I.h.
1 Novembre 2003
- Augmentation de 59% de la consommation de viande au cours du mois de Ramadan, de 200% de thon et de 78% de la consommation des oeufs par rapport à la normale.
L'Organisation de défense du consommateur reste fidèle à sa mission : mettre en garde le consommateur contre les excès de toutes sortes et l'inciter à la modération, notamment tout au long de ce mois saint de Ramadan. C'est dans ce but que fut organisée une soirée ramadanesque à Bir Belhassen au cours de laquelle plusieurs responsables des ministères du Commerce, des Affaires religieuses et de la Santé ont été conviés pour discuter de la consommation sous tous ses angles : religieux, sanitaire, économique.
Une chose est sûre : il faut éviter la consommation excessive qui a pour conséquence directe le gaspillage. C'est ce que condamne le Coran qui appelle à la modération des consommateurs et à la consécration des valeurs de partage et de solidarité. C'est le point développé par M. Ali Habouria, responsable au ministère des Affaires religieuses, qui, en rappelant les préceptes de l'Islam, a mis en exergue les conséquences négatives qui découleraient d'une consommation excessive.
Prenant la parole à son tour, M. Samir Ourghami, responsable auprès du ministère de la Santé, a mis l'accent sur les effets néfastes que pourrait avoir la consommation de denrées alimentaires de qualité douteuse, appelant ainsi les consommateurs à faire preuve de plus de vigilance lors de l'achat de produits alimentaires. Les précautions consisteraient, entre autres, à vérifier la date de validité des denrées périssables, la composition du produit afin de détecter les ingrédients qui seraient susceptibles de provoquer des intoxications ou des intolérances chez les consommateurs. «Il faut faire tout d'abord attention aux produits qui contiennent des composants chimiques, et à ceux qui peuvent véhiculer des bactéries ou des virus responsables de maladies», explique M. Ourghami.
«Le jeûne présenterait des vertus incontestables pour la santé.» C'est ce qu'a affirmé M. Tahar Gharbi, responsable auprès de l'Institut de nutrition, «dès lors que l'appareil digestif aurait besoin d'un temps de repos», observe M. Gharbi. Il faut, toutefois, savoir jeûner de façon raisonnable et ne pas se laisser aller à des excès. L'intervenant a notamment mis l'accent sur la nécessité d'observer un comportement alimentaire responsable basé sur l'adoption d'un régime équilibré en glucides, protides et lipides, permettant ainsi d'éviter l'apparition de maladies telles que le diabète ou le cholestérol. «Il faut éviter de consommer avec excès une nourriture trop riche en sucre. Une recherche effectuée par l'Institut de nutrition a montré que 22% de la population souffre d'obésite et 9,6% ont le diabète sucré, dus à une mauvaise hygiène alimentaire».
Evoquant le volet économique de la consommation, M. Mohamed El Ouni, responsable auprès de l'Office du commerce, a, quant à lui, relevé que la consommation au cours du mois de Ramadan augmentait de 30% par rapport à la normale. Afin de faire face à l'augmentation de la demande, l'office procède à la programmation de la production «six à huit mois à l'avance», souligne M. Ouni. «On évalue les besoins pour le mois saint et on programme la production suivant ces besoins». Le responsable de l'office a également affirmé que des stocks étaient constitués afin de faire face à toutes les demandes. «La consommation grimpe en flèche au cours du mois de Ramadan. Nous avons effectué une évaluation l'année dernière. Selon les statistiques, la consommation respective de viande rouge augmente de 59% au cours du mois saint, celle de thon de 200%, celle des oeufs de 78% et celle de poulet de 39%».
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