Leila Hallaoui
31 Octobre 2003
Permettre l'accès au médicament générique, c'est à cela qu'aspire le Collectif de défense et de promotion des médicaments génériques qui a entamé, vendredi à Rabat, un débat national sur la question : "Quel avenir pour le médicament générique au Maroc après la 5ème conférence de l'OMC ?".
Bon nombre de professionnels du secteur pharmaceutique, les représentants des ministères de la Santé, du Commerce extérieur, de l'Economie, des Finances, de la Privatisation et du Tourisme, ainsi que les représentants d'ONG ont pris part au débat.
Cette manifestation, la première organisée par le Collectif, a permis aux participants de partager leur point de vue sur la place du médicament générique au Maroc et ses bienfaits au niveau financier pour les malades, mais aussi, des dispositions à mettre en place pour instaurer une politique nationale du médicament générique. Le débat s'est ainsi achevé par de nombreuses recommandations qui représentent l'ensemble des propositions apportées de part et d'autre et fournissent donc une plate-forme au prolongement des discussions sur ce sujet dont les échos retentissent encore plus après le dernier round de l'OMC et l'accord sur la zone de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis d'Amérique.
L'aspect social que revêt le médicament est en tête des recommandations. Les participants appellent unanimement à ce que le médicament ne fasse pas l'objet de compromis quelconque et à ce que les autorités marocaines chargées de mener les négociations avec leurs homologues américaines sur la zone de libre-échange défendent "la souveraineté nationale en matière d'élaboration et d'exécution de la politique du médicament en tenant compte des besoins de la population marocaine et, plus particulièrement, en matière de promotion de la fabrication des médicaments génériques."
Dans cette même optique, les participants recommandent au gouvernement de joindre toutes les parties concernées, notamment les associations des malades et les industriels pharmaceutiques, à l'élaboration des propositions et aux négociations multilatérales et bilatérales ayant trait au médicament.
Par ailleurs, face à une législation nationale obsolète de la pharmacie et du médicament, une mise à jour s'impose tout logiquement. Les intervenants au débat lancent un appel au ministère de la Santé pour la révision et la réforme de ce cadre législatif en l'adaptant aux besoins actuels et en y joignant les dispositions nécessaires à la production, la preescription et la consommation des médicaments génériques dont un répertoire doit être instauré.
Et dans le but de promouvoir l'accès à ce type de médicaments, les participants recommandent aux intervenants de la santé d'organiser des campagnes de sensibilisation auprès du public et des professionnels de la santé sur les qualités et les avantages des génériques.
Les participants soulignent, par ailleurs, l'intérêt que représentent les médicaments génériques sur le plan de la stimulation de la concurrence et de l'accessibilité pour la majorité de la population. Ils estiment, de ce fait, qu'une réglementation avantageuse en matière d'enregistrement et de livraison de l'autorisation de mise sur le marché, équivalente à celle instaurée dans les pays développés, est largement méritée par les médicaments génériques.
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