Guinéenews (Toronto)
Abdoulaye Youlaké
20 Octobre 2003
Conakry — La 3è Edition du Festival du Folklore Africain de Guinée (FESTAFOLG) a eu lieu le week-end dernier, du vendredi 17 au samedi 18 octobre dans la sous-préfecture de Friguiagbé, bourgade située à 15 Km de la ville de Kindia.
A ce rendez-vous culturel et folklorique, étaient présentes, plus de 19 troupes artistiques venues de la Côte d'Ivoire, du Bénin et dela République de Guinée. Sans oublier de nombreux festivaliers venus de la France, des Etats-Unis et du Sénégal, pour contribuer à leur manière, à la réussite du FESTAFOLG qui a atteint aujourd'hui une dimension de portée hautement significative.
M. Alfred Klaudi Houlemou, Président du Groupe African Multimédia, organisateur du festival, a noté : « Le festival du Folklore Africain de Guinée, est un espace de promotion des arts patrimoniaux traditionnels africains et une coopération interculturelle des troupes folkloriques guinéennes en particulier et étrangères en général. L'objectif fondamental de ce programme de développement rural intégré est la création d'une attraction touristique de grandes dimensions culturelles, orientée vers les rencontres, les échanges, la création, la promotion, la fixation sur les supports audio visuels... »
D'après l'inventeur du FESTAFOLG : « Le festival s'articule aussi autour des volets économique, culturel, éducatif, sanitaire et social avec comme préoccupation fondamentale, d'assurer le lien entre la dimension patrimoniale et contemporaine à la fois, en ce qui concerne l'environnement et le patrimoine artistique traditionnel immatériel et orale de l'Afrique en général et de la Guinée en particulier...»
»
Elles étaient près d'une vingtaine de troupes connues et inconnues à avoir choisi la destination "Friguiagbé" pour venir démontrer leur savoir-faire et leur ingéniosité en matière de danses folkloriques. Et cela devant un public chaleureux et accueillant. Comme chaque année, le festival regroupe toutes les contrées du pays qui s'impliquent dans l'émancipation du folklore de la Guinée et du reste de l'Afrique. Mais, jamais tant d'engouement n'avait été portée que sur cette 3è Edition du FESTAFOLG.
Au lieu des deux jours, le Festival a eu lieu dans la seule journée du samedi 18 octobre mais, de la plus belle manière. C'est dans la mi-journée du 18 octobre que les tam-tams ont commencé à raisonner dans la maison des jeunes de Kindia. Démontrant ainsi la tenue du festival sur deux espaces culturels : la maison des jeunes de Kindia et le Centre Culturel Hafia 77 de Friguiagbé. Pour une durée de deux heures.
Dans la soirée, à partir de 18 heures, les troupes ont débarqué à Friguiagbé pour continuer le show culturel non-stop. Sur le podium majestueusement décoré pour l'occasion, les troupes artistique et musicale ont cassé la baraque aux sons endiablés et rythmiques du "boté" (NDLR : nom du tam-tam dans la langue soussou).
Pour la première représentation folklorique, c'est la troupe "Khimbissi" de Friguiagbé, sous-préfecture hôte, qui a ouvert le bal. Dans un accoutrement qui n'a rien à envier aux célèbres troupes artistiques sous la révolution. Cette troupe, par sa prestation magistrale et son doigté hors pair, a incité à suivre le passage des dix-huit autres qui restaient à venir.
Que dire des "Zawagui" qui ont de leur manière, enseigner le folklore de la Guinée forestière avec la sortie des masques sacrés qui ont pris la permission pour se produire à Friguiagbé pour le seul bonheur du public qui a massivement répondu à l'appel du Groupe African Multimédia. Dans le seul but de promouvoir le folklore de Guinée et de la sous région.
"Aklysso" de Côte d'Ivoire rentrée sur scène avec un sketch éducatif sur le SIDA, a ébloui les spectateurs qui n'ont cessé de manifester leur joie de vivre aux sons en cascade de la flûte dans un mélange de sons de différents instruments traditionnels utilisés par la troupe Ivoirienne.
