Patrick Hilbert
22 Octobre 2003
Port Louis — Remous autour des licences de téléphonie internationales qui seront délivrées dès vendredi par l'Information & Communication Technologies Authority (ICTA). Une dizaine de compagnies refusent ces licences aussi longtemps que certaines conditions y restent intactes.
Même si plusieurs de leurs suggestions ont été prises en considération, deux clauses posent problème aux yeux des opérateurs. Ces derniers refusent de verser Rs 10 millions pour recevoir la licence (Rs 5 millions comme dépôt et Rs 5 millions payables annuellement). L'autre sujet de mécontentement porte sur les Rs 4 de frais d'interconnexion pour chaque minute d'appel sortant et Rs 2.5 pour un appel entrant.
De ces Rs 4 millions, les opérateurs devront en verser Rs 3 sur un compte spécial géré par l'ICTA pour combler en partie le déficit d'accès que Mauritius Telecom devra supporter avec la concurrence des nouveaux opérateurs.
"Nous préférons refuser la licence et attendre, même si nos équipements nous permettent de débuter en l'espace d'une semaine", souligne Ganesh Ramalingum, directeur de Data Communications Ltd.
Rogers Telecom et le géant français Outremer Telecom, qui sont entrés dans un joint-venture récemment, ont déjà précisé dans le passé que ces conditions ne sont pas propices à une entrée sur le marché de la téléphonie internationale.
De son côté, l'ICTA a décidé d'accorder un délai de six mois aux indécis.
Pour le régulateur, les différents frais serviront d'une part à maintenir le réseau de Mauritius Telecom et d'autre part à s'assurer que des opérateurs "avec des bases solides" entrent sur le marché. "Les opérateurs sont libres de décider. Une chose est sûre, le réseau national (NdlR de Mauritius Telecom) doit rester vivant, sinon tous le processus de libéralisation sera caduc", soutient-on à l'ICTA. Or, selon les opérateurs, ces frais viendront augmenter les coûts des appels qu'ils voulaient initialement facturer aux usagers.
Lors d'une réunion de l'Association des opérateurs des télécommunications, avec le Premier ministre, Paul Bérenger, lundi, ce dernier leur a donné l'assurance que le gouvernement consultera l'ICTA pour voir dans quelle mesure les prix peuvent être corrigés. Ces conditions ne devraient toutefois pas freiner d'autres opérateurs, dont le géant indien, Mahanagar Telephones Nigam.
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