Richard TOUNA
31 Octobre 2003
Le directeur général du Crédit Foncier du Cameroun (Cfc), M. Joseph Edou, a présenté samedi 25 octobre à la Commission bancaire d'Afrique centrale, un plan de restructuration dans lequel, l'établissement accepte de se spécialiser dans le financement de l'habitat.
Depuis quelques jours, le Crédit foncier du Cameroun anime une campagne publicitaire à travers laquelle, l'établissement baisse tous ses taux d'intérêt à 7 % parce que «vous loger est [son] seul souci». Un taux d'intérêt bonifié qui traduit son retour progressif à son activité originelle de «banque de l'habitat.» Une activité qui repose pour l'essentiel, sur les contributions Cfc retenues sur les salaires. L'actuelle direction générale avait cependant entrepris d'élargir le mandat de cet établissement financier en l'ouvrant à la collecte des dépôts à vue, comme c'est le cas pour les banques commerciales. Le Cfc s'est même mis à distribuer des crédits à la consommation, ce qui n'était pas de son ressort
Le plan de restructuration présenté le 25 octobre recentre donc l'activité de la structure. Ce recadrage est le résultat d'une série d'injonctions faites à Joseph Edou par la Cobac et les pouvoirs publics, notamment les services du Premier ministre et le ministère des Finances et du Budget qui assure la tutelle financière de l'établissement. Au cours du dernier conseil d'administration du 8 octobre, la présidence de la République a fait adopter une résolution dans laquelle, le Conseil demandait à Joseph Edou de se référer à Michel Meva'a Meboutou, pour la mise en application de son plan de restructuration. Malgré cette résolution, le directeur général du Cfc a choisi d'aller défendre son dossier devant la Cobac. La commission qui a accepté ce plan, a cependant renvoyé Joseph Edou auprès de l'autorité monétaire nationale, qui doit l'approuver, au regard des réserves que formulent certains experts sur la rentabilité des opérations que mène actuellement le Cfc.
54 milliards de crédits hypothéqués
La distribution des crédits à la consommation par le Cfc se chiffre aujourd'hui à 54 milliards de francs Cfa. Il faudra arrêter une stratégie de recouvrement de ces fonds. L'établissement qui a perdu plus d'un milliard de francs dans les opérations de construction des logements d'Olembe et d'Odza doit donc se redéployer. En incitant notamment les usagers à ouvrir des comptes d'épargne logement qui relèvent de sa compétence. Une batterie de mesures pour restaurer les conditions de rentabilité d'un établissement qui entretient des relations difficiles avec sa tutelle technique (le Minuh), qui élabore en ce moment, la stratégie de logement social du gouvernement. En rappelant à Joseph Edou, l'exigence de se soumettre à l'autorité du ministre des Finances et du budget, la présidence de la République et la Cobac manifestent leur souci de voir la direction générale du Cfc travailler en conformité avec la réglementation bancaire.
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