L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Prévision 2003 : les fruits plus rares cet été

Bernard Saminaden

21 Octobre 2003


Port Louis — Avec le retour de la chaleur reviennent en force les fruits d'été. Mais letchis et mangues deviendront rares. Leur prix risque de donner un goût amer.

L'été arrive et, avec lui, letchis et autres mangues. Mais si vous aimez ces fruits gorgés de soleil, l'heure viendra bientôt de sortir vos porte-monnaie.

En raison de la baisse de la production de ces deux fruits, les prix vont en effet flamber comme celui des bananes d'ailleurs. La situation sera heureusement différente pour les longanes et melons d'eau, qui seront présents en abondance sur les étals des marchés. Ces précisions, communiquées par Deonarain Lokee, président de la Mauritius Vegetables Growers' Association (MVGA), viennent des quelque 7 000 planteurs de fruits et légumes membres de l'association.

Trop de chauves-souris

Selon la MVGA, la production du letchi sera inférieure à celle de l'an dernier, avec une récolte de 750 tonnes contre 970 en 2002. La cause de cette baisse de production serait due à une prolifération des chauves-souris.

Toutefois, avec un été précoce, les premiers letchis feront leur apparition sur le marché dès novembre. Les prix pourraient varier de Rs 2 à Rs 2,5 l'unité pour chuter à Rs 1 lorsque la récolte atteindra sa vitesse de croisière, soit vers fin novembre, début décembre.

Du côté des mangues, une récolte de 3 000 tonnes est prévue, c'est-à-dire 150 tonnes de moins que l'an dernier. Quant aux prix, ils devraient varier de Rs 2 à Rs 10 l'unité.

Les bananes n'ont pas la pêche

Les bananes accusent aussi un léger recul dans la production. Près de 5 900 tonnes sont attendues cette année contre 6 650 en 2002.

La production du melon d'eau atteindra, elle, les 2 000 tonnes, soit le double de 2002. Ce fruit est vendu de Rs 125 à Rs 150 l'unité depuis quelques jours. Une récolte record de 650 tonnes de longanes est également prévue, explique Deonarain Lokee. L'an dernier, l'on en avait récolté que 175 tonnes. Quant à la production d'ananas, qui avait atteint les 1 900 tonnes en 2002, elle frôlera cette année les

2 100 tonnes.

Du coté des légumes, le constat est moins alarmant. Les fréquentes pluies du début de l'année ont eu un impact positif sur leur production à travers le pays, et particulièrement dans le Nord qui, d'habitude, souffre d'un manque d'eau. Résultat : la production est nettement supérieure à celle de 2002 et les prix ont chuté de 25 à 30 %, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu'à fin 2003.

Ce bilan positif implique que Maurice n'aurait pas à importer de légumes jusqu'en décembre. Sauf, évidemment, si de gros cyclones viennent jouer aux trouble-fêtes et causent des dégâts aux cultures vivrières.

Selon Deonarain Lokee, et Narendra Gooriah qui fait partie des encanteurs de Maurice, on assiste actuellement à une abondance de choux, de carottes, de pommes d'amour, de concombres et de haricots verts, notamment. Ces légumes sont vendus à des prix très compétitifs alors qu'ils coûtaient plus cher l'année dernière. Ces légumes, disent-ils, continueront à inonder le marché "même au-delà de 2003".

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