Nadjib Sagna
18 Octobre 2003
Avec plus de douze mille militants, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal occupe la première place du mouvement syndical de l'enseignement, loin devant les syndicats classiques que sont le Sudes et l'Uden, selon son secrétaire général. Il faisait face hier à la presse.
«Le Sénégal est aujourd'hui capable de réaliser la scolarisation universelle de qualité pourvu que les conditions de travail et d'existence des enseignants en général et des volontaires et maîtres contractuels en particulier soient sensiblement améliorées». Telle est la conviction du secrétaire général du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), Souleymane Diallo dressant le bilan du premier congrès de son organisation syndicale. Plus qu'une simple déclaration de conférence de presse, le secrétaire général du Sels a voulu attirer l'attention des autorités sur cette réalité que le progrès de l'école ne saurait se faire sans les enseignants. Et en rencontrant les journalistes hier, le leader du Sels a dit que son syndicat s'attelle aujourd'hui à l'élargissement de sa plate-forme revendicative aux instituteurs, instituteurs adjoints et professeurs pour faire face à la nouvelle configuration des militants.
Abordant la mise en place du Conseil supérieur de l'éducation et de la formation (Consef) dont le mode de représentation est contesté par le Sudes et l'Uden, Souleymane Diallo s'étonne que des syndicats classiques qui sont choisis par leurs pairs refusent de siéger au Consef. Ces syndicats, selon lui, ont vu leur avenir hypothéqué avec l'arrivée du Programme décennal de l'éducationet de la formation (Pdef).
Aujourd'hui, le volontariat est le passage obligé pour être titularisé dans le corps des enseignants.Pour le leader du Sels, «ces trois syndicats qui siègent au Consef ont été choisis pour un système rotatif et non par le gouvernement. Ils y représentent tous les enseignants. Mais tout syndicat qui ne se sent pas à l'aise doit démissionner et laisser sa place aux autres.Nous n'accepterons pas de démarche incohérente consistant à accepter une participation tout en boycottant les instances». Quant à la représentativité tant décriée par les syndicats classiquesque sont l'Uden et le Sudes, Souleymane Diallo dit que le Sels avec plus de douze mille militants occupe la première place du mouvement syndical de l'enseignement, loin devant les syndicats classiques. «Au-delà de la représentativité, si aujourd'hui il y a Consef c'est parce qu'il y a Pdef. Et s'il y a Pdef, c'est parce qu'il y a des volontaires parce que ces derniers sont des acteurs du Pdef à la base», martèle Souleymane Diallo qui dit mettre au défi tous ceux qui disent que son syndicat n'est pas représentatif au niveau des enseignants.
Pour l'année scolaire 2003-2004, le Sels a dégagé les perspectives syndicales qui sont au nombre de dix. Il s'agit de la gestion financière des maîtres contractuels après la mise sur pied d'un dispositif cohérent par une commission interministérielle, la validation des années de contractualisation au moment du reclassement des maîtres contractuels, l'allocationd'une indemnité spéciale de logement aux volontaires et maîtres contractuels, des bulletins de salaires viables et fiables et la participation des maîtres contractuels à tous les enseignements. En attendant une réponse aux demandes d'audiences adressées aux différents ministères concernés, le Sels entend privilégier le dialogue et la concertation.
Concernant la rentrée scolaire 2003-2004, le Sels s'est dit globalement satisfait des conditions de son déroulement, «surtout eu égard au recrutement massif des enseignants, au reclassement des cent professeurs contractuels et de six cents maîtres contractuels».
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