Louisa Aït Hamadouche
27 Octobre 2003
Satisfait, optimiste, exaucé, encouragé et même agréablement surpris sont autant de qualifiants pouvant résumer le sentiment de l'ambassadeur William Burns. Lors de la conférence de presse qu'il a donnée tard dans la journée de samedi dernier à la résidence El Mithak, le secrétaire adjoint aux Affaires du Proche-Orient n'a pas ménagé les signes positifs pour décrire des «relations algéro-américaines qui n'ont jamais été aussi fortes».
Cette coopération «sans précédent depuis 40 ans» s'appuie d'abord sur les questions d'intérêt commun traditionnelles telles que les hydrocarbures et le commerce. Des négociations relatives à la liberté du trafic aérien sont en cours, tandis qu'une compagnie américaine a arraché un accord (dessalement de l'eau de mer) d'une valeur de 250 millions de dollars. A cela s'ajoute le soutien technique apporté par les experts américains dans le cadre des négociations visant l'intégration de l'Algérie à l'OMC. Cependant, le clou de cette collaboration bilatérale tellement vantée n'est autre que la lutte antiterroriste. Le diplomate américain a lourdement insisté sur cet aspect, multipliant les signes de satisfecit et de convergence de vues. Ainsi a-t-il précisé que les deux pays étaient d'accord pour considérer que ce combat ne devait pas se faire que sur le terrain militaire mais qu'il devait englober le développement social et économique dans son ensemble. Même entente affichée quant à la nécessité de soumettre la lutte antiterroriste au droit et à la protection des libertés citoyennes et des droits de l'Homme.
Concrètement, quel contenu ce discours a-t-il ? Peu de chiffres, peu d'éléments pratiques ont été donnés. William Burns a, en effet, annoncé l'accroissement considérable du budget américain consacré à la formation dans le cadre de l'assistance militaire. Le montant alloué pour 2003 n'est pourtant que de 700 000 dollars. Autre élément qui aurait pu corroborer un saut qualitatif en matière de coopération bilatérale, un accord d'extradition. Or, avouera le secrétaire adjoint aux affaires du Proche-Orient, aucun progrès n'a été réalisé sur ce sujet. Le diplomate enroulera sa réponse, «pas de précisions», en revenant sur le partage d'informations, la lutte contre les réseaux de financement, l'équipement militaire Le diplomate est resté vague sur les informations faisant état d'une médiation algérienne dans la crise qui opposait les Etats-Unis à l'Iran. Sans répondre clairement à cette rumeur, il insistera sur le fait que Washington et Alger sont sur la même longueur d'onde en matière de lutte antiterroriste. Le dernier point à signaler concerne les prochaines élections présidentielles. Soulignant la rigueur qui doit présider dans ce type de questions, William Burns précisera qu'il s'agit là d'une question impliquant les Algériens et que les Etats-Unis soutiennent les processus de démocratisation respectant la transparence et la justice. Le pragmatisme américain a toutefois transparu à travers cette précision : «Les Etats-Unis continueront de coopérer avec toute personne élue au printemps prochain.»
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