Honoré Foimoukom
10 Octobre 2003
Au pays des Lions, on peine à s'occuper du football des jeunes
L'ouverture solennelle de la saison de football des jeunes samedi 4 octobre au stade annexe de la Réunification à Douala a été précédée la veille par une table-ronde sur le football des jeunes. Autour de la table, Louis-Marie Ondoa, président de la ligue spécialisée du football des jeunes au Cameroun, Dominique Wansi, directeur technique national adjoint, Adalbert Mangamba, président de la commission provinciale du football des jeunes dans le Littoral, René Black Mpondo président de la commission départementale du Wouri, Fritz Mbella, entraîneur provincial du Littoral, Michel Kaham, Isaac Bassoua et Eugène Ekéké, trois anciens Lions indomptables. Ces panélistes ont passé en revue les principaux problèmes qui empêchent l'animation du football des jeunes au Cameroun.
"La politique nationale du football des jeunes est encore embryonnaire chez nous pour plusieurs raisons. Sur le plan administratif, les structures prévues ne sont pas encore disponibles dans toutes les provinces et, sur les plan sportif et financier, il y a trop d'insuffisances", avoue d'entrée de jeu Louis-Marie Ondoa. Et pourtant, l'engouement des jeunes est là, incontestable. "8000 jeunes footballeurs camerounais ayant manifesté leur intention d'obtenir des licences ont été enregistrés et immatriculés, quelques 500 éducateurs ont été formés par la direction technique nationale à travers le pays, quelque 280 équipes de jeunes ont existé l'année dernière", révèle Louis-Marie Ondoa. Seulement, note-t-il, ces chiffres ne sauraient faire croire à la bonne santé de cette catégorie. Car, la quasi totalité des équipes enregistrées, issues des écoles de football, n'ont pas de bases solides. Elles ne sont équipes que de nom, puisqu'elles ne sont pas bâties sur du solide.
Décadence
Le déclin du football des jeunes a commencé depuis belle lurette avec la fin des championnats juniors qui ont pourtant par le passé, révélé au grand public de talentueux jeunes footballeurs à l'instar de Emile Mbouh, Louis Paul Mfédé, Roger Feutmba, etc. Alors même qu'à chaque fête de la Jeunesse, doit être organisé un tournoi national pour les cadets, un autre pour les minimes lors des congés de Pâques et un troisième pour les juniors à la veille du 20 mai, on n'en entend plus parler. A ceci, s'est ajouté "l'absence de moyens financiers à allouer à l'organisation du football des jeunes, l'urbanisation qui a récupéré tous les terrains où les jeunes se déployaient dans les quartiers, la disparition des Jeux Ossuc et la rareté des talents", précise Dominique Wansi. Le directeur technique national adjoint loue cependant la création des structures de formation de football qui maintiennent la flamme allumée en permettant aux jeunes footballeurs de transférer les techniques acquises dans des situations de compétitions.
Toutefois, reconnaissent Adalbert Mangamba et Eugène Ekéké, "il y a des choses comme le génie du jeune footballeur, le talent pur et l'équation personnelle qui ne sauraient être acquises dans une école de football. A force de mouler les jeunes dans des schémas, l'on n'aura plus des footballeurs tels Milla, Abega, etc. qui ont écrit les lettres de noblesse du football camerounais sans jamais avoir été dans une école de football."
Faut-il alors conclure que la floraison des écoles de football est une menace pour le football des jeunes ? "Au lieu de ces écoles sans base pour près de 90% d'entre elles, l'on devrait, au niveau de la Fécafoot, imposer à chaque équipe de D1, et même de D2, d'avoir un centre de formation", pense un entraîneur de football.
L'autre grand problème du football des jeunes au Cameroun c'est le manque de moyens financiers. Pour une saison, la ligue spécialisée du football des jeunes reçoit de la Fécafoot une subvention de 50 millions de francs cfa, somme largement insuffisante, selon Louis-Marie Ondoa, pour atteindre les objectifs recherchés en une année.
Repartir à zéro
Le président de la ligue spécialisée du football des jeunes Louis-Marie Ondoa a cependant déclaré qu'il ne lésinera pas sur les moyens pour remettre le football des jeunes sur les rails. Après l'ouverture de la saison samedi dernier, deux séminaires ont eu lieu mardi 7 octobre. D'abord entre Dominique Wansi et les encadreurs des équipes de jeunes au stade de la Réunification, ensuite entre Louis-Marie Ondoa et les promoteurs des équipes des jeunes à la gare de Bessengue. Au cours de ces deux séminaires, éducateurs et promoteurs d'équipes de jeunes ont été édifiés sur le bien fondé de leur mission. A côté des championnats qui commencent ce 12 octobre dans les provinces, le Cameroun accueillera deux tournois internationaux cette année, à Limbe et Maroua.
Sur le plan international, la ligue spécialisée de football des jeunes a pris langue avec la Fifa qui a promis de prendre en charge dès 2004 l'organisation du tournoi national de la jeunesse au Cameroun, de subventionner la ligue à hauteur de 30.000 dollars et d'assurer tous les jeunes footballeurs camerounais. L'équipe nationale minime en constitution prendra part au prochain tournoi de Montaigu en France. L'on espère que tout ceci permettra le décollage effectif du football des jeunes au Cameroun.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Le Messager. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.