Par : Arona SOGNANE 36, Sicap Darabis
18 Octobre 2003
opinion
"Toute flèche dont tu sais qu'elle ne te manquera pas, bombe au moins la poitrine pour qu'elle y frappe en plein, tu entends; en plein !"
(Aimé Césaire, La stratégie du Roi Christophe) A mesure que les élections législatives et présidentielles de 2006 et 2007 approchent à grands pas, tous les ingrédients d'une probable explosion de la violence mettent progressivement en place, de sorte que la paix civile et sociale et de plus en plus menacée dans notre cher pays, le Sénégal, que nous aimons tant. L'abjecte tentative d'assassinat avorté contre le leader de parti politique d'opposition constitue un palier supplémentaire franchi dans ce sens, et montre et démontre, s'il en était besoin la profondeur du désarroi, l'ampleur de l'intolérance et l'impuissance et étroitesse d'esprit de ceux qui n'ont plus d'autres arguments à faire valoir que les arguments de la force et non la force des arguments devant un échec patent. N'est-ce pas que la fin justifie les moyens ? Ces adeptes de la culture de violence s'imaginent qu'ils ne peuvent conserver le pouvoir que grâce à la stratégie de la terreur, à l'intimidation forcenée, aux meurtres prémédités, planifiés, programmés et exécutés froidement et cyniquement par des escadrons de la mort, instrumentalisés par des commanditaires jouissant d'une totale impunité.
Ces actes barbares, rétrogrades, bestiaux, brutaux et ignobles sont inacceptables à tout point de vue. Ils mettent en péril non seulement l'Etat de droit que les citoyens sénégalais cherchent laborieusement à mettre en place depuis un demi-siècle maintenant, mais également leur droit à la vie et à l'expression, en même temps que la sécurité des biens et des personnes de tous ceux qui résident au pays de la Téranga. Nous ne répéterons jamais assez, que nul n'est à l'abri de ces actes ou de leurs conséquences, qui sont en deçà même de l'animalité, pas même les commanditaires haut placés et les exécutants de ces sales besognes.
Il est de l'intérêt de tous qu'ils sachent que le Sénégal n'est ni le Haïti des Duvalier père et fils ni le Chili de Pinochet. Ils se sont manifestement trompés et de pays et d'époque. Il convient de toute façon de reconnaître qu'à ce rythme, si la justice ne remplit pas son devoir, qui consiste à trouver les coupables et de sévir conformément aux textes en vigueur, nous nous retrouverons bientôt dans un engrenage et une spirale de violence qui n'épargnera personne à l'image des autres pays de la sous-région, une situation préjudiciable à la paix civile et sociale et à la stabilité , notre unique et seule ressource, à part l'or bleu : Le poisson et les Plages. Nous sommes tous concernés, de même que nous sommes tous des naufragés du Joola, à commencer par le "gardien de la constitution", garant des lois et règlements, de la sécurité des biens et des personnes et que sais-je encore ? Il est par ailleurs évident que ceux qui sont dans le viseur des Tontons macoutes version sénégalaise, ne se laisseront pas tuer indéfiniment. Ils se vengeront ou seront vengés tôt ou tard. L'histoire et la postérité jugeront les actes et les pratiques des uns et des autres.
"Ceux qui gouvernent par les armes, périront par les armes", ainsi soit-il ! A bon attendeur salut !
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.