A. Lemili
26 Octobre 2003
Des travailleurs ont été convoqués par leur employeur afin de réintégrer leur poste du travail. L'indemnisation devrait sans nul doute suivre
Après la bipartite tenue les 4 et 5 septembre écoulé et réunissant des membres du gouvernement Ouyahia avec ceux de la centrale syndicale, le chef du gouvernement a immédiatement, soit le 11 du même mois, instruit les ministres, walis et responsables des SGP pour leur intimer littéralement l'ordre d'exécuter sans atermoiements les décisions des tribunaux en matière de relations de travailleurs. Il s'agissait en le cas d'espèce des travailleurs licenciés, souvent abusivement, et ayant par la suite obtenu leur réintégration par décision de justice. Ouyahia considérait alors «la récurrence de ce dossier comme portant une atteinte à la crédibilité du gouvernement» mais également à «alourdissait les charges appelées au fil des retards accumulés à verser des salaires pour des périodes atteignant parfois des années». Il insiste dans la foulée sur «la réintégration de tout travailleur qui aurait été licencié ayant obtenu une décision de justice en sa faveur ou procéder à son indemnisation conformément à la loi». Le peu de considération accordée aux mêmes instructions données par les différents gouvernements à l'issue de la tripartite a conduit cette fois-ci Ouyahia à installer une cellule de suivi au niveau de son cabinet, disposée même à fournir les listes des travailleurs concernés.Nous avons évoqué ce dossier et l'impact des mesures prises conjointement par le gouvernement et la centrale syndicale avec M. Mehdi, le coordinateur de wilaya de l'UGTA de Constantine.
Notre interlocuteur a affiché une certaine satisfaction en affirmant que «les engagements pris par Ouyahia sont suivis d'effet sur le terrain, du moins en ce qui concerne notre espace territorial où des travailleurs ont été convoqués par leur employeur afin de réintégrer leur poste d'emploi. L'indemnisation devrait sans nul doute suivre, il faudrait pour cela une procédure spécifique quoique l'essentiel soit que ces travailleurs retrouvent leur dignité en retrouvant un emploi».S'agissant des salaires impayés des travailleurs réputés en «activité» dans des entreprises, quant à elles, à l'arrêt pour diverses raisons, une proposition a été faite à la centrale syndicale quant à la résolution définitive de cet encombrant dossier qui concerne 1 469 chefs de famille parmi lesquels figurent 58 non-voyants de l'EPIH (6 mois) et 115 de l'EPRE (13 mois), le problème pour ces derniers étant la banale panne paralysant un broyeur de matériaux, un élément essentiel dans le processus de fabrication de produits rouges. Globalement, ces entreprises sont estimées à neuf et les salaires impayés allant de 6 à 52 mois.Une proposition des SGP respectives des entreprises concernées aurait été faite et consisterait en la création de sociétés de salariés avec dans un premier temps une cession des biens meubles, immeubles et de production aux travailleurs qui auront à se prendre en charge sur tous les plans. Ce qui, en fait, reste une vue de l'esprit sachant qu'en général, les équipements proposés sont frappés d'obsolescence pour ne pas dire hors d'usage et la seule garantie de réussite ne relevant en définitive que d'une remise à niveau. Or, c'est là une éventualité que le gouvernement a de tout reculé compte tenu les moyens colossaux à mobiliser.C'est justement là une proposition allègrement évacuée du revers de la main par l'UGTA ou du moins l'union de wilaya de Constantine.
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