Saad Rostom
30 Octobre 2003
Demi-finales «aller», demain (21h30) au stade du 5 Juillet, de la Ligue africaine des champions
Les champions d'Algérie en titre disputeront peut-être, en ce début du mois sacré du ramadhan, les 90 minutes les plus longues de leur histoire. La cause, relever un challenge qui leur permettra de se rapprocher de la légende continentale. Une heure et demie pour assurer leurs arrières, en attendant une seconde manche d'enfer
Quelle différence y a-t-il en la version usmiste de la saison 2002 et celle de 2003, qui s'apprête à relever le plus grand et le plus passionnant défi de l'histoire du club algérois ? Pas de changements notables côté effectif puisqu'on prend pratiquement les mêmes pour reprendre les durs chemins d'Afrique. Pour une mission de loin plus intéressante. L'année dernière, à la même période, les Unionistes entraient, par la grande porte, dans le carré d'as en coupe des coupes d'Afrique des clubs et s'en allaient à Casablanca passer le test du Wydad, le futur vainqueur de l'épreuve, en conquérants. Pour imposer un nul à des Marocains ravis de s'en être sortis sans grosse casse sur leur terrain. La suite, on la connaît. Malheureux, Ammour et les siens passent lamentablement à côté de leur sujet, au retour, à Rouiba et voient leur joli rêve s'arrêter aux portes d'une finale qui leur ouvrait grandement les bras. L'USMA venait de gâcher sa plus belle occasion d'inscrire ses initiales dans le livre d'or des compétitions continentales interclubs. Une année plus loin, et un doublé (coupe-championnat) en poche en guise de consolation, les Dziri, Achiou, Zeghdoud et autres Ammour, Ghazi, Mezaïr, la maturité en plus, transforment leur essai en Ligue des champions, la plus prestigieuse et surtout la plus rentable financièrement, en coup de maître. Une demi-finale d'un tournoi aussi relevé est une motivation supplémentaire pour une équipe ravie -et elle le mérite amplement- de se retrouver à pareille fête, en attendant la cerise sur le gâteau.
Un sacre derrière lequel le football algérien court depuis la dernière victoire (1990) dans la défunte version et qui porte la griffe de son club, la JSK, le plus représentatif sur la scène internationale. Treize ans après l'envol des «Canaris» du Djurdjura, letour est peut-être venu pour l'incontestable numéro 1, intra-muros, d'aller se poser sur le toit d'Afrique. Et le chemin de la consécration, de cette étoile qui hante les nuits du club cher à Soustara et qui viendra donner plus d'éclat au maillot «Rouge et Noir», passe par une victoire qui les mettrait, dès demain soir, à l'abri d'un retour problématique connaissant la valeur de l'adversaire en référence au palmarès du football qu'il représente. L'USMA, qui n'a rien à perdre et tout à gagner, sait que la meilleure manière de déblayer le chemin du Nigeria est de jouer juste et bien, sans calculs. Audacieusement. Avec la sérénité qu'exige le défi. Faire le break à Alger pour voyager l'esprit tranquille. Les joueurs de Abdelwahab, qui veint de passer une semaine difficile après la gifle chaouie jeudi dernier en championnat d'Algérie, estiment à l'unisson qu'ils sont concentrés sur l'événement et que la première défaite concédée à Bologhine aura servi à les rappeler à leur devoir, en remettant les pieds sur terre. Avec un effectif au complet avec la récupération des deux suspendus et non moins pièces maîtresses Achiou et Ghazi, et le retour de blessures du trio Meftah-Djahnine-Ouichaoui, les Usmistes, si près d'une finale historique, auront très fière allure. Et surtout leur destin en main. A eux de ne pas décevoir l'attente du public algérien. Confirmer l'appréciation de leur arrière latéral gauche, Tarek Ghoul, qui déclarait que «jouer à domicile peut être un avantage».
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