Yacine Kane
30 Octobre 2003
Le personnel du centre de santé Elisabeth Diouf de la Médina et la Présidente du comité de gestion Madame Khoudia Diokhané Tall sont à couteaux tirés. Le personnel décide d'observer une grève pour la régularisation de sa situation.
En franchissant le seuil du centre de santé Elisabeth Diouf sis à la rue 10x30 de la Médina, c'est le calme plat. Les infirmières en blouse blanches devisent tranquillement dans la cour. A chaque fois qu'un malade se présente, elles l'orientent vers d'autres structures sanitaires. Et pour cause, elles ont décidé d'aller en grève pour demander qu'on régularise leur situation car cela fait 5 ans qu'ils travaillent dans cette structure sanitaire sans pour autant être embauché, indiquent-elles. Néanmoins, ils assurent le service minimum pour le personnel hospitalisé. Selon Moussa Dia, chirurgien dentiste de son état, " les infirmières ainsi que les aides soignantes perçoivent des salaires dérisoires de 15.000FCfa par mois. Moi en tant que chirurgien dentiste, je perçois moins de 80.000 Fcfa par mois. Nous ne sommes pas embauchés bien que nous travaillons pour cette structure depuis 5 ans. Cela veut dire que nous n'avons aucune couverture sociale. Ce qui est inacceptable, c'est pourquoi nous lançons un appel aux autorités pour qu'elles penchent sur notre sort ".
Aujourd'hui, les employés de cette structure sanitaire veulent qu'on régularise leur situation sur la base des conventions nationales pour obtenir les mêmes doits et avantages que leurs autres collègues.
C'est une structure privée qui dépend de la " Fondation Elsabeth Diouf Solidarité partage ". Le ticket de consultation est vendu à 1000 Fcfa et les tickets d'hospitalisation s 'élèvent à 3000 FCfa par jour. Elle compte 12 lits répartis dans 3 salles d'hospitalisation et un service de gynécologie, de stomatologie et d'Odontologie, Médecine générale, un laboratoire d'analyse et une pharmacie. C'est Madame Khoudia Diokhané Tall pharmacienne qui a été désignée par Elisabeth Diouf pour veiller au bon fonctionnement de cette structure.
Le Docteur Oumar Sarr, un médecin nouvellement affecté dans la structure soutient que " c'est un conflit entre l'ex-médecin Chef et Mme Tall qui est à l'origine des dysfonctionnements constatés depuis 9 mois dans cette structure sanitaire. C'est la raison pour laquelle, elles ont forcé hier ma porte pour m'agresser. En réalité elles n'ont pas un problème de recrutement, elles revendiquent le retour de l'ex-médecin-chef. On leur a donné un délai de 15 jours pour déposer leurs dossiers pour faciliter les procédures de recrutement. Elles ont décidé de ne pas le faire car rares sont celles qui disposent des papiers attestant qu'elles ont des diplômes d'infirmier. La plupart d'entre elles ont été formeés sur le tas et ont été recrutées par l'ancien médecin-chef de la structure. Nous disposons de 12 lits pour 22 infirmières, nous nous retrouvons du coup avec un personnel pléthorique ".
Et d'ajouter que " tout a commencé avec le renvoi du Dr Diop à la suite d'une plainte déposée contre lui pour des malversations avérées et abus de confiance. J'ai procédé à un appel à la candidature pour recruter un autre médecin ". En ce qui concerne les salaires, elle souligne effectivement qu'elles " perçoivent des indemnités qui s'élèvent à 15.000 Fcfa par mois car elles n'ont pas le statut d'infirmières. C'est pourquoi je leur ai demandé de me fournir leur dossier ce qu'elles refusent de faire sous prétexte qu'elles ont déjà déposé leurs dossiers au niveau de la mairie de Dakar. De toute manière, la Fondation est l'employeur et si elle ne régularise pas leur situation, je ne vais pas tolérer qu'elles perturbent le bon fonctionnement de l'établissement. Quant au chirurgien dentaire Moussa Dia, c'est lui-même qui a négocié son salaire en demandant qu 'on lui verse le tiers des sommes qu'il va verser. Je peux vous assurer qu'il perçoit chaque mois plus de 80.000 Fcfa. ".
Les populations riveraines ainsi que le comité des sages du quartier souhaitent que la paix revienne dans ce centre de santé pour le plus grand bonheur des malades. Pour cela, ils souhaitent que les deux camps adverses se retrouvent et qu'ils essayent de trouver des solutions durables à leur conflit.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Sud Quotidien. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.