Ibrahima Anne
25 Octobre 2003
L'Islam et l'Occident en tant que civilisation se complètent et s'harmonisent. Mais gare à la confusion entretenue par les "tartuffe", La mise en garde est du président de la République, à l'ouverture du congrès de l'Internationale libérale.
Les travaux du congrès de l'Internationale libérale ont démarré hier sous la présidence du chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade, sous le thème : "L'Islam et l'Occident: le point de vue libéral". L'on sait que, depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'Occident regarde l'Islam avec de nouveaux yeux, considéré qu'il est comme le foyer du terrorisme et de l'obscurantisme. Quelque part, cette conception de l'Islam et de ses rapports dialectiques avec les religions judéo-chrétiennes rejoint et renforce ce que Samuel Huntington appelait "le choc des civilisations". Un choc dont les valeurs libérales, sans participer au combat, sortiraient vainqueurs selon Francis Fukuyama. C'est cette vision écornée et dévoyée que les libéraux réunis à Dakar tenteront, dans leurs résolutions, de changer.
Dans le discours de bienvenue qu'elle a prononcé à l'ouverture des travaux, la présidente de l'Internationale libérale, Annémie Nettys-Uyttebroek, a déclaré les objectifs de l'organisation qu'elle dirige. Selon elle, l'Internationale libérale a "l'ambition de développer une vision libérale sur l'Islam et ses rapports avec l'Occident". D'autant que, poursuit-elle, "l'Islam est bien plus qu'une religion, il constitue la base des cultures extrêmement variées, riches". Se faisant l'écho de cette vision positive de l'Islam, Me Wade fera, d'abord, des observations d'ordre sémantique sur le sujet en ce qu'il fait le rapprochement entre une religion (l'Islam) et une civilisation (l'Occident). Il demeure, de toutes les façons, convaincu qu'"il ne semble pas y avoir beaucoup de problèmes de nos jours, car la liberté religieuse inscrite dans toutes les Constitutions permet à chacun de pratiquer sa religion sans entrave". Même s'il y a, pour atténuer cet optimisme, des poches de résistance symbolisées par l'Inde, le Soudan, le Nigeria entre autres. Mais, pour lui, le fond de ces problèmes ne résiderait pas "dans la croyance de dieux différents", mais "dans le mode de règlement des problèmes sociaux". En passant, Me Wade fustige le comportement de "certaines personnes (qui) exploitent la religion à des fins politiques inavouées, en jouant sur la sensibilité des couches les plus défavorisées, des couches les plus pauvres à qui on promet la réparation immédiate des injustices sociales dès l'instant où le pouvoir changerait de mains". Pour le président Wade, la problématique des rapports entre l'Islam et l'Occident est plus une question de coexistence sociale que celle d'une confrontation entre civilisations.
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