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31 Octobre 2003
Kinshasa — Dans une lettre datée du 20 octobre adressée à l'Administrateur Délégué Général à la RVA, avec copies pour information aux principales autorités du pays, les contrôleurs aériens congolais regroupés au sein de l'Association des Contrôleurs de la Circulation Aérienne de la RDC (ACCA-Congo) lancent un préavis de grève. Pour justifier leur mauvaise humeur, les aiguilleurs du ciel congolais se fondent sur plusieurs arguments pour exiger que soient reconnus la spécificité de leur profession ainsi que les avantages qui y sont liés en raison de plusieurs instruments internationaux pertinents. Ils citent notamment, pour appuyer leur démarche, « les conclusions de la réunion des experts de l'OIT sur les problèmes concernant les Contrôleurs de la Circulation Aérienne tenue à Genève du 08 au 16 mai 1979 » ; « la Classification Normale Internationale des emplois ISCO-88 de l'OIT, dans laquelle les Contrôleurs de la Circulation Aérienne sont classés dans la même catégorie que les pilotes d'avion, les officiers de bateaux et les autres professions associées connexes » ; les normes pratiques recommandées par l'OACI sur les conditions spéciales d'emploi des ATC » ; enfin l'absence d'un compromis sur l'annexion des dispositions particulières relatives aux Contrôleurs du ciel à la Convention collective de la RVA.
Quant aux modalités pratiques de la grève, les Contrôleurs du ciel congolais rencontrés par Le Phare n'ont pas voulu en dire plus, s'en remettant pour cela aux dispositions légales en la matière. Conscients de leurs lourdes responsabilités, les Contrôleurs du ciel rappellent néanmoins, pour convaincre l'opinion, leur longue patience depuis la proclamation du préavis de cessation de travail en date du 21 août 1999 jusqu'à ce jour. Ce qui témoigne, selon eux, de leur patriotisme et de leur nationalisme. Raison pour laquelle, ils insistent sur le fait qu'en cas de grève, conformément à la législation internationale, les avions d'Etat, les aéronefs militaires et d'évacuation sanitaire pourront circuler dans le cadre d'un service minimum. En d'autres termes, seuls les vols commerciaux seront cloués au sol.
A ceux qui les accusent de vouloir foutre la pagaille dans l'espace aérien congolais et de menacer la sécurité des vols, les Contrôleurs aériens rétorquent en rappelant la longue patience dont ils ont fait preuve. Ils déclarent avoir touché toutes les autorités et services spécialisés du pays afin qu'une solution compatible avec la spécificité de leur métier soit trouvée en termes de « dispositions particulières » applicables aux Contrôleurs du ciel au sein de la RVA, selon les recommandations pertinentes sur la classification internationale des emplois « ISCO-88 » de l'OIT.
Un long processus de pourrissement Le processus du pourrissement des relations entre la RVA et les Contrôleurs aériens remontent à 1997, lorsque ces derniers avaient écrit au ministre Henri Mova Sakanyi pour proposer leur projet de statut particulier. Le dossier avait été rappelé au Délégué général de la RVA le 05 juillet 1998 dans une lettre du Comité Directeur de l'Association des Contrôleurs de la Circulation Aérienne du Congo. S'en était suivi un préavis de grève lancé au Président Délégué Général de la RVA le 21 août 1999. C'est à cette occasion que Madame Odette Babandoa Etoa, alors ministre des Transports et Communications, avait, dans une lettre datée du 02 décembre 1999, convié l'ADG de la RVA à organiser des concertations avec l'Association des Contrôleurs Aériens.
Ces concertations, à en croire les délégués de l'ACCA, n'ont jamais eu lieu en dépit de la transmission de la composition de la Commission pour la négociation en date du 02 mars 2000 par le Directeur Admnistratif a.i et le Directeur Administratif adjoint. Pour preuve, les deux réunions tenues par la Commission le 23 août et le 12 septembre 2000 n'ont débouché sur aucun résultat concret. D'autres tentatives ont eu lieu par la suite, notamment sous le mandat de l'ADG Simplice Kibanza Mayonga, sans grand succès.
De guerre lasse, et au bout d'une procédure vieille de six ans, le Comité Directeur de l'ACCA n'a pu que constater le blocage avant de dire son amertume au Directeur Administratif de la RVA dans une lettre datée du 14 avril 2003. Par la suite, est venu le cri d'indignation des contrôleurs aériens dans une correspondance cette fois adressée à l'ADG de la RVA en date du 15 octobre. Il ne restait plus alors qu'une seule voie pour faire comprendre à tout le monde l'importance du contrôle aérien et la nécessité de mettre les ATC dans les conditions de travail exigées par les instruments internationaux. La balle se trouve désormais dans le camp des autorités pour sécuriser l'espace aérien congolais.
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