Hichem Benzarti
20 Octobre 2003
Pas moins de 400 participants parmi lesquels des équipes françaises, italiennes, portugaises, algériennes, marocaines, libyennes, norvégiennes et tunisiennes ont confronté leurs recherches et expériences en matière d'allergologie et d'asthmologie, et ce, à l'occasion du Ier Congrès international d'allergologie et d'asthmologie qui s'est tenu début octobre 2003.
Durant ce congrès, 50 conférences ont été présentées par des spécialistes de renommée mondiale et environ 130 posters ont été discutés au cours de cette manifestation.
Deux ateliers de formation des jeunes médecins ont été organisés à cette occasion.
Le premier ayant pour thème : «L'exploration fonctionnelle respiratoire dans l'asthme». Le second ayant trait aux tests cutanés d'allergie.
Organisation et objectifs
A propos de l'organisation de ce congrès et de ses objectifs, le professeur Mohamed Jerray, président du comité d'organisation, chef de service de pneumo-allergologie aux CHU Farhat-Hached de Sousse, nous a précisé que deux objectifs principaux sont visés, à savoir la formation continue et la mise à jour des connaissances médicales dans le domaine de l'allergologie sachant que cette discipline connaît un essor important vu sa relation avec de nombreuses affections dont la fréquence ne cesse d'augmenter. Nous citons, entre autres, la rhinite allergique, l'asthme, les allergies alimentaires et cutanées.
Le second objectif est le développement des relations de coopération avec des équipes étrangères dans le domaine de la recherche fondamentale en allerglogie et dont on cite l'équipe de l'Institut Pasteur de Paris, du Centre européen de recherche en bioclimatique ainsi qu'avec la Société méditerranéenne des affections respiratoires.
Des conférences suggestives
Dans sa conférence intitulée : «Index de biocontamination de l'environnement», le professeur H. Razzouk, président du Centre européen médical bioclimatique, de recherche et d'enseignement universitaire, a souligné l'évolution de l'asthme qui est souvent liée à trois facteurs, à savoir la qualité de l'environnement en général et le contenu de l'air en allergènes (pollens, moisissures) en gaz polluants (NO, NO2, CO, O3, SO2, fumées) et agents infectieux.
Le second facteur ayant trait au microenvironnement de l'habitat et la micrométéorologie (température, hygrométrie, ensoleillement, ventilation, chauffage).
Enfin, le troisième facteur est lié à la présence d'allergènes domestiques (acariens, moisissures, poils d'animaux notamment du chat, endotoxine, polluants intérieurs).
Dans ce même contexte, le professeur H. Douagui d'Algérie a indiqué qu'afin de déterminer l'index de biocontamination de l'environnement et du microenvironnement de l'habitat, une étude a été réalisée en 2002 en Algérie.
Elle a consisté à étudier les pollens atmosphériques et à rechercher les microorganismes allergisants infectieux et endotoxiniques à l'intérieur de l'habitat du sujet pathologique et du sujet sain.
Quant à l'expertise à l'intérieur de l'habitat, elle a intéressé 40 maisons, 20 sur les hauteurs d'Alger et 20 au centre d'Alger.
Il a constaté des résultats préliminaires et pour l'habitat une abondance d'acariens (un taux supérieur à 90%) et une présence d'endotoxines en abondance ainsi que la blatte germanique par rapport aux autres espèces.
Génétique de l'allergie : quoi de neuf ?
Le professeur Bernard David, de l'Institut Pasteur de Paris, a indiqué au cours de sa conférence portant sur «La génétique de l'allergie : quoi de neuf ?» que la plupart des allergies et l'asthme sont en effet des maladies à composante héréditaire, où l'environnement joue un rôle important. Les allergies respiratoires (rhinite et asthme) aux pollens, acariens, moisissures et aux animaux surviennent sur un terrain allergique : l'atopie.
Il existe, a-t-il poursuivi, une prédisposition familiale à l'atopie. Cependant, il ne s'agit pas d'une maladie d'un seul gène.
Ainsi, quand un seul parent est allergique ou asthmatique, son enfant a 33% de risques de devenir allergique ou asthmatique. Quand les deux parents sont concernés, le risque est de 50%. Ce qui signifie qu'un enfant sur deux dont les parents sont allergiques ne le sera pas.
Dans ce même contexte, le professeur-agrégé Mohamed Benzarti du service de pneumoallergologie du CHU Farhat-Hached de Sousse a indiqué qu'au cours des dix dernières années, les études réalisées chez l'animal et chez l'homme ont montré que dans l'atopie (rhinite, dermatite, asthme), la réaction allergique est caractérisée par une activation initiale de lymphocytes Th2. Donc l'atopie serait définie en plus de la prédisposition à synthétiser des IgE après exposition aux différents allergènes environnants, par la prédisposition à initier une réaction de type 2 vis-à-vis de ces allergènes avec activation des éosinophiles à l'origine de la chronicité des affections atopiques.
Physiopathologie de l'asthme et de la rhinite
De son côté, le professeur F. Leynadier de l'Université Paris VI a indiqué au cours de sa conférence sur «La physiopathologie de l'asthme et de la rhinite» que la relation entre la rhinite et l'asthme demeure un sujet d'actualité. Ces deux pathologies sont le plus souvent associées, puisqu'on estime que près de 80% des asthmatiques souffrent d'une rhinite, tandis que l'asthme n'est retrouvé que dans 20 à 40% des rhinites.
Les aspects physiopathologiques de ces affections sont à peu près identiques.
Il est bien connu que l'expression clinique (asthme, rhinite, dermatite atopique) de l'atopie dépend souvent de la pathologie parentale elle-même, celle de la mère en particulier.
En marge du congrès
En marge de cette manifestation, s'est déroulée l'assemblée générale de la Société tunisienne d'allergologie au cours de laquelle a eu lieu l'élection du nouveau bureau exécutif de ladite association composé de 11 membres.
En outre, une réception a été organisée en l'honneur des professeurs relevant de la Société tunisienne d'allergologie et partis dernièrement à la retraite.
Enfin, signalons que trois prix ont été décernés aux meilleurs posters.
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