Propos recueillis par Kisselminan Coulibaly
4 Novembre 2003
interview
Le Comité international de la Jeunesse pour la Promotion de l'Initiative Privée (CIPIP) s'est réuni au mois d'octobre, à l'IIAO de Grand-Bassam pour un colloque africain auquel ont participé plusieurs pays. Dans cet entretien, le président du Conseil d'administration du CIPIP, Hervé Gbadouo, dresse le bilan du colloque de Grand-Bassam et dégage les activités à venir du CIPIP.
M. Hervé Gbadouo, récemment le CIPIP que vous dirigez a organisé à l'IIAO de Grand-Bassam un colloque international de la Jeunesse autour du thème : "Le renforcement des capacités d'entreprendre des jeunes en Afrique". Quel bilan faites-vous de ce colloque ?
Le colloque que nous avons organisé a vu la participation effective de 9 pays du continent. Ce colloque était placé sous le haut patronage de son Excellence M. Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d'Ivoire. Le bilan au lendemain de ce colloque reste appréciable dans le contexte actuel de notre pays. Dans le cadre des ateliers de réflexion, les délégués ont fait des recommandations pertinentes qui seront bientôt publiées à travers un mémorandum. Quant aux séminaires de formation assurés par des experts ivoiriens et étrangers, ils ont satisfait aux attentes des participants. Le concours du meilleur projet de création d'entreprise a connu un engouement auprès des jeunes. Nous ne pouvons que nous satisfaire de la réalisation de ce colloque en terre ivoirienne au moment où l'image diffusée de la Côte d'Ivoire à l'extérieur est peu reluisante, en parfaite contradiction avec la réalité.
Pourriez-vous présenter votre structure ?
Le CIPIP est né en juin 2002 et s'est assigné pour objectifs de lutter contre le chômage par l'incitation de la jeunesse à la création de richesses, donc à l'action entrepreunariale. Ensuite le CIPIP veut contribuer à rendre compétitives les microentreprises et les PME ivoiriennes et africaines par l'incitation à la qualité et à l'innovation. Enfin promouvoir l'investissement privé sur le continent et particulièrement en Côte d'Ivoire par l'identification et la promotion des opportunités d'affaires.
Qu'est-ce qui a motivé la création du CIPIP ?
Nos motivations découlent de plusieurs réalités objectives. D'abord le marché de l'emploi est désormais saturé et l'Etat ne peut plus satisfaire à l'embauche de tous ses jeunes diplômés. Ensuite nous observons que ceux qui ont la chance d'avoir un emploi salarié n'envisagent pas toujours d'épargner ou d'investir dans des activités génératrices de revenus. Il faut les encourager à créer leurs propres affaires parallèlement à leur emploi-salarié. Nous demeurons convaincus que le continent et plus encore la Côte d'Ivoire est un chantier si vaste à défricher que toutes les opportunités d'affaires doivent être prospectées et que les africains doivent s'approprier leur propre économie. Nous sensibilisons donc la jeunesse sur la nécessité de s'investir activement à réhabiