Nirina R.
31 Octobre 2003
Situées au nord-est, les forêts de Makira constituent l'une des plus grandes étendues restantes des forêts tropicales humides de la Grande Ile.
D'une superficie de 450.000 hectares, ce site regroupe huit forêts classées, des forêts domaniales et des couloirs forestiers, reliant les corridors écologiques et les aires protégées avoisinantes. Des forêts qui contiennent les 50% de la biodiversité malgache, soit environ 1% de la biodiversité mondiale. Touchant simultanément les provinces de Toamasina (à Maroantsetra), d'Antsiranana (à Andapa et Antalaha) et de Mahajanga ( à Mandritsara), soit six sous-préfectures et 21 communes rurales, les ressources naturelles du site Makira font vivre une population de plus de 150.000 habitants.
Deux intérêts
D'une importance éco-biologique particulière, par la grande diversité de ses écosystèmes et un niveau d'endémisme élevé, le site joue également un rôle dans le fonctionnement des bassins versants de la région. En effet, il sert de réserve d'eau pour la région, permet la régulation du niveau d'eau dans les plaines et rivières en aval, empêche l'érosion et protége la baie d'Antongil des énormes dépôts alluvionnaires, néfastes aux transports maritimes et fluviaux ainsi qu'à la pêche. Par ailleurs, il est exposé aux risques de fragmentation et de dégradation sévère par la pression agricole d'une population en expansion, pratiquant la culture itinérante sur brûlis, les défrichements, les coupes de bois illicites, de même que la chasse aux lémuriens. Maintenant qu'il est classé site de conservation, avec un statut légal de protection, il importe de mettre en oeuvre des mécanismes nouveaux pour aider les riverains à en contrôler et gérer leurs ressources naturelles de façon durable. Aussi Makira comporte-t-il deux types de zone. La première, à vocation de conservation stricte, dont l'accès est très réglementé ; et la seconde, d'influence humaine, où l'utilisation des ressources naturelles se fait sous contrat avec la population locale.
Site pilote
Le projet de conservation de ce riche site naturel de l'île a été initié par la Wildlife Conservation Society (WCS) et la Direction Générale des Eaux et Forêts. Il a été formalisé par un accord cadre signé entre ces deux entités, travaillant chacune pour la gestion durable de nos ressources naturelles. Il dispose, outre le financement de Conservation Internationale, d'une somme de 413.000 dollars, qui constitue les deux tiers de son budget de fonctionnement pour les trois années à venir. Le site de Makira vient alors grossir les rangs des sites pilotes de conservation, au même titre que Daraina, Menabe et Anjozorobe. Le pari de protéger les 10% de la superficie totale du territoire malgache est certes difficile, mais il n'est pas pour autant impossible !
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