Amar Rafa
27 Octobre 2003
L'école est l'enjeu de batailles idéologiques et le système éducatif, en particulier, est le point de mire d'une offensive soutenue de la part du courant islamo-conservateur, en l'absence des autres courants de la société qui semblent se morfondre dans les méandres du jeu politicien autour des présidentielles.
Et ce n'est pas fortuit si l'éducation constitue un enjeu de taille, rien qu'au regard de sa portée dans le façonnage de l'individu, de sa culture, de son identité et de sa nationalité.Le besoin d'une réforme de l'éducation, qui se fait de plus en plus sentir au sein de la société, depuis plus de deux décades, tarde à venir. Une période qui aurait pu être suffisante pour mener à bien toute une révolution dans le secteur, mais l'absence d'une réforme, qui fait apparaître une situation de panne d'idée, ne fait qu'attiser les convoitises des uns et des autres, faisant un enjeu de batailles électorales et offrant ainsi l'occasion à certains de proposer des alternatives dont la finalité est d'imposer des modèles de société, souvent importés d'ailleurs. Mais force est de reconnaître que toutes les expériences passées, tirées de modèles qui ont fait faillite sous d'autres cieux, n'ont donné que de piètres résultats, participant à qualifier l'école de «sinistrée» et de formatrice de terroristes. Autant d'arguments qui imposent une réforme à laquelle seraient conviés tous les Algériens, qui ferait aux Algériens l'économie de nouvelles expérimentations aux conséquences incertaines, par l'instauration d'un débat autour de ce choix stratégique où seraient représentées toutes les franges de la société. Qu'à cela ne tienne, les premières mesures de cette réforme connaissent un début d'application, faut-il le dire, sans que l'on ait pris le soin de prendre l'avis des enseignants et parents d'élèves.
Les détracteurs de cette réforme ne s'en tiennent pas qu'à ce seul grief, mais en avancent un chapelet, dont l'absence d'un schéma global au sein de ses concepteurs, du point de vue du contenu des programmes ou de la préparation matérielle. Une inspectrice de l'éducation a relevé, dans une étude menée sur le terrain, ce défaut de vision globale, par le fait qu'elle concerne deux années seulement, à savoir les premières années du primaire et du moyen, et par la pénurie des manuels scolaires constatée au début de la présente année scolaire. Les nouveaux programmes qui souffrent l'absence de méthodes scientifiques, et spécialement celui s'adressant aux élèves de la première année, qui serait vidée de son contenu, favorisant la répétition, au point que le cumul des connaissances durant une semaine ne dépasse guère deux mots, soutient l'inspectrice. Faut-il s'accorder avec cet avis d'affirmer que l'application de la réforme de l'éducation est une décision politique et que la commission de réforme de l'éducation n'aura servi, en fin de compte, que de couverture à la légalisation des écoles privées ?
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