Mohamed Medjahdi
2 Novembre 2003
Le mois sacré de ramadhan est synonyme de paresse, de relâchement et d'inaction. L'activité économique, tous secteurs confondus, excepté celui de l'alimentaire, stagne, sinon recule d'une manière vertigineuse.Durant la journée, toutes les activités ralentissent.
Ceux qui peuvent se le permettre se réveillent le plus tard possible. La somnolence dévaste la rue et les lieux de travail. Durant ce mois, on assiste à une philosophie tout à fait contraire à l'islam, celle du gaspillage avec une certaine frénésie, et où les économies d'une année s'effritent en quelques jours. Estomac oblige. Pour lui on est prêt à tout. Ce mois sacré est un frein au développement de l'économie nationale du fait que le jeûne n'est pas propice au travail. C'est le mois de la surconsommation, de l'hospitalité, et celui qui valorise plus que jamais le zèle culinaire et l'ardeur ménagère. En effet, le ramadhan ne doit guère être le mois de la paresse et de l'oisiveté. Au contraire, c'est un mois où nous devons être pleins d'énergie et d'activité pour plaire à Dieu le Tout-Puissant. C'est un entraînement et une éducation pour la communauté. Selon certains sages, «ramadhan doit être une saison d'éducation pour promouvoir l'éthique et les bonnes manières. Les gens qui fument ou ceux qui font éclater leur colère prétextant que les autres en sont la raison, ceux-là contredisent l'esprit et la lettre de l'islam [ ] pendant le mois de ramadhan le musulman doit être calme, apaisé et pacifique [ ]»Or, en réalité, rien de tout cela n'est vrai. Les commerçants affichent des prix exorbitants, et les bouchers se sont constitués en mafia de la viande pour frapper fort le pauvre consommateur.
Sur ce sujet, la veille du mois sacré, le prix de la viande a augmenté de 50 DA, soit 600 DA le kg (l'agneau) et 560 DA (le veau). Pour le marché des fruits et légumes, le consommateur ne sait plus à quel saint se vouer face à la pomme de terre à 40 DA et aux carottes à 50 DA. Et que dire des autres produits. «C'est une autre forme de terroriser les consommateurs», diront certains citoyens. Cependant et après une journée corvéable, voilà que juste après le f'tour les rues sont bondées pour des soirées que chacun meuble à sa manière. Dans les cafés, on assiste aux jeux de cartes et de dominos. Les fidèles passent le mois comme il se doit. Ils passent la nuit à la prière dans la pure tradition sunnite. Une vraie catharsis spirituelle et divine ! La population vit les premières journées de ramadhan dans le calme et la sérénité.
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