Ziad Abdelhadi
27 Octobre 2003
Pour plus d'une de ces personnes, pour sortir de la précarité dans laquelle elles se sont retrouvées plongées, par suite d'événements qui ont rendu les conditions de vie très difficiles dans ces zones, il ne restait plus qu'à s'atteler à reprendre du service sur leur périmètre arable.
L'avènement du Plan national de développement agricole (PNDA) et sa mise en oeuvre en septembre 2000 et le dispositif de soutien par le Fonds national de régulation de développement agricole (FNRDA) ont, de fait, insufflé un encouragement sans précédent chez nombre d'exploitants désireux de concrétiser des projets d'extension dans le but de diversifier leur production. Et pour preuve, juste une année après la mise en place du nouveau dispositif, il a été constaté un engouement certain chez les acteurs et les populations rurales au point que les dossiers de demandes d'investissements se comptaient par dizaines de mille (à la fin du premier semestre 2001, on dénombrait 100 000 exploitants investisseurs pour un montant d'investissement de près de 100 milliards de dinars). Un indice révélateur d'une adhésion importante des gens ciblés par le biais du PNDA. Il faut rappeler que l'objectif recherché à travers ce plan national est, en premier lieu, de répondre à la demande croissante de ces gens désespérés du monde rural. De même, le PNDA concerne l'ensemble des terres agricoles sans exclusive aucune pour une exploitation rationnelle et optimale des ressources naturelles disponibles.
En d'autres termes, la mise en place du plan en question va chercher à réduire les pertes par une meilleure utilisation des ressources naturelles et une amélioration agricole. Une option rendue nécessaire par les faibles rendements enregistrés non sans parler de l'effet induit sur les sols qui s'affaiblissent d'année en année au risque de devenir arides. Phénomène alarmant et la reconversion des terres concernées est devenue plus qu'impérative. Dans cette optique, la stratégie du PNDA est d'adapter les cultures selon les contraintes de chaque zone. Et pour une meilleure application, l'idée de soutenir financièrement certaines productions a été retenue et tout dernièrement maintenue (Conseil des ministres du 22 octobre 2003). Ainsi, le retour à la vigne est devenu une alternative incontournable, ne serait-ce que pour sauvegarder ou mettre à l'abri de l'érosion des hectares de surface agricole utile (S.A.U.). Il faut souligner aussi que la reconversion de certaines cultures par d'autres s'est imposée à partir du moment où les rendements enregistrés à la fin de chaque campagne restaient insignifiants contrairement à d'autres zones versées dans les mêmes types de cultures -c'est le cas essentiellement de la culture des céréales dans les régions à vocation- où les quantités récoltées bon an, mal an demeurent acceptables. Par ailleurs, cette politique de soutien à la production concerne, outre les céréales, les légumes secs, les cultures fourragères, l'agrumiculture, l'arboriculture fruitière, la phoeniculture, la pomme de terre et la plasticulture, les cultures industrielles. Et dans un autre volet, le soutien aux pépinières produisant les plants, à l'irrigation agricole, à la production laitière, enfin à l'aviculture, l'apiculture et à l'élevage ovin, bovin, caprin, camelin et équin.
Dans ce même contexte de soutien à la production est inclue la réalisation de moyens de stockage des productions agricoles et des produits énergétiques. En définitive, depuis la mise en oeuvre du PNDA, l'environnement agricole, comme le monde rural, n'a cessé de connaître un net regain de relance. On peut citer les travaux de protection des ressources naturelles puisque, par le biais du plan, des milliers d'hectares de plantations forestières ont été réalisés, comme des plantations pastorales et la mise en défense de plus de 500 000 hectares, on a enregistré également un développement du potentiel arboricole qui atteint à la dernière évaluation 60% du potentiel arboricole national en place qui est de 552 000 hectares. Ces travaux ont permis la création d'environ 100 000 équivalents-emplois permanents. Le PNDA a eu pour effet l'extension de la SAU. Soulignons aussi l'impact du PNDA sur les entreprises économiques car sa mise en oeuvre a permis, selon le ministère de l'Agriculture, la création d'un plan de charge pour près de 1 500 entreprises locales de services liés à l'activité agricole. Gros chantier envisagé par l'entremise du plan : celui du programme de mise en valeur des terres par la voie de la concession qui «va servir de point d'ancrage à une démarche multisectorielle du développement intégré de l'espace rural qui, au bout du compte, va combiner la création d'activités économiques durables et génératrices de revenus pour les populations et la réalisation socio-collective indispensables à l'amélioration de leurs conditions de vie», pensent les cadres du ministère de l'Agriculture. Au PNDA, certains observateurs, sceptiques avancent que la politique agricole actuelle, par le biais du Plan, pour être efficiente, devra donner plus d'impulsion et de faisabilité à l'approche participative préconisée. Et que, pour ce faire, il suffira par exemple de mettre au point des techniques qui, une fois vérifiées et confirmées dans les conditions optimales de leur utilisation, à savoir sociales, agro-pédo-économiques, de rentabilité économique et de concordance économique, seront mises à la disposition du programme et des acteurs par le canal d'une vulgarisation qui se veut performante.Cette dernière, dont il faut savoir qu'elle a joué et joue toujours un rôle prépondérant dans le développement de l'agriculture puisque, comme l'a expliqué un agronome très au fait des tenants et des aboutissants sur l'agriculture algérienne, «elle constitue un instrument important et incontournable dans la mise en oeuvre des politiques agricoles et de l'animation du développement rural et agricole». Et ce dernier d'ajouter que la place et le rôle de la vulgarisation n'ont jamais été définis de manière cohérente. Une appréciation tout à fait fondée car il faut rappeler qu'avant la mise en place du PNDA, la réalité rurale et agricole a été souvent sous-estimée, ce qui a donné les résultats que l'on sait. La nouvelle approche, plus près de la réalité du terrain, a de fortes chances d'atteindre les objectifs escomptés. Rappelons enfin que notre prochaine adhésion à l'OMC et ses effets attendus exigent pour être au rendez-vous d'introduire dans le milieu agricole «l'usage de méthodes et de pratiques modernes capables d'améliorer le niveau et la qualité des productions», indiquent des observateurs avertis.
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