United States Department of State (Washington, DC)

Des partisans de l'AGOA préconisent l'élargissement de sa portée : les travaux du comité d'action en faveur de l'AGOA III

Par Charles Corey

24 Octobre 2003


Washington, DC — Ancienne représentante adjointe des Etats-Unis pour le commerce extérieur, Mme Rosa Whitaker s'est jointe à des parlementaires, à des membres du gouvernement Bush et à des représentants influents du secteur privé pour préconiser un renforcement de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) qui a été promulguée il y a trois ans.

Parlant au nom d'un groupe dénommé "le comité d'action en faveur de l'AGOA III", Mme Whitaker a déclaré lors d'une réunion de quelque deux cents personnes organisée le 21 octobre au Congrès : "Nous sommes tous d'avis que les aspirations légitimes des Africains à la croissance et aux possibilités économiques méritent un soutien durable de notre part."

Si l'application de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique a déjà donné de bons résultats, a-t-elle dit, il est nécessaire que le Congrès lui donne une plus grande portée en adoptant un nouveau texte de loi qui va plus loin encore que celui qu'il a voté l'an dernier, connu sous le nom d'"AGOA II".

A cet égard, il convient de ne pas oublier, a-t-elle fait remarquer, que l'accord de l'Organisation mondiale du commerce sur les vêtements et les textiles doit arriver à expiration en 2008.

Mme Whitaker a énoncé les grandes lignes des améliorations préconisées par le comité d'action en faveur de l'AGOA III :

- la prorogation de l'accès préférentiel de l'Afrique au marché des Etats-Unis jusqu'en 2015, - des directives claires pour le service des douanes en ce qui concerne les vêtements qui peuvent être importés aux Etats-Unis dans le cadre de l'AGOA, - l'élaboration d'un plan détaillé visant à accroître les importations et les exportations de produits agricoles dans le cadre de l'AGOA, - l'octroi par les Etats-Unis d'avantages fiscaux visant à favoriser les investissements des entreprises américaines ainsi que la création d'emplois dans les pays africains, - l'abrogation des restrictions applicables à la Banque d'import-export des Etats-Unis, à l'Office de promotion des investissements privés à l'étranger (OPIC) et à l'Agence du développement du commerce dans des secteurs tels que l'agroalimentaire, l'électronique, les textiles et les vêtements, - le renforcement de la coopération entre les ports et les aéroports américains et africains en vue d'accroître le transport par bateau et par avion de marchandises, - la fourniture d'une assistance technique afin d'aider les Etats africains et leur secteur privé à profiter davantage de l'application de l'AGOA.

Des membres démocrates et républicains de la Chambre des représentants qui participaient à cette réunion ont également parlé en faveur de l'adoption de l'AGOA III.

Le président républicain de la sous-commission des affaires africaines de la Chambre des représentants, M. Ed Royce, a déclaré qu'il ne fallait pas sous-estimer l'importance de l'adoption de l'AGOA III.

"Nous, en tant que parlementaires, nous avons eu la chance de voyager et de constater que l'AGOA avait permis de créer des emplois dans des pays tels que Madagascar, la Namibie, le Lesotho et l'Afrique du Sud.

Dans chacun de ces pays, le nombre des emplois créés se chiffre à des dizaines de milliers, et les investissements directs y atteignent des centaines de millions de dollars."

L'AGOA III, a-t-il expliqué, prévoit d'élargir l'application de la loi à un plus grand nombre de pays africains et à un plus grand nombre de secteurs de l'économie africaine tout en encourageant l'adoption de réformes dans le continent africain, ce qui est avantageux tant pour tout le monde.

De son côté, M. Charles Rangel (représentant démocrate de l'Etat de New York), qui fait partie de la commission du budget de la Chambre des représentants et qui est l'un des auteurs du texte originel de l'AGOA, a déclaré : "En cette période de crise internationale, il serait bon pour tous de vouloir parler de la paix, de la création de partenariats, de la tranquillité, du commerce, de la suppression de la pauvreté et des maladies infectieuses dans le cadre de l'élaboration de l'AGOA III.

"Quel que soit le pays dont nous sommes originaires ou quelle que soit la couleur de notre peau, ce sont là des choses qui donnent de la satisfaction à toute personne, lorsqu'on peut dire à la fin de la journée que l'on a amélioré les conditions de vie d'autrui.

"Il ne fait aucun doute, que, en tant qu'Américains, la meilleure chose que nous puissions faire pour nous-mêmes, c'est d'aider les autres peuples à devenir nos partenaires. C'est dans notre intérêt et c'est dans l'intérêt de la communauté internationale."

