Jean-Denis Permal
3 Novembre 2003
Port Louis — "Ceux qui nous ont trahi en donnant le pouvoir politique à ceux qui ont le pouvoir économique devront en répondre devant l'histoire. La lutte continue. Comme le dit Martin Luther King, We shall overcome ." Ceux présents au collège Idéal à Rivière-du-Rempart, hier, ont vivement applaudi ces paroles de Navin Ramgoolam, le leader du Parti travailliste (PTr).
Une centaine de partisans du PTr ont fait le déplacement pour écouter les messages d'historiens et de dirigeants rouges à l'occasion du 169e anniversaire de l'arrivée des premiers immigrants indiens à Maurice. Navin Ramgoolam a comparé la lutte de Martin Luther King en Amérique à celle des misères des travailleurs engagés à Maurice.
Selon le leader du PTr, le pays a pu obtenir l'indépendance grâce à une alliance avec l'Independent Forward Block (IFB) et le PTr. "Zordi c'est ki pé arrivé, c'est convergence politique ek économique", déclare-t-il. Il affirme d'ailleurs ne pas être le seul à l'avoir constaté. En effet, le syndicaliste Jack Bizlall en a parlé dans une interview : "Nous avons un gouvernement qui est à la solde des quinze familles possédantes."
"Quand mo dire éna trahison, zot dire mo communal. Mai éna trahison et bizin largue sa trahison là", a-t-il ajouté. Navin Ramgoolam a évoqué la déclaration faite par Pravind Jugnauth lors de la célébration de l'Andra Day, selon laquelle certains sont contre la création des centres culturels. Il n'a pas approuvé le fait que ce dernier profite de l'occasion pour faire de la politique. "Je le répète. Je suis contre la balkanisation des communautés mauriciennes, car ce qui nous importe, ce n'est pas notre intérêt personnel mais celui de toute la population", dit-il.
D'autre part, il a fait allusion aux livres spirituels de l'Inde millénaire qui affirment qu'il y a plusieurs étapes dans la vie. "Ici, certains politiciens semblent faire fi de la valeur de l'hindouisme en changeant d'étapes pour faire durer la fortune et la dynastie." Il a affirmé que ce n'est pas le cas pour les membres de l'opposition car ils ont des convictions. C'est ainsi qu'il leur a demandé de voter pour Rajesh Jeetah. "Bizin vot massif pour donne zot ène baté condiré."
Ramnath Jeetah, le père du candidat de l'alliance PTr-PMXD, à la partielle du n° 7, a ajouté que l'IFB travaillera en étroite collaboration avec le PTr pour remporter une victoire à la partielle de Pition-Rivière du Rempart. Il a aussi fustigé ceux qui ont fait des déclarations à son encontre depuis que son fils s'est porté candidat. "Ena missié Pravind dire, le plis grand vendeur, c'est moi. Abé ki mo fine vandé, so papa ?" a-t-il demandé, faisant rire la foule. Il a alors parlé du Premier ministre. "Paul ti bon camarade are moi, zordi li traite moi hyporcrite. Ki hypocrite ? IFB là ti pou so papa sa ? Mo dimane ou ene bon coup de main après nous célébrer vrai l'indépendance de l'île Maurice."
Le député James Burty David, quant à lui, estime que commémorer l'arrivée des premiers immigrants indiens à Maurice une seule fois l'an est un drame.
D'autres personnes sont intervenues, à l'instar de Permanand Jeerakhan, président de l'Arya Ravived Parachini Sabha, des historiens, Norbert Benoît et Yacoob Ganty. Ils ont beaucoup parlé de l'arrivée des premiers immigrants indiens. Norbert Benoît a remis en avant la date du 2 novembre comme étant l'arrivée des premiers immigrants et l'Aapravasi Ghat comme lieu de descente des premiers immigrants indiens. Permanand Jeerakhan a, lui, parlé de la misère des laboureurs indiens dans les champs. Yacoob Ghanty a mis en garde contre le danger d'un changement dans "l'orbite d'une culture". Un sketch sur la misère des ouvriers engagés a été présenté par le Triveni Kalamandir de Triolet.
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