3 Novembre 2003
interview
- Qu'est-ce que la direction des travaux géographiques et cartographiques et quel est son rôle ?
La direction des travaux géographiques et cartographiques est une structure du Ministère des Infrastructures, de l'Équipement et des Transports qui en charge l'application de la politique de l'Etat en matière de cartographie de base.
Cela veut dire l'équipement géodésique, les couvertures photographiques aériennes, la cartographie de base du territoire national ainsi que l'archivage et le suivi de tous ces produits avec l'introduction des nouvelles technologies dans le domaine avec les systèmes de positionnement au sol GPS, l'exploitation des images satellites en plus des photographies aériennes et la création de base de données topographiques.
- Qu'est-ce que les SIG peuvent apporter à votre structure ?
Une innovation très intéressante. Auparavant, on résonnait en termes de cartographie papier, analogue. Donc l'information n'existait que sur papier. Avec l'introduction de l'ordinateur, des bases de données et des logiciels des SIG, nous avons des renseignements qui sont derrière les objets. Ce qui confère une certaine pertinence et une dimension nouvelle d'analyse spatiale. Si nous prenons l'exemple d'une route, avant, elle est tracée sur la carte et l'information s'arrêtait là. C'est une route nationale ou départementale. Maintenant, avec les SIG et les bases de données, en plus de l'information et de la position sur le plan spatial, derrière, nous avons des renseignements dits attributs que nous pouvons décliner en termes de caractéristiques de la route : la largeur, la nature du revêtement, l'année de création, les différentes interventions sur la route, son rang, etc. On s'aperçoit ainsi de la pertinence de ce type d'information. C'est qui est une révolution en termes d'analyse spatiale et de gestion de l'information.
- Quel est l'apport de cet atelier ?
Le Sénégal connaît une avancée très significative par rapport aux équipements en direction de la modernisation du secteur de l'information géographique en général. La DTGC a fait un effort important de modernisation de sa cartographie avec l'appui de la coopération française et de la coopération japonaise. Toutes les données sont maintenant disponibles en version numérique sur CD ROM. Elle bénéficie de GPS, appareils de localisation et de mesure de précision. Les autres structures comme le Centre de Suivi Écologique, la Direction de l'Aménagement du Territoire (DAT), la direction du Cadastre, l'Urbanisme, le Service de gestion et de planification en Eau, etc, toutes ces structures sont équipées avec des outillages très modernes pour la collecte, le traitement et la diffusion de l'information à référence spatiale. Avec les images satellites et les SIG, le Sénégal est bien en avance dans ce domaine d'activité. Ce qu'il faut, c'est que les différents acteurs se mettent ensemble en direction de la mise en place d'un cadre de concertation pour éviter des redondances, avoir une superposabilité de l'information et définir les besoins en mettant en place une stratégie nationale en la matière. C'est le but de cet atelier.
- Que fait votre structure et par-delà votre département de tutelle face à la détérioration de nos routes ?
Le ministère des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports est membre de la cellule de crise qui s'occupe de l'aspect des routes. C'est un phénomène sur lequel interfèrent d'autres facteurs, notamment climatiques. Également pour les questions de sécurité, le ministère de l'Intérieur coordonne. Par rapport à notre ministère qui est responsable en matière de route, il y a une stratégie en la matière qui consiste, avant le début des pluies, de faire le diagnostic de la situation, de voir les ouvrages et leur calibrage, les travaux à exécuter, etc. Malgré cela, par rapport aux péjorations climatiques et aux pluies diluviennes, il arrive qu'avec les quantités d'eau charriées, la capacité des ouvrages soit dépassée. Ce qui entraîne souvent des dégâts importants. Maintenant, des mesures préventives sont en train d'être prises. Nous ne pourrons pas trop nous avancer là-dessus, nos collègues de l'AATR (Agence autonome des travaux routiers) et de la DTP (direction des travaux pratiques) étant plus compétents à le faire. Concernant la cartographie, le ministère a donné des instructions. Nous sommes en train de mettre en place une base de données routières. Déjà, des produits sont sortis. Ils concernent la cartographie routière au Sénégal et la situation de ce qui est programme de route.
- Avez-vous les moyens financiers et humains de votre mission ?
Nous sommes dans le contexte de pays en développement. Il est vrai que par rapport à nos ambitions, on n'a pas toujours les moyens qu'il faut. Mais l'Etat a consenti des efforts très importants dans le cadre des budgets d'investissement. Notre direction a bénéficié d'un bâtiment dans le cadre du BCI aujourd'hui fonctionnel. Nous avons aussi en chantier un complément d'équipements. Nos partenaires au développement que sont l'Agence française de la coopération (AFD), l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et l'Union Européenne (UE) sont en train de nous appuyer pour un projet de mise à jour de toute la cartographie du Sénégal sur 200 millième. Donc nous ne nous plaignons pas, mais il est vrai que par rapport à nos ambitions, nous avons toujours besoin de plus de moyens pour mieux remplir notre mission.
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