Fraternité Matin (Abidjan)
Elvis Kodjo
4 Novembre 2003
Abidjan — Les infirmiers, sages-femmes et techniciens supérieurs de la santé qui constituent le plus gros contingent des agents de santé à redéployer observent avec inquiétude et amertume la non prise en compte de leurs préoccupations et intérêts les plus élémentaires dans ce programme".
Voilà ainsi énoncées les raisons de la conférence de presse tenue vendredi dernier à la résidence Ohinéné aux Deux-Plateaux par le Collectif des syndicats des infirmiers, sages-femmes et techniciens supérieurs de la santé.
Cette conférence de presse avait pour objet, d'une part, de " réagir vigoureusement face au blocage manifeste dans la mise en œuvre du protocole d'accord du 12 juillet 2002", d'autre part, de dénoncer la "dévaluation des mesures d'accompagnement du redéploiement des agents de santé" arrêtées par l'atelier tenu le mois dernier à Grand-Bassam. Ledit atelier avait estimé à 19 milliards de francs l'enveloppe nécessaire à ce redéploiement. Les données de cet atelier discutées avec les bailleurs de fonds et présentées au Chef de l'Etat ont subi de grandes modifications et remodelages qui ont dépouillé le protocole de tout son contenu substantiel, déplore le Collectif. La nouvelle grille présent comme le choix du Chef de l'Etat, dénonce le Collectif, n'est autre que la proposition du cabinet contenu dans les documents de base de l'atelier. "Cette mascarade, s'insurge le Collectif, va briser le caractère consensuel qui devrait autoriser le redéploiement et démobiliser et démotiver tous les agents qui auraient bien souhaité (retourner à leurs postes) par conscience professionnelle".
Sur le protocole d'accord du 12 juillet 2002 portant octroi d'une indemnité de risque forfaitaire et d'une indemnité de sujétion et le reclassement du diplôme d'Etat en A2, le Collectif fait observer avec regret que le ministère d'Etat, ministère de la Santé et de la Population, qu'il a été mis en veilleuse au profit du programme de redéploiement du personnel de santé. Et ce, diront les animateurs de la conférence de presse, en dépit de la " bonne foi " du Collectif qui s'est traduite par l'acceptation de différer les effets financiers dudit protocole jusqu'en avril 2004 au lieu d'avril 2003 comme initialement prévu.
La non prise en compte de ce consensus et la dévaluation volontaire des mesures de l'atelier de Grand-Bassam, conclut le Collectif, "mettent en péril le programme de redéploiement des infirmiers, sages-femmes et techniciens supérieurs de santé et (leur) motivation à travailler". Et ils entendent "prendre leurs responsabilités" samedi prochain au cours d'une assemblée générale extraordinaire.
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