Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: 4e conférence sur l'enseignement supérieur et la recherche : cette autre face du syndicalisme enseignant

Assane Saada

31 Octobre 2003


Le Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) est à l'honneur.

Non qu'il bat le macadam à travers les rues de Dakar ou fait dans l'une des pratiques jusqu'ici usitées dans l'affirmation de sa combativité. Dans le cadre douillet d'un hôtel de la place, Iba Ndiaye Diadji et ses hôtes réfléchissent sur les problèmes de l'enseignement supérieur et de la recherche. En effet, autour du thème «Universités: des partenaires clés du développement», des membres de l'Internationale de l'éducation (Ie) et leurs partenaires planchent. Ainsi c'est la 4e Conférence internationale que l'Ie. La première à se tenir en Afrique et le Sudes qui est aussi membre de l'Ie en est l'hôte. Des assises ouvertes hier à Dakar et qui s'y poursuivent jusqu'à demain.

Pour les besoins de cette conférence, ils sont quelque «quatre-vingts enseignants et chercheurs syndicalistes» de tous les cinq continents à se retrouver au Sénégal. Et, parce qu'ils sont syndicalistes, le ton de l'ouverture de leurs assises devait sans doute en attester. Le secrétaire général du Sudes ne s'est pas suffi de prononcer juste un mot de bienvenue. Iba Ndiaye Diadji a déclaré ouverte la conférence puisque c'est la tradition à l'Ie. Ensuite, il devait donner la parole au Pr Moustapha Sourang ministre de l'Education. Non sans avoir, au préalable, décoché quelques piques pour qualifier un sort pas des meilleurs que le Sénégal réserve à l'enseignement supérieur.

Le ministre de l'Education a su jouer le rebond. Certes, reconnaît-il, le secrétaire général du Sudes est fidèle au ton critique qu'on lui connaît. Cependant, le professeur Sourang rappellera que l'avènement d'une école de qualité a rang de priorité pour gouvernement du Sénégal. Selon le ministre, il existe des indices qui renseignent sur la nette volonté politique du pouvoir de conférer à l'université son rôle précurseur. Et le ministre de profiter de cette tribune pour parler des initiatives en cours relatives à la nouvelle carte universitaire du Sénégal, la parade à la fuite des cerveaux, etc.

Dès l'entame de ces assises, une certitude semble s'imposer. Les universités sont des partenaires clés du développement. Et, cette assertion l'Ie est comme qui va poser la preuve irréfutable à travers sa 4e conférence sur l'enseignement supérieur et la recherche. Cependant, cette réunion en terre sénégalaise est comme pour préparer le prochain congrès mondial de l'Ie prévu en juillet 2004 à Porto Alegre (Brésil) et les conclusions de ladite conférence seront soumises à ce congrès. «Sous des formes qui restent à déterminer», ainsi que nous l'a précisé Elie Jouen, secrétaire général adjoint de l'Ie.

Si le congrès du Brésil adopte les conclusions de la conférence de Dakar, elles deviendraient un document de travail interne de l'Ie. Alors pourraient-elles servir dans les interventions de l'Internationale de l'éducation auprès de certaines organisations internationales. En effet, l'Ie qui est une organisation syndicale mondiale des personnels de l'éducation «bénéficie du statut consultatif auprès de l'Unesco, l'Organisation internationale du travail (Oit), le Bureau international d'éducation (Bie), la Banque mondiale, l'Organisation mondiale de la santé (Oms), Onusida, l'Organisation de coopération et de développement économiques (Ocde), le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc)».Aussi le document à adopter pourrait inspirer des plates-formes revendicatives.

L'Ie se veut «le porte-parole international du monde enseignant». Elle se considère forte de «vingt-six millions de membres de tous les secteurs de l'éducation, du préscolaire à l'universitaire, par le biais de ses 310 syndicats et associations nationales membres dans 159 pays et territoires». Elle est fondée en janvier 1993 «par la fusion du Secrétariat professionnel international de l'enseignement (Spie) et de la Confédération mondiale des organisations de la profession enseignante (Cmope)». Toutefois, malgré le poids de cette organisation, son secrétaire général adjoint regrette que le dialogue social ne soit pas toujours le fort des décideurs politiques. D'ailleurs, Elie Jouen souhaite-t-il que l'exemple du Sénégal en la matière fasse école.

Selon M. Jouen, «le dialogue social comporte des degrés. Il ne doit pas conduire à ce que des syndicats se substituent aux gouvernements. La décision politique appartient aux autorités politiques». Au demeurant, Elie Jouen de soutenir que si les politiques gardent la responsabilité de la décision, il est d'usage qu'ils prennent des avis. Mais, pour le secrétaire général adjoint de l'Ie, la faiblesse, voire l'absence d'espaces de dialogue social, tient à ce que certains gouvernements l'assimilent à une baisse d'autorité. Tout le contraire du ministre de l'Education nationale du Sénégal sans doute. Car Moustapha Sourang a-t-il annoncé sa décision d'organiser des rencontres trimestrielles à titre préventif sur les problèmes de l'école.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2003 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques