Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Economie: la Belgolaise en mariage de raison avec la Bank Of Africa

Fidele Musangu

3 Novembre 2003


Kinshasa — Considérée comme la tête de pont au Congo de la Banque BELGOLAISE, la B.C.D.C. repose sur un réseau bancaire panafricain et européen très performant, a déclaré Mr Henri LALOUX, président du Comité de direction et Administrateur Délégué de cette banque qui a vu le jour à Matadi et à lubumbashi en 1909 sous l'appellation"Banque du Congo Belge".

A cette époque, a signalé le président du Comité de direction, cette banque a bénéficié d'un privilège rare de l'émission de billets de banque au porteur, privilège qu'elle va conserver pendant plus de 40 ans.

Entouré de M.M. Tshilengi, Roger Nkema Liloo et Kalambayi respectivement administrateur délégué adjoint, président du Conseil d'administration et directeur juridique de la B.C.D.C.,Mr Laloux qui tenait, le vendredi dernier au siège social, une conférence de presse a informé l'assistance du protocole d'accord conclu entre la Belgolaise et la Bank Of Africa. La Belgolaise, maison mère de la B.C.D.C., devrait prendre une participation de 20% dans le capital de AFICAN FINANCIAL HOLDING, actionnaire de référence du groupe BANK OF AFRICA dans le courant de l'année prochaine, a-t-il indiqué. En contrepartie,il est prévu le transfert de quatre banques du réseau BELGOLAISE au Groupe Bank Of Africa. Ces banques sont la BIA-TOGO, The Trust Bank du Ghana, l'Allied Bank International de et l'Eurafrican Bank de la Tanzania. Bien entendu, ces opérations ne seront effectuées que sous l'autorisation des tutelles de ces banques, a noté Mr Laloux. De ce fait, ces banques vont alors exercer leurs activités sous la dénomination de Bank Of Africa.

La Belgolaise qui est une filiale à 100% du groupe FORTIS, la première banque au Bénélux et un acteur très important en Europe est une banque totalement dédiée à l'Afrique subsaharienne à travers un réseau de 12 implantations. Présente à Bruxelles, Londres et Paris, la maison mère de la B.C.D.C. profitera de cette alliance pour percer dans les 6 pays de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine(UEMOA) ainsi qu'à Madagascar.

Quel est l'intérêt de la B.C.D.C. dans cette alliance? Mr Laloux a immédiatement remis les pendules à l'heure en rappelant qu'en sa qualité de membre du groupe Belgolaise, la B.C.D.C. va ainsi faire partie d'un réseau international où elle va bénéficier des connexions bancaires avec le monde entier. Le fait de pouvoir acheter des produits bancaires par un grand nombre d'entités permet d'en réduire le prix et de partager les expériences pour leurs implantations, a-t-il noté. Ainsi donc, la B.C.D.C. va fructifier ses produits bancaires et services de qualité dans les divers domaines où elle s'est spécialisée au Congo. Notamment, le financement de l'import-export, les opérations documentaires et de change, les transactions en devises, la gestion des flux de trésorerie, les paiements locaux, les transferts internationaux, la gestion des comptes courants à vue et à terme, les encaissements et ramassage de fonds, la messagerie financière, les domiciliations et mises à disposition.

Ci-dessous l'interview qu'a accordée Mr Henri Laloux

1. Quelle est la portée de l'alliance passée entre les Groupes BANK OF AFRICA et BELGOLAISE ?

Henri Laloux :

C'est une alliance stratégique qui va dans le sens d'une Afrique qui veut promouvoir sa place dans l'économie mondiale.

Créée au Congo en 1909, la BELGOLAISE est aujourd'hui la seule banque européenne totalement dédiée à l'Afrique. Présente à Bruxelles, Paris et Londres, elle opère en Afrique subsaharienne via un réseau de 12 implantations et est filiale à 100% de Fortis Banque, première banque du Benelux et acteur bancaire significatif en Europe.

Le Groupe BANK OF AFRICA, dont l'histoire commence en 1982 au Mali, opère aujourd'hui à travers un réseau de banques commerciales dans 6 pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ainsi qu'à Madagascar. Le Groupe BANK OF AFRICA est également actif dans les domaines de l'assurance, du crédit-bail et du courtage en bourse.

C'est forts de leur complémentarité que ces deux Groupes ont décidé de conclure une alliance stratégique.

Ils veulent unir leurs efforts pour permettre un développement harmonieux de leurs réseaux à leurs clients, tant africains qu'européens, un accès à une large couverture géographique sur les deux continents. Tout en préservant leurs identités respectives, ainsi que les liens et les orientations qui caractérisent chacun des deux réseaux, ils pourront proposer une gamme élargie de produits communs, notamment dans les domaines de la monétique et de la banque sur Internet, et développer des synergies organisationnelles, particulièrement dans le domaine de l'informatique.

2. Cette alliance a-t-elle touché l'actionnariat respectif de chaque Groupe?

Henri Laloux :

Pour renforcer cette alliance, les deux Groupes vont nouer entre eux des liens d'actionnariat. Dans le courant de l'année 2004, la BELGOLAISE devrait prendre une participation maximale de 20% dans le capital de AFRICAN FINANCIAL HOLDING, actionnaire de référence du Groupe BANK OF AFRICA .

