Koné Modeste
20 Octobre 2003
Face aux déplacés de guerre relevant de son département, le ministre Amani N'Guessan Michel de l'Education nationale a annoncé des mesures pour la mise en place progressive de l'administration sur toute l'étendue du territoire national. C'était le samedi dernier au lycée Sainte-Marie d'Abidjan-Cocody.
Première mesure annoncée, la mise en place d'une administration minimum en remplacement des directions régionales de l'éducation nationale (DREN). A l'Ouest, après une tournée à Bangolo, Duékoué , Guiglo, Danané, Toulepleu, etc, le ministre a révélé que ces localités sont sécurisées et continuent d'être sécurisées. Elles sont donc prêtes à reprendre les cours. Dans cette zone, comme il l'a indiqué, l'administration minimum quittera donc Man pour être installée à Duékoué. "Je demande donc aux membres de cette administration minimum d'y aller. Les inspecteurs de l'enseignement primaire y sont depuis un moment. Votre rôle sera de parcourir tous les axes pour préparer la rentrée qui a été fixée dans cette région au 3 novembre prochain", a -t-il dit en substance.
Au niveau de Korhogo et Odienné, les administrations minimum seront mises en place respectivement à Yamoussoukro et à Daloa. M. Amani Michel a ensuite expliqué que lesdites administrations procéderont au recensement de tout le personnel de l'Education nationale dans leurs différentes zones.
Quant aux conditions de redéploiement, le ministre a informé l'assemblée que ce ne sera pas "un engagement sectoriel mais plutôt un engagement national. la décision se prendra au niveau du gouvernement".
Face à la réticence des enseignants qui ont posé un problème de sécurité, le ministre a fait savoir que son plan d'action contient des actes prioritaires, des préalables. Il s'agit de la restauration de l'autorité de l'Etat sur les zones "ex-assiégées" (mise en place des sous-préfets, préfets etc), de la sécurisation et de la pacification de ses zones (désarmement), de la sensibilisation des populations. Le premier responsable de l'Education a, en outre, annoncé qu'un état des lieux des établissements sera fait en vue de leur réhabilitation. Il a également informé l'assistance que la double vacation est instaurée partout cette année scolaire 2003-2004. Comment comblera-t-il les besoins en enseignants ? Le ministre Amani N'Guessan Michel a répondu que la priorité sera donnée aux affectations des nouveaux enseignants et des stagiaires. Et que, s'il y a encore des places à pourvoir, ce sont les enseignants déplacés qui ont effectivement donné cours qui seront prioritaires. Il a, par ailleurs, émis l'idée de demander la permission au gouvernement de recruter, avec l'appui des bailleurs de fonds, 4000 vacataires pour une période transitoire de l'école ivoirienne qui devra durer 2 ans. Pour clore ce chapitre le ministre a demandé aux enseignants de s'associer à cette initiative. "Je vous invite à un dépassement de soi, à la prise en compte de l'intérêt du pays", a-t-il terminé.
Avant, l'orateur a levé un coin de voile sur les primes des enseignants déplacés effectivement en classe. Il a fait savoir que plusieurs difficultés l'ont contraint à suspendre l'opération. Au début, il a été constaté que la liste des ayants droit a été gonflée. ce sont 3024 enseignants qui ont été classés sur les 3266, 2539 d'entre eux ont perçu au moins 5 mois de primes . 485 ayants droit ont été omis, quand 722 non ayants droit ont été payés. L'opération a été suspendue pour identifier cette dernière catégorie. Les omis ont commencé à être payés. Avant de terminer, il a indiqué que l'opération en tant que telle a connu des difficultés à cause des problèmes de listing, de la non-informatisation de l'administration, etc. "Dans tous les cas, vous aurez votre argent", a-t-il conclu.
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