Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa:"La protection de la femme" au regard du droit international humanitaire exposée au centre Nganda

D-I.k

30 Octobre 2003


Kinshasa — Entamé depuis mardi, l'atelier "sur le rôle de la femme pendant la transition" se clôture aujourd'hui au centre catholique Nganda, cadre choisi pour abriter cette grand-messe qui a reçu même des délégués venus des provinces.

Cette rencontre étalée sur trois journées, a permis hier mercredi au chef de la délégation du Comité international de la Croix-rouge d'entretenir l'assistance - essentiellement composée des leaders du mouvement associatif - sur "les femmes et la guerre". Il a peint, d'entrée de jeu, l'image de la femme en cas de conflit armé.

"Elle endure les mêmes souffrances que l'ensemble de la population civile : exécutions sommaires, tortures, internements arbitraires, déplacements forcés, prises d'otages, menaces et intimidations", a déploré M. Jean-Jacques Gacond qui se rappelle que généralement, les hommes en âge de se battre partent au front, tandis que "les femmes se trouvent bien souvent avec des responsabilités accrues à l'égard de leurs enfants ou de leurs parents âgés". Il en est de même, a renchéri l'orateur, des femmes enceintes ou qui allaitent et qui sont particulièrement vulnérables aux carences alimentaires et au manque des soins médicaux. Conséquence : leur taux de mortalité s'accroît bien souvent dans des proportions effrayantes en période post-conflit.

Evoquant l'autre volet important de son intervention, l'orateur a frôlé la protection de la femme au regard du droit international humanitaire. A ce sujet, il a indiqué que cette branche du droit "est essentiellement contenu dans les quatre conventions de Genève de 1949 et leurs deux protocoles additionnels de 1977 et a pour but de protéger les victimes des hostilités". Il protège "toute personne victime d'un conflit sans discrimination de sexe". Tout en prévoyant l'immunité des civils contre toute attaque, et le respect des personnes tombées au pouvoir de l'ennemi, le droit international humanitaire reconnaît que hommes et femmes sont égaux. En plus, ajoute le droit : " les femmes seront spécialement protégées contre toute atteinte à leur honneur, et notamment contre le viol, la contrainte à la prostitution et tout attentat à la pudeur". Mais pourquoi les femmes sont-elles vulnérables que les hommes ? s'est interrogé Jean-Jacques Gacond qui répond immédiatement : Déjà en temps de paix, les conditions de vie des femmes sur les plans de l'éducation, de la santé, de l'alimentation, sont souvent très inférieures à celles des hommes. Sous le feu des armes, ajoute l'orateur, les populations civiles, particulièrement les femmes, sont souvent privées des soins médicaux indispensables, soit parce qu'elles vivent dans des zones assiégées, soit parce qu'un embargo entraîne une pénurie des médicaments. Que fait alors la Croix-rouge en pareilles circonstances? Réponse de Jean-Jacques Gacond : Elle entreprend des démarches auprès des parties en conflit pour que les règles du droit international humanitaire soient respectées et que les victimes soient épargnées (...), subvient en priorité aux besoins les plus urgents.

L'assistance a enfin noté que " le viol et toute autre atteinte à la dignité des femmes sont des crimes de guerre lors de conflits internationaux, et doivent être traités comme tels" au regard du Dih.

On rappelle que le go des travaux a été donné mardi par madame la ministre en charge de la Condition féminine et Famille, Faïda Mwangilua, en présence du représentant du Bureau du Haut commissariat aux droits de l'homme, des chefs d'agences du système des nations unies et ambassadeurs accrédités à Kinshasa.

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