est-ce qui reste à faire pour tourner la page du Bac 2003 ?

Les résultats étant proclamés, il reste à faire les attestations. Et pour cela, il faut qu'on ait les procès-verbaux que les présidents de jury doivent déposer. A l'heure actuelle, il ne reste que trois ou quatre jury. Etablir les attestations est un gros travail, parce qu'il y a beaucoup de bacheliers qui veulent poursuivre leurs études en France. Mais nous avons anticipé, parce que nous avons récupéré au niveau de Dakar la quasi-totalité des certificats, procès-verbaux après le premier groupe. Il y a également les décomptes à faire. Pour tous ceux qui ont participé, il faut qu'on voit leur degré d'implication pour calculer les sommes dues pour qu'ils soient payés. Ensuite, il restera la préparation de la session de remplacement et la préparation de la session suivante.

Et les futurs étudiants candidats à l'émigration, combien sont-ils ?

(Sourire) Nous savons pas pour l'instant le nombre. Mais l'année dernière, on avait presque mille cinq cents demandes d'attestation d'urgence. Peut-être à la fin de la session, on aura une idée sur les candidats à l'émigration.

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