Chokri Gharbi
19 Octobre 2003
Opportunités à saisir et contraintes à aplanir !
- Manque de matière organique dans certaines régions évoqué.
L'agriculture biologique a été bien développée en Tunisie à la faveur d'un cadre législatif approprié comportant un certain nombre d'encouragements aux promoteurs pour s'adonner à ce genre d'activité. Les produits biologiques sont très sollicités de par le monde vu leur qualité nutritive, dans la mesure où les produits chimiques de synthèse ne sont pas utilisés. En fait, tout promoteur voulant se lancer dans les activités des produits agricoles biologiques doit répondre à certaines normes et aux clauses du cahier des charges.
Selon Mme Belkhiria, du ministère de L'Agriculture, de l'Environnement et des Ressources hydrauliques, qui intervenait lors du séminaire sur «L'agriculture biologique : mode ou nécessité ?» organisé au Citet le 17 octobre courant par l'ambassade d'Italie en coopération avec le Citet, l'Inat et l'Itta, l'agriculture biologique représente à septembre 2003, quelque 34.500 ha au lieu de 300 ha en 1997 et 7.201 ha en 1998. «Actuellement, l'OTD est entré en force dans le secteurs», souligne-t-elle, pour renforcer l'offre du secteur privé. On trouve plusieurs types de produits dont des oliviers, l'arboriculture des dattes, de l'huile A septembre de l'année actuelle, on compte 580 opérateurs dans les produits biologiques.
Commission nationale à l'oeuvre
Il faut dire que l'objectif recherché est de réaliser l'autosuffisance dans les éléments de base - entrant dans le cadre de l'agriculture biologique - tout en préservant les ressources naturelles. Le secteur biologique a débuté essentiellement par les dattes pour toucher progressivement nombre de produits divers.
Outre le cadre législatif, le secteur est réglementé par la certification (loi n°30 du 5 avril 1999). Des textes d'application afférents à la loi ainsi qu'une batterie de décrets et d'arrêtés ont été promulgués. Le contrôle et la certification sont en vigueur pour ce secteur.
Une commission nationale de l'agriculture biologique est même constituée - regroupant les ministères concernés - pour formuler des propositions, accepter ou retirer les agréments.
A cela s'ajoute une organisation professionnelle et structurelle du secteur bio.
Les objectifs du Xe Plan (2002-2006) ont défini des quantités précises à produire par le secteur.
Comme l'a si bien souligné le Dr Mohamed Ben Khedher, directeur général du Centre technique de l'agriculture biologique de Chatt Mariem : «De nouveaux projets commencent à être adaptés à l'agriculture biologique en Tunisie, alors que d'autres sont à l'étude». Parmi les produits touchés pas la production biologique dans le Centre, citons : piment, tomate, petits pois Le compost est utile cependant pour la fertilisation de la terre. La coopération est mise à contribution dans ce domaine avec une collaboration de la FAO et de pays comme l'Italie, la Grèce, la France, la Suisse
Bilan organique positif
Le Sulla ( fertilisant pour l'agriculture biologique) baptisé «Bikra 21» est l'un des systèmes producteurs de matière organique mis en exergue par le Pr Mongi Zouaghi de l'Inat. Ce produit peut servir comme aliment riche en protéines ou d'engrais vert enfoui directement pour les grandes cultures. Avec un bilan organique très positif, «Bikra 21» a de nombreux avantages, dans la mesure où il tolère la richesse (au déficit hydrique de 50% «Bikra 21» donne 75% de son rendement maximum), protège les terres argilocalcaires contre l'érosion hydrique et permet le développement de l'apiculture.
Démarrant chez 27 agriculteurs, le système convient aux zones dont la pluviométrie dépasse les 360 mm. Un programme est déjà lancé pour cette année (1.500 ha) et il est prévu de poursuivre l'expérience au cours des années à venir.
Mais des contraintes subsistent dans le secteur de l'agriculture biologique. M. Chérif Zaouch, président de l'Institut tunisien de technologie appropriée (Itta) estime que l'agriculture biologique est une nécessité, reconnaît que les potentialités tunisiennes sont multiples, mais énumère aussi des contraintes «qu'il est possible de corriger». Ainsi, parmi ces contraintes, il a évoqué l'irrégularité de la production due à la pénurie d'eau dans les périodes de sécheresse qui peut durer plusieurs années, notamment pour l'huile d'olive. Il y a aussi «la déficience» en matière d'assistance technique aux agriculteurs due au manque d'expertise sur le terrain pour l'agriculture biologique. Le manque de matière organique dans certaines régions pour réaliser des composts équilibrés est une autre lacune, selon l'orateur, qui déplore aussi les difficultés d'importer des intrants organiques car ils ne sont pas encore homologués par le ministère de l'Agriculture, de l'Environnement et des Ressources hydrauliques.
Quoi qu'il en soit, les produits agricoles biologiques connaissent un développement à tous les niveaux et les périmètres peuvent encore se développer à l'avenir. Notamment sur le marché local.
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