Il est prévu en contrepartie, au cours de la même période, le transfert de quatre banques du réseau BELGOLAISE au Groupe BANK OF AFRICA. Sous réserve de l'autorisation des Autorités de tutelle concernées et de leurs organes de gestion respectifs, les quatre banques réseau BELGOLAISE qui intégreront celui du Groupe BANK OF AFRICA sont la BIA- Togo, The Trust Bank (Ghana), l'Allied Bank International (Uganda) et l'Eurafrican Bank (Tanzania). Elles exerceront alors leurs activités sous la dénomination de BANK OF AFRICA.

3. Quel est l'intérêt de la BCDC et de la RDC dans cette alliance?

Henri Laloux : La Banque Commerciale du Congo fait partie du Groupe BELGOLAISE. Grâce à cette appartenance, la Banque bénéficie de l'appui d'un groupe bancaire totalement dédicacé en Afrique, de son soutien sur le plan financier et de son expertise juridique, technique et organisationnel.

La mise en place de nouveaux produits bancaires nécessite parfois des investissements coûteux. Le fait de pouvoir acheter ces produits par un grand nombre d'entités permet d'en réduire fortement le prix et de partager les expériences pour leurs implantations.

Pour la République Démocratique du Congo, le fait d'avoir une banque faisant partie d'un réseau international apportera des connexions bancaires avec le monde entier.

Un secteur bancaire fort avec à sa tête une banque qui prône la bonne gouvernance et l'éthique des affaires aidera le redémarrage de l'économie du pays.

4. Comment la BCDC se porte-t-elle dans l'environnement national où le circuit bancaire est en crise?

Henri Laloux : L'activité bancaire dans son ensemble s'est nettement contractée non seulement à cause de la crise économique qui a longtemps sévi dans le pays mais encore par la persistance des caractéristiques de son environnement financier.

Dans ce contexte, la BCDC vise l'amélioration de la qualité des services rendus à ses clients, par la rigueur et la rapidité dans le traitement de leurs opérations et dans le strict respect de la déontologie bancaire et de l'éthique des affaires.

Cette ligne de conduite lui permet de rester leader sur son marché malgré la persistance d'un contexte macro-économique difficile.

5. Comment la BCDC a-t-elle exécuté son programme de restructuration autorisée par le Gouvernement et quels en sont les résultats?

Henri Laloux : La Banque a exécuté son programme de restructuration sur base d'un business plan accepté par le COREBAC, l'organe de la Banque Centrale du Congo qui valide les plans de restructuration des banques. Ce programme a été exécuté avec le strict respect du Décret-loi autorisant le secteur bancaire à se restructurer.

La persistance d'un contexte macro-économique difficile ainsi que des caractéristiques spécifiques de son environnement financier n'a pas permis à la Banque d'atteindre tous les objectifs définis dans son plan de restructuration.

C'est pourquoi elle a obtenu d'être maintenue sous le régime spécial de restructuration.

6. Avec la réunification du Pays, quelles sont les stratégies que la BCDC a montées pour la reprise sous son contrôle des agences situées dans les territoires anciennement occupés?

Henri Laloux: Avec la réunification, la BCDC s'attèle d'abord à dresser l'état des lieux. A cet effet, des missions ont été envoyées respectivement à Goma, Bukavu et Kisangani pour examiner la situation des hommes et du matériel, la situation comptable ainsi que les conditions de sécurité.

Dès à présent, il a été décidé de redémarrer Goma et Bukavu à partir du 10 novembre et Kisangani par la suite.

7. Quel est l'apport de la BCDC dans la vie économique de notre Pays?

Henri Laloux : La BCDC a été constituée en 1909 à Bruxelles en vue de promouvoir le développement économique de la colonie belge. Elle a exercé, à la fois, de 1911 à 1952, le rôle d'Institut d'Emission et de banque commerciale privée.

La Banque Commerciale du Congo est le premier intermédiaire financier du pays. A titre d'exemple, dès 1909, elle recevait déjà des dépôts de ses premiers clients au moyen desquels elle accordait des prêts à d'autres clients.

Si la banque n'était pas implantée à cette époque, il aurait été extrêmement difficile à ses pionniers entrepreneurs d'assurer sans financement bancaire, la couverture de leur cycle d'exploitation.

La Banque Commerciale du Congo en exerçant le rôle d'intermédiaire financier d'une manière non discontinue, constitue un des socles sur lesquels a été bâti le développement économique de ce pays notamment par le financement des cycles de production des produits agro-industriels tels que le café, l'huile de palme, le bois, le caoutchouc,.

Elle est l'une des rares sociétés fondées à l'époque du Roi Léopold Il encore en activité et qui va commémorer son centenaire en 2009.

8. Comment évolue votre partenariat avec WESTERN UNION FINANCIAL SERVICES?

Henri Laloux : C'est en janvier 2001 que la BCDC et la société de droit américain WESTERN UNION FINANCIAL SERVICES ont passé un contrat de mandat international ayant pour objet des transferts de fonds.

Depuis lors, la BCDC s'affiche davantage sur ce marché grâce à l'expérience, la rapidité et la sécurité dont elle entoure les transferts auprès de ses guichets WESTERN UNION.

A ce jour, la BCDC s'appuie sur un réseau important d'agences dont 5 à Kinshasa (siège, Matonge, Marché Central, Ndjili et Bandal) et 4 en Provinces (Lubumbashi, Mbujimayi, Kananga et Matadi).

L'expansion de son réseau continue: l'Agence du Marché de la Liberté ouvrira ses guichets vers la fin novembre. Un guichet Western Union Sera installé à Goma, Bukavu et Kisangani, lors du redémarrage des activités de ces agences.

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