Le Bénin pour sa part, avec son représentant "Troupe Béhanzin", n'est pas passé par quatre chemin pour exposer l'art et le folklore de ce pays qui chaque année, participe à ce festival de Friguiagbé. Danse traditionnelle du pays de Mathieu Kérékou dans une langue incomprise du grand public, a pourtant émerveillé. L'applaudimètre a répondu et les artistes béninois se sont défoulés jusqu'au dernier souffle à la demande incessante de leurs admirateurs adulés par des pas de danses qui avoisinent celles de la Guinée Forestière.
La liste des troupes artistiques est exhaustive. Mais, on ne saurait passer sous silence la remarquable participation des troupes comme "Boté Percussion", "Gbassikolo", "Kindia Soli", "Wassasso" de Kamsar ou encore la troupe "Saamato" qui a ébloui avec la présence d'un Occidental dans ses rangs qui tape dans le tam-tam avec finesse. Sans oublier le Ballet National Djoliba, Ba Sissoko de Marseille et la troupe "Baga Guinée" qui a d'ailleurs eu le privilège d'être invité au Festival de Louga (Sénégal) pour le mois de janvier 2004.
De 19 heures à 4 heures du matin, artistes, musiciens, traditionalistes de toutes sortes, se sont relayés sur le podium du FESTAFOLG. Avec des instruments musicaux de tout genre, des plus sacrés aux plus usités pour le rayonnement de la culture africaine de Guinée. Chacune des troupes selon sa particularité, a déversé le meilleur d'elle-même. Entrecoupées de remises de diplômes et de présents aux différents différentes troupes participantes.
Pour cette 3è édition, il a été mis en exergue des expressions du folklore en étroite relation avec les constances de base de la lutte contre le SIDA et le festival avait pour thème : « Folklore africain et VIH/SIDA ». Toutes les troupes participantes ont mis un accent particulier sur les danses folkloriques, les chants et les percussions, pour diffuser des messages pertinents de sensibilisation aux participants sur les comportements à observer pour éviter de contracter la maladie et/ou de vivre la discrimination associée au VIH/SIDA
Au-delà de ces prestations artistiques et pittoresques des différentes troupes, il faut tout de même noter l'amer comportement des autorités locales et gouvernementales qui ont refusé de donner un coup de pouce aux organisateurs du FESTAFOLG. Ils ont non seulement brillé par leur absence au départ du festival mais aussi, ils ont tenté de boycotter sa tenue. Pour la petite histoire, le courant électrique qui ne manquait jamais dans la bourgade, a été coupé le vendredi 17 octobre, jour d'ouverture du festival, au moment même où le Président du Groupe African Multimédia tenait son discours. Cet état de fait a continué jusque dans la matinée du samedi 18 octobre. Mais déjà, ce jour, aucune autorité, même pas le département de la culture, n'a daigné faire le déplacement de Friguiagbé.
Ce n'est que dans la journée du samedi 18 octobre sachant que Fodé Soumah, Parrain national du PUP originaire de Friguiagbé et membre influent du pouvoir arrivait, que les autorités préfectorales se sont mises à cheval pour instaurer la discipline et le courant électrique à 17 heures.
Toutefois, la ville de Kamsar stupéfiée par ce comportement peu orthodoxe selon eux, des autorités de Kindia et du ministère de la Jeunesse et de la Culture, a décidé d'abriter la 4è Edition du FESTAFOLG qui doit avoir lieu en 2005. Mais il reste clair que tant qu'il y aura des hommes et des femmes conscients de la chose culturelle et capables d'apprécier une bonne troupe folklorique, FESTAFOLG vivra ainsi que tous les événements culturels qui sont célébrés chaque année en Guinée. Qu'importe le comportement des uns et des autres. Cela y va de la sauvegarde de l'identité du peuple et de la culture Noire.
Dépêche de Abdoulaye Youlaké Camara. Correspondant Permanent de Guinéenews© bureau de Conakry
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