Représentant le secteur privé, le vice-président général de la société "Coca-Cola Africa", M. Robert Lindsay, a rappelé que l'AGOA était extrêmement importante parce que le commerce était "le seul moyen véritablement durable d'établir un partenariat de longue durée d'une manière officielle."

En sa qualité du plus grand employeur d'Afrique dans le secteur privé, a-t-il indiqué, la société Coca-Cola a investi plus de cinq cents millions de dollars dans ce continent au cours des cinq dernières années. "Tout développement qui aide l'Afrique est bon pour les affaires et également bon pour la population africaine."

Si de nombreuses nouvelles de l'Afrique sont négatives, a-t-il dit, ce continent connaît de nombreux changements, tels que le Nouveau Partenariat économique pour le développement africain (NEPAD) dans le cadre duquel les Africains ont exprimé leur désir de collaborer avec des partenaires qui veulent travailler avec eux. L'AGOA peut jouer un rôle particulier à cet égard.

Dans certains pays, a-t-il fait remarquer, les Africains se rendent compte que les méthodes classiques de développement ne donnent pas de bons résultats. "Nous le savons et nous voulons changer cela. Pour ce faire, il convient d'avoir un partenariat (...) qui se fonde sur le commerce, parce que c'est le seul moyen de créer des emplois (...), de poursuivre des programmes sur une longue durée. C'est pourquoi la proposition de loi (sur l'AGOA III) est si importante," a-t-il souligné en incitant les parlementaires à agir sans tarder.

Parlant au nom du corps diplomatique africain dont il est le doyen, l'ambassadeur de Djibouti, M. Roble Olhaye, a déclaré que le texte de loi sur l'AGOA III était "opportun, très important et nécessaire".

Il 'agit, a-t-il dit, d'un autre jalon que l'on doit atteindre. "On entend souvent parler des conflits, des troubles civils, des dégâts et des divisions en Afrique, mais on n'entend guère parler de la tâche énorme de la mise en place d'institutions et des autres tâches que la plupart des pays exécutent en dépit de la diminution de l'aide extérieure, de la réduction des investissements étrangers et de l'absence de débouchés pour nos produits."

"L'Afrique progresse, a-t-il affirmé. Elle recherche la justice économique (...), des moyens d'action sur le plan économique (...), le développement économique (...), des partenariats économiques. L'AGOA III constitue l'un des principaux moyens de réaliser ces objectifs."

Pour sa part, la représentante adjointe des Etats-Unis pour le commerce extérieur avec l'Afrique, Mme Florizelle Liser, a déclaré que le président Bush était un grand partisan de l'AGOA. Elle a rappelé qu'il avait parlé en faveur de cette loi lors de la récente visite d'Etat du président du Kenya, M. Mwai Kibaki, à Washington.

"C'est en janvier, a-t-elle précisé, lors du forum sur l'AGOA qui s'est tenu à Maurice, que le président Bush a annoncé qu'il demanderait au Congrès de collaborer avec lui en vue de proroger l'AGOA au-delà de 2008. C'est là le début et la base de la proposition en faveur de l'AGOA III dont nous nous occupons maintenant."

L'aide à l'Afrique constitue une tâche complexe, a-t-elle indiqué.

"Nous ne pouvons pas donner un accès complet (au marché américain), mais il nous faut aussi tenir compte des difficultés auxquelles se heurtent les Africains pour pouvoir profiter pleinement de l'application de l'AGOA. Il nous faut considérer les réseaux de transport, l'alimentation en électricité et en eau, le renforcement des capacités nécessaires pour tirer parti de l'AGOA en créant des entreprises dans les secteurs agro-alimentaire (...) et manufacturier qui ne se limitent pas aux textiles et aux vêtements. Nous savons donc qu'il y a beaucoup plus à faire."

A l'heure actuelle, le gouvernement Bush incorpore les idées et les recommandations relatives à l'AGOA dans un texte de loi dont les détails sont encore à régler. Il souhaite collaborer étroitement avec le Congrès en vue de l'adoption de ce texte, a-t-elle dit.

Le comité d'action en faveur de l'AGOA III se compose de trois groupes de travail spécialisés dans trois secteurs : agriculture, organismes de crédit à l'exportation, textiles et vêtements. Quatre autres groupes de travail font porter leurs activités dans les domaines suivants : information du public, pouvoir exécutif, pouvoir législatif, les médias et les pays africains.

Le comité d'action est présidé par trois personnes : Mme Rosa Whitaker, M. Jack Kemp (ancien parlementaire et ancien ministre républicain) et M. Carl Ware, vice-président pour l'Afrique de la société Coca-Cola.

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