Abdoulaye THIAM
28 Octobre 2003
Le premier acte devant déboucher sur la réhabilitation de la Cité Police de l'avenue Malick Sy (Dakar) dont le délai de sommation adressé par l'autorité compétente aux familles policières a expiré, a été posé ce week-end.
Les locataires partagés sont sommés de trouver une autre demeure pendant ces six à sept mois que vont durer les travaux.
Le délai de sommation que le ministère de l'Intérieur avait fixé aux familles de policiers logeant à la Cité Police, sise avenue Malick Sy angle Corniche (Dakar), a expiré le 15 octobre dernier. Mais les familles continuent toujours d'occuper les locaux. C'est le week-end dernier que les autorités ont décidé d'envoyer les premiers camions transportant du sable et du ciment entre autres matériels devant servir de démarrage aux travaux de réhabilitation de la Cité Police. Et c'est par la Cité commissaire où certaines familles ont pu trouver refuge, que les travaux ont débuté. Hier, lundi 27 octobre, sur les lieux, le constat était net. Plusieurs portes et fenêtres ont été séparées de leur mur, laissant entrevoir le fond de plusieurs appartements abandonnés temporairement par leurs occupants. Un premier acte, vu par les autres familles qui n'ont pas pu trouver " refuge " comme un dernier avertissement de la part de l'autorité.
Par ailleurs, cette volonté de l'Etat de réhabiliter la Police est diversement appréciée par les familles jusqu'ici logées à la Cité police. Si certains ont manifesté leur enthousiasme, d'autres par contre jugent le moment inopportun et le délai trop court.
Un membre d'une famille logeant la Cité commissaire est de ceux qui pensent que l'Etat a bien fait de réhabiliter ces logements dont l'état de délabrement est assez avancé. " Nous sommes des membres de familles d'hommes de loi. Donc, nous devons avoir des logements décents et dignes de ce nom. Nous ne sommes pas des déguerpis. C'est une situation qui est juste temporaire. C'est juste un temps que dure la réfection qui va certainement durer deux, trois mois. D'ailleurs même si elle devait durer deux ans, pourvu seulement que la Cité police retrouve son luxe d'antan, nous sommes preneurs ".
Il poursuit :" Je le dis également pour deux raisons. La première est que nous sommes de plus en plus exposés depuis la construction de la Porte du Millénaire qui refuse beaucoup de monde. Ensuite beaucoup d'autorités diplomatiques ou autres passent par la Corniche. Que vont-elles dire si elles constatent cette situation dans laquelle les familles de nos policiers sont placées" s'interroge t-il sous le couvert de l'anonymat. Un avis que partage entièrement Ibrahima Diop, le chef du chantier pour la réhabilitation. " Je ne comprends pas que les locataires s'entêtent à quitter les lieux. On aurait dû démarrer les travaux depuis longtemps. Et aujourd'hui, ceux qui tardent à quitter les lieux ne font que retarder les échéances ", soutient-il.
Sur les quelques réaménagements qu'il compte effectuer sur le site, on note sur le relevé topographique, des parkings de voitures avec une voirie de délimitation, le renforcement de la sécurité au sein de la Cité Police avec des entées et sorties davantage filtrées par un poste de police. En quelques sortes, à en croire M. Diop, ce sont des bâtiments flambants " neufs " qu'il livrera aux limiers dans un délai de six à sept mois maximum.
Seulement, cette réhabilitation ne fait pas que des heureux. Puisqu'elle apparaît comme un véritable casse-tête pour certaines familles qui ne cachent pas leur désolation. " C'est du bluff s'il nous parle d'un délai d'un mois " soutient un locataire de la Cité. " Nous ne sommes pas contre la réhabilitation. Mais il fallait nous reloger. Le moment n'est pas non plus opportun. Par ailleurs, les pères de familles sont confrontés à une rentrée des classes très lourde de conséquences sur les portefeuilles. A cela il faut ajouter la cherté du coût de location des appartements à Dakar, qui varie entre 100.000 et 150.000 F. CFa où vous êtes obligés aussi de verser au préalable une caution de trois, quatre voire cinq mois " poursuit-il. Une autre dame embouche la même trompette. " Nous sommes confrontés à deux problèmes : d'abord de logements mais aussi de transfert de nos enfants " soutient-elle. Le dilemme gagne alors le coeur des policiers.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.