La Presse (Tunis)

Tunisie: Compétitivité - Forum de Davos : la Tunisie améliore son classement

Jawhar Chatty

2 Novembre 2003


- Seule l'Afrique du Sud nous devance parmi tous les pays arabes et africains

La Tunisie a été classée 33e sur 95 pays sur la base de l'indice de compétitivité liée aux affaires (Business Competitiveness Index), alors qu'elle était classée 32e sur 80 pays seulement l'année dernière. En termes relatifs, cela signifie qu'elle est mieux classée. Seule l'Afrique du Sud nous devance parmi tous les pays arabes et africains. Si cette performance a de quoi nous réjouir et nous conforter dans nos choix de politique économique, il n'en reste pas moins qu'elle est pour ainsi dire logique puisqu'elle est le fruit des réformes économiques globales initiées par le Président Ben Ali. Et puis, chacun sait la grande crédibilité internationale dont jouit la Tunisie. Chacun sait également l'image de marque de la signature tunisienne.

A cet égard, il convient de rappeler que l'accès aux marchés internationaux de capitaux était une performance en soi, puisqu'au début des années 1990-1994, aucun pays arabe ni africain n'avait la possibilité de le faire, ce qui n'a pas manqué de distinguer la Tunisie des pays qui lui sont similaires. C'est ainsi que notre pays a procédé au lancement de cinq Samouraï entre mars 1994 et août 1997 et levé l'équivalent de 1.450 millions de dinars. Ces opérations réussies ont pu faire connaître le risque à l'ensemble des marchés et nous baliser le terrain pour obtenir le grade d'investissement 3B - auprès des deux maisons les plus connues Standard and Poor's et Moody's et l'agence européenne de notation IBCA.

Cela a ouvert à notre pays le marché yankee en 1997 où nous avons levé 400 millions de dollars dont 150 millions à trente ans, et le marché «Euro» en 1999 pour 225 millions d'euros, très réticent à cause de la crise financière asiatique. En 2000, la Tunisie a obtenu l'amélioration de sa notation, ce qui lui a permis de réaliser une opération en yen «Global Samouraï», c'est-à-dire d'une manière concomitante sur le marché japonais et les autres places financières (françaises, allemandes, anglaises et américaines).

Il va sans dire qu'à l'évidence, la réussite de ces opérations n'aura pas été possible sans le rating honorable obtenu par la Tunisie auprès des agences internationales de notation en considération de la bonne santé de ses fondamentaux et de son appréciable risque-pays. Ce qui, il faut le dire, a en outre forcé le respect de la communauté internationale à l'endroit de la Tunisie, c'est la parcimonie et la pertinence avec lesquelles ces sorties sur les marchés financiers internationaux ont été orchestrées.

Une telle crédibilité se trouve de plus adossée et renforcée par un niveau de performances et de compétitivité de l'économie nationale salué par les plus prestigieux observatoires internationaux de l'économie internationale.

Ainsi donc, encore une fois et pour la deuxième année consécutive, la Tunisie progresse dans les palmarès du Forum économique mondial de Davos, et ce, sur le double plan de la compétitivité liée aux affaires et celle liée à la croissance économique (Growth Competitiveness). L'économie tunisienne a été en effet classée 38e sur 102 pays sur la base de l'indice de compétitivité macroéconomique liée à la croissance, alors qu'elle était classée 34e sur 80 pays seulement l'année dernière. Ce qui, encore une fois, en termes relatifs, traduit une progression. A ce niveau, elle devance même l'Afrique du Sud et la Chine. C'est à l'évidence une consécration des performances de l'économique nationale, un satisfecit, et pour nous tous un réel motif de fierté légitime.

D'autant plus légitime que notre pays a réussi, durant ces dernières années, à mettre en oeuvre des politiques adaptées et faire preuve d'une capacité à faire face aux exigences d'une conjoncture économique internationale pour le moins difficile.

Les performances de l'économie tunisienne reconnues par la communauté internationale ont été en effet le résultat d'une stratégie résolue s'inscrivant dans la voie de la libéralisation économique et financière. Certains indicateurs attestent de ces performances : l'économie nationale a pu enregistrer un taux de croissance économique de 5,2% en moyenne durant la période 1997-2001, et malgré la conjonction de plusieurs facteurs défavorables, une croissance positive de 1,7% en 2002. Il est en outre attendu que la croissance renoue en 2003 avec des niveaux supérieurs à 5,5%. C'est ainsi également que l'inflation et le déficit courant ont été contenus au cours des huit premiers mois de l'année 2003 dans les limites de 2% et 1,5% respectivement, alors qu'il est prévu que le revenu moyen par habitant actuellement de 3.083 dinars, atteigne 3.318 dinars en 2003. Dans le même sillage, et en dépit du fléchissement de son activité en 2002 en rapport avec le contexte international difficile, le secteur bancaire a pu préserver les fondamentaux de sa situation financière et poursuivre son programme de restructuration et modernisation.

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La poursuite des réformes structurelles a, par ailleurs, le mérite, en s'adaptant et répondant aux exigences d'une économie de marché de plus en plus ouverte sur l'extérieur, de conférer toujours davantage de souplesse à l'évolution de l'économie réelle par l'accroissement de la marge de manoeuvre des agents économiques. Condition essentielle, comme chacun le sait, de la compétitivité économique.

La place de choix qu'occupe l'économie tunisienne dans l'économie mondiale traduit, si besoin est, la justesse et la perspicacité des choix de la politique économique de notre pays. Des choix, qui plus est, consacrent les principes de gradualité, de progressivité, d'anticipation et de prospective. C'est à cette approche graduelle - dont l'ambition est de faire accéder la Tunisie au rang de pays développé - que l'on doit la consolidation et la progression du capital-confiance en notre économie.

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