Ibrahima Anne
24 Octobre 2003
Les partis d'obédience libérale tiennent leurs assises à Dakar. En marge de cette imprtante réunion, le Réseau libéral africain a organisé hier un point de presse pour, entre autres objectifs, dégager la voix africaine. Le tout sur fond de divergences sénégalo-ivoiriennes.
A partir d'aujourd'hui et ce jusqu'au samedi prochain, Dakar sera la capitale du libéralisme mondial. En effet, l'Internationale libérale qui regroupe les partis libéraux des cinq continents y tient ses assises. Le thème de ce cinquante-deuxième congrès est "l'Islam et l'Occident : le point de vue libéral". En marge de cette importante rencontre, le Réseau des partis libéraux africains qui regroupe trente-cinq formations africaines a tenu, hier, une conférence de presse dans les salons du palais des congrès. L'actualité aidant, les libéraux africains ont tenu à joindre leur voix au concert de condamnations de l'assassinat dont a été victime le correspondant permanent de Rfi à Abidjan. Si le principe de la condamnation était partagé par tous les participants, les modalités étaient la pomme de discorde. En effet, les délégués du Rassemblement des républicains (Rdr) d'Alassane Dramane Ouattara ont voulu profiter de cette tribune pour annexer à la déclaration de condamnation un texte sur "l'ivoirité", donc sur la politique interne ivoirienne. Ce dont Mamadou Lamine Bâ, ministre-conseiller du président de la République et représentant du Pds à ces assises n'a pas voulu entendre parler. Le délégué ivoirien qui ne voulait pas d'un étalage des divergences en public a demandé l'autorisation d'aller consulter les autres membres de sa délégation, permettant, ainsi, aux travaux de se poursuivre. Ainsi, les délégués des partis libéraux africains ont déclaré avoir "appris avec indignation l'acte abominable d'assassinat de Jean Hélène".
Ils ont, par ailleurs, demandé à l'Etat ivoirien de "faire toute la lumière" sur cet acte et "mettre fin à l'impunité".
Par ailleurs, les représentants des libéraux africains ont condamné la décision prise par le Président zimbabwéen de fermer le journal indépendant Daily News et demandé sa "réouverture immédiate". Dans la foulée, ils ont demandé à tous les pays africains de faire pression sur le régime zimbabwéen pour que ce dernier installe la démocratie et l'Etat de droit.
En outre, le ministre-conseiller du président de la République a annoncé, dans sa déclaration préliminaire, que pour cette présente manifestation, les libéraux africains vont adopter "une position commune". Cette voix africaine dont les grandes lignes ont été tracées lors d'un conclave tenu mercredi a été exposée au président Abdoulaye Wade qui l'a validée. Ainsi, les libéraux africains se fixent, entre autres objectifs, de "faciliter le développement et la progression des partis libéraux démocratiques dans tous les pays africains" et "encourager la solidarité entre les partis membres avec le but de les aider à accéder au pouvoir par les moyens démocratiques ; la création d'une Afrique libérale et démocratique".
Après ces déclarations, les libéraux africains devaient faire face aux questions des journalistes qui ont tourné, pour l'essentiel, autour de la capacité de la doctrine libérale à prendre en charge les problèmes sociaux. En réponse à ces interrogations, les libéraux africains ont, en présence de leurs camarades des pays du nord, d'une seule voix expliqué en quoi la doctrine d'Adam Smith est la meilleure pour les pays africains en ce qu'elle garantit mieux les principes de respect des droits humains et des libertés, de transparence et des règles de l'économie de marché. Moins évasifs dans le propos, les libéraux du Burkina Faso ont reconnu que la concurrence pure et parfaite n'est pas une voie de salut pour les pays comme les nôtres. Aussi suggèrent-ils un "libéralisme solidaire". Même son de cloche chez les libéraux tunisiens qui se disent être contre "le libéralisme farouche". Autrement dit, il faut une voie africaine du libéralisme.
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