Youcef Salami
19 Octobre 2003
Une étude sur la restructuration des tarifs de l'eau est en cours de finalisation. Le réajustement des tarifs de l'eau ainsi décidé ne devrait normalement pas concerner les couches sociales mais les industriels.
C'est ce qu'a essayé de nous expliquer hier, au siège du groupe Sonatrach, en marge de l'ouverture publique des plis des sociétés ayant soumissionné pour le projet de dessalement de l'eau de mer de Hamma, à Alger, B. Bengueddach, conseiller au ministère des Ressources en eau. Bengueddach a cependant nuancé qu'une révision des tarifs ne veut pas dire forcément hausse. Aujourd'hui, l'eau est subventionnée à hauteur de 70%, revenant au final aux consommateurs entre 12 et 15 DA en moyenne. La tarification en cours administrée par les pouvoirs publics semble servir de référence aux sociétés et groupements intéressés par la mise en place de l'usine de dessalement de l'eau de mer de Hamma. Le groupement américano-japonais de IONICS, soumissionnaire pour ce projet, a proposé 0,8182 dollars le mètre cube au sortir de l'usine, ce qui correspond à un prix moyen à la consommation de 65 DA à peu près. Une offre moins-disante par rapport aux autres concurrents : Barna Invest/Lemna (un groupement hispano-américain), Cobra-Abensur-Codesa et Sadyt (Espagne) qui ont proposé, eux, respectivement 0,9567 dollar le mètre cube au sortir de l'usine et 0,8682 dollar. IONICS a été ainsi sélectionné séance tenante pour s'associer à la partie algérienne représentée par l'AEC (Algerian Energy Company) et l'Algérienne des eaux (ADE) pour prendre en charge ce projet de dessalement de l'eau de mer dont le coût de l'investissement varie entre deux cents et deux cent cinquante millions de dollars.
Dans le cahier des charges qui s'y rapporte, il est dit que le montant de la participation de l'AEC et de l'ADE est limité à 30% du capital social des sociétés engagées.L'usine dont il s'agit est financée sans garantie de l'Etat, un aspect sur lequel a mis l'accent le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, présent hier à la cérémonie d'ouverture publique des plis. Cela signifie que les pouvoirs publics n'engagent pas de capital public. Mais comment l'eau dessalée sera-t-elle gérée ? Il est prévu dans le projet que des conventions soient signées entre l'Etat, l'ADE et Sonatrach pour fixer les modalités et les conditions de mise à la disposition de l'eau dessalée à l'ADE. Il est aussi attendu la négociation d'un accord avec l'ANDI (Agence nationale de développement des investissements) pour accorder certains avantages au constructeur de cette usine. L'usine de Hamma, d'une capacité de deux cent mille mètres cubes par jour, sera mise en service en 2006. Ce projet mené par l'AEC a été mis en concurrence à travers un avis d'appel d'offres lancé le 28 octobre 2002. En mars 2003, il a été procédé à l'ouverture des offres technico-économiques. L'AEC, une société à capital mixte créée par le groupe Sonatrach et Sonelgaz, est sur d'autres projets dans le même créneau : Arzew et Skikda.
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