Jane Lutchmaya
1 Novembre 2003
Port Louis — Le ministre s'attaque aux irrégularités dans le travail des médecins. Un relevé des fiches de présence a révélé que des médecins quittent les hôpitaux avant 16 heures et que certains travaillent en douce dans le privé.Des mesures sévères sont annoncées.
Les médecins quittant les hôpitaux avant l'heure normale du départ, soit avant 16 heures, sont dans le collimateur. Après avoir reçu plusieurs plaintes du public, le ministère a fait un relevé des fiches de présence depuis un mois. Son constat : ce sont toujours les mêmes médecins qui partent vers les 15 heures. Les autorités les soupçonnent de pratiquer dans le privé.
Si la situation persiste, des flying squads seront constituées, a prévenu le ministre de la Santé, Ashok Jugnauth. L'équipe devra se rendre dans des cliniques privées afin de vérifier si des médecins de l'Etat s'y trouvent. Cette question a fait l'objet de discussions au Management Meeting hebdomadaire du ministre, à l'hôpital de Flacq, jeudi dernier.
Les fiches ont aussi révélé que plusieurs médecins font mention de départ effectué «with permission». Mais aucune autre précision ne figure sur ces fiches de présence.
Face à cette situation, le vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, a décidé que désormais tout médecin qui quitte l'hôpital d'urgence avant 16 heures devra au préalable obtenir l'aval d'un haut cadre du ministère de la Santé. Les directeurs d'hôpitaux ne seront donc plus habilités à laisser partir un médecin sans raison valable.
Le suivi de l'état de santé des malades fait également l'objet de désapprobation. Le ministère a noté que les médecins ne respectent pas les directives portant sur la deuxième inspection des malades dans les salles. Ces médecins sont tenus de signer le Specialist Book ou le Case file après chaque tournée.
Manque de lits chronique
Le ministre a ainsi critiqué l'attitude de certains médecins qui pratiquent les wards rounds à leur gré. Le ministre s'est dit surpris du fait qu'il n'y a pas de tournée l'après-midi dans plusieurs hôpitaux de l'île. Si un tel suivi médical avait été effectué dans l'après-midi, le problème de manque de lits aigu dans certains établissements- aurait été résolu, a déclaré le ministre. En effet, certains patients qui se portent mieux auraient pu quitter l'hôpital sans devoir attendre le lendemain pour le faire.
Ashok Jugnauth a aussi demandé qu'un médecin soit présent à l'unité de dialyse au début des sessions soit à 7 heures, 11 heures et 15 h 30.
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