Limamoulaye Ndiongue
31 Octobre 2003
Un art martial peu connu du grand public souvent confondu avec une danse. La capoeira contrairement à ce que disent certains, est un art martial brésilien et non une véritable danse, seule la manière d'exécuter les mouvements fait penser à une danse.
Un art ou un sport ? Il est difficile de ranger la capoeira dans une de ces deux disciplines d'expression culturelle ou sportive. Mais, ses pratiquants soulignent que cet martial brésilien est plutôt une affaire de culture. Mais, dans nombre de ses aspects, la capoeira ne peut pas ne pas être du sport.
Développant force, souplesse, équilibre et coordination, la capoeira est à la fois une lutte où le corps devient une arme redoutable, et un jeu. L'élégance guide les mouvements aussi aériens qu'acrobatiques des participants. Il existe principalement deux écoles, l'Angola" et la "Régionale", qui se différencient notamment par le rythme des musiques et le parti-pris spectacle-danse ou combat de rue. Alors que les arts martiaux asiatiques sont basés sur des règles rigides, la capoeira se caractérise d'abord par l'esprit d'improvisation, les feintes et le sens du rythme. Les capoeiristes forment une grande famille, mais le professeur reste le maître, et on lui doit obéissance et respect.
La capoeira est une danse dont la technique africaine de combat à mains nues importée au Brésil par des esclaves en provenance de l'Angola. Au fil des années elle s'est transformée en danse rituelle. Pratiquée au Brésil depuis plus de quatre cents ans, alors que les blancs avaient développé des techniques de combat utilisant les bras et les poings (voir boxe anglaise). C'est à ce moment que la capoeira a fait grand usage de coups de pied.
A l'époque elle faisait office d'armes contre l'occupant portugais qui, à la fin du XVIIe siècle, organise des expéditions à la recherche des fugitifs. En 1888, les détenus qui étaient libérés de leurs fers, à savoir les Noirs subissaient une nouvelle forme d'esclavage : la pauvreté. Les "capoeiristas" - comme on dit au Brésil - s'organisant en milices criminelles le gouvernement décide d'interdire la pratique de la capoeira. Elle survit cachée jusqu'en 1937, puis soutenue par une nouvelle classe d'intellectuels, elle est à nouveau tolérée. Très répandue au pays de la samba, la capoeira est désormais un sport très populaire. Elle est aujourd'hui enseignée dans les écoles, les universités, les académies militaires. Il existe beaucoup de rythmes différents, qui sont autant de types de jeux. Certains appellent à faire tomber, d'autres à jouer au sol, d'autres à faire beaucoup de mouvements spectaculaires etc. Dans cette forme de danse à dominance sport, on utilise couramment les premiers rythmes. Tandis que les autres appartiennent au folklore traditionnel. Mieux, il y a des rythmes qui ne sont pas uniformisés.
La capoeira, contrairement à ce que disent certains, est un art martial brésilien et non une véritable danse. Seule la manière d'exécuter les mouvements fait penser à une danse. Elle a été créée par les esclaves noirs pour résister à la violence de leurs tortionnaires dans les plantations. La possession d'armes ou l'entraînement au combat leur étant interdit, ils furent obligés de dissimuler cet art d'attaque et de parade sous des apparences de danses traditionnelles africaines ce qui explique bon nombres de sauts et de voltiges diverses. Pratique unique au monde, s'identifiant autant à la lutte qu'à une danse et avec sa diversité de mouvements, elle regroupe art, philosophie danse et lutte sous différents rythmes de chula. C'est pourquoi la capoeira sollicite l'agilité ainsi qu'une grande maîtrise du corps et de l'esprit.
Elle s'accompagne de musiques et de chants (chula) très rythmés, dans lesquelles on retrouve surtout des instruments à percussion, ponctués de battements de mains. Mais c'est le "bérimbau" qui est l'instrument spécifique de la capoeira, il est à la fois à corde et à percussion. Il existe comme au judo ou karaté différents degrés de capacité définis par des cordes allant de la blanche à la rouge. On distingue dans la capoeira deux différents styles : Angola et Regional. La capoeira dite Angola, surtout pratiquer par les anciens, s'accompagne d'un rythme très lent contrairement à la capoeira Regional très rapide et plus physique dont son créateur est Mestre Manoel Dos Reis Machado dit Mestre Bimba (1899-1974).
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