Neeta Persand
22 Octobre 2003
Port Louis — Hier, au Centre de badminton de Rose-Hill, il ne pouvait passer inaperçu. Jonassen côtoie les plus grands champions et pourtant, il a gardé une grande simplicité.
Le n°3 mondial, le Danois Kenneth Jonassen, est actuellement à Maurice en lune de miel avec son épouse Anette. Les deux tourtereaux ont convolé en justes noces le 11 octobre dernier.
Spécialiste de simple, cet habitué du circuit international et des podiums des Grands prix était au Centre de badminton à Rose-Hill, hier. Histoire de se dégourdir les jambes. "Quand on évolue à ce niveau on ne peut pas couper court avec les entraînements car il est trop difficile de se rattraper après", explique-t-il.
Toutefois, ils n'étaient pas nombreux les joueurs de la sélection à profiter de son bref passage au Centre de badminton, étant donné que c'est la période des vacances. Les entraînements nationaux ne reprendront qu'à la fin de la semaine prochaine.
Kenneth Jonassen s'est dit impressionné par la qualité des infrastructures sportives à Maurice. "Même au Danemark, nous n'avons pas une salle uniquement pour le badminton. Nous nous entraînons dans un gymnase multisport qui est utilisé à la fois pour le handball, le volley-ball et le basket-ball", avoue-t-il.
Le Danois regagne son pays aujourd'hui afin de se préparer pour le Chinese Taipei International qui est un Grand prix quatre-étoiles. Le coup d'envoi sera donné dans dix jours.
L'objectif principal de ce grand champion reste une médaille, peu importe la couleur, aux Jeux olympiques d'Athènes 2004. Classé troisième mondial, il est de facto qualifié. "Pour que je puisse participer aux JO, il faut que je sois parmi les seize premiers mondiaux", explique-t-il.
Agé de 29 ans, ce joueur qui a été semi-finaliste de la Yonex Japan Open cette année, en sera peut-être à sa dernière participation. Il envisage de mettre un terme à sa carrière internationale dans deux ans pour se consacrer aux jeunes. "Je songe sérieusement à me consacrer au coaching. Cela fait plus de dix ans que je suis sur le circuit international et cinq ans que je tourne parmi les 16 premiers mondiaux. Physiquement et men-talement, c'est épuisant. Il me faut un long congé. Et, puis, je veux donner aux jeunes ce que moi j'ai appris pendant toutes ces années passées dans le giron."
En effet, une carrière d'entraîneur le tente tout comme l'ancien n°1 mondial, le Danois Morten Frost, l'a fait avant lui. Ce dernier est aujourd'hui responsable du centre d'entraînement de haut niveau de Cape Town et est aussi entraîneur de la sélection sud- africane. Il entraîne actuellement la Danish Elite Division qui est le deuxième meilleur club du Danemark.
Mais pour l'instant, le joueur mondial a les yeux braqués sur la Thomas et Uber Cup prévues en février et mai de l'année prochaine, les Jeux olympiques d'Athènes 2004 et le Championnat du monde de 2005, qui se tiendra en Californie.
Le palmarès du Danois est des plus élogieux. Celui qui a attrapé sa première raquette à l'âge de cinq ans, a été quart de finaliste au Championnat du monde, au Proton Eon Malaysia Open et au Yonex all England Open, cette saison. Mais la meilleure prestation de toute sa carrière, reste pour lui, sa victoire sur l'ancien champion olympique , son compatriote Poul-Erik Hoyer-Larsen lors du China Open, l'année dernière. Cela lui avait permis de se qualifier pour les demi-finales de cette compétition.
Cette année, Kenneth Jonassen a remporté le Korea Open. "I was very proud of beating almost all the best Korean players at home.I also played very well for the World championships but the new world champion, Hong Chen was better than me. I don't have any regrets because I know, I have done everything I could", confie-t-il.
Il faut souligner que le Danemark est l'une des rares nations européennes à avoir réussi à mater les Asiatiques sur le plan mondial. Kenneth Jonassen qui avait intégré l'équipe nationale de Copenhague, soit la première équipe du Danemark en 1997, regrette cependant que les jeunes ne puissent maintenir ce tempo. "Les jeunes sont plutôt attirés vers d'autres sports comme le golf et le football où il y a beaucoup plus d'argent que dans le badminton. J'ai peur que le Danemark ne puisse maintenir son niveau sur le plan mondial dans quelques années. C'est d'ailleurs à défaut d'une relève de haut niveau que nous continuons à jouer au-delà de trente ans", lance-t-il.
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