La Rédaction économique
25 Octobre 2003
Les cours du pétrole continuaient de monter hier matin en réaction à des informations sur des problèmes survenus la veille dans une raffinerie de Conoco Phillips, en Louisiane (sud des Etats-Unis) et face à la vague de froid traversant le nord de l'Europe.
Vers 10h00 GMT, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, référence sur l'International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, valait 28,93 dollars, après avoir ouvert à 28,80 dollars et clôturé jeudi à 28,63 dollars. Sur le marché électronique à New York, avant l'ouverture officielle, le prix du brut de référence (Light Sweet Crude) pour livraison rapprochée en décembre prenait 20 cents à 30,50 dollars. «L'élément moteur des prix vient des produits raffinés [essence et produits distillés, NDLR]», a indiqué un opérateur à la maison de courtage GNI. «Les cours de l'essence sont plus élevés après les problèmes rencontrés par Conoco Phillips hier», a-t-il expliqué. Selon les analystes, Conoco Phillips, troisième groupe pétrolier des Etats-Unis, a fermé temporairement jeudi une unité d'essence dans sa raffinerie de Belle Chasse, Louisiane, ayant une capacité de 257 000 barils par jour. Contacté par l'AFP le même jour, la compagnie pétrolière avait démenti cette information, assurant que l'usine fournissait toujours des produits pétroliers. «Les cours du brut ont terminé en nette hausse jeudi soir en réaction aux informations sur la fermeture d'une raffinerie américaine», ont rappelé les analystes de la maison de courtage Sucden.
L'impact haussier de cette nouvelle s'était alors propagé du marché de l'essence à celui du brut, ont précisé ces experts. Désormais, le cours du brent s'approchait du seuil des 29 dollars le baril qu'il avait abandonné depuis lundi. «Les fonds d'investissement ont vendu toute la semaine mais n'ont pas encore réussi à faire baisser les cours», a remarqué l'opérateur de GNI. «Je ne pense pas que le marché souhaite vendre avant le week-end, surtout avec la vague de froid qui traverse actuellement l'Europe du Nord», a-t-il estimé. «Je pense que les produits raffinés devraient soutenir l'ensemble du complexe», dont le brut, a-t-il ajouté. D'autres analystes ont relevé la nervosité du marché face au regain de tensions au Nigeria, premier producteur d'Afrique. Des troupes nigérianes se sont déployées jeudi dans un village du delta du Niger (sud) pour prévenir une reprise des affrontements dans cette région pétrolifère, alors que les dernières violences ont fait au moins dix morts depuis le 17 octobre.
Les affrontements seraient la conséquence d'une guerre féroce menée entre des gangs rivaux, qui volent du pétrole brut dans les oléoducs. Le prix officiel du panier de l'OPEP, moyenne de sept bruts mondiaux, s'est établi à 28,10 dollars le baril jeudi, contre 28,16 dollars la veille, selon l'OPECNA, l'agence d'information du cartel. Le prix du panier est au-dessus des 28 dollars depuis 11 jours ouvrés. Par ailleurs, et selon Khelil, ministre de l'Energie et des Mines, les cours du pétrole pourraient chuter à des niveaux «très bas», au cours du deuxième semestre de 2004. «L'année prochaine sera très difficile et les prix pourraient baisser à des niveaux très bas», a affirmé Khelil à l'agence algérienne APS. La demande au deuxième trimestre va baisser de 2 millions de barils par jour (b/j) alors qu'il est prévu sur le marché international une surproduction de 1 million de b/j provenant notamment des pays non OPEP, a expliqué le ministre algérien. Cette situation va contraindre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à «maintenir les niveaux actuels des quotas», a ajouté Khelil. L'OPEP, qui doit tenir une conférence extraordinaire le 4 décembre prochain à Vienne, avait décidé le 24 septembre d'une baisse de son quota de 900 000 barils par jour. Les quotas de production de l'organisation, qui étaient de 25,4 millions de barils par jour, sont ainsi passés à 24,5 millions barils par jour pour dix de ses membres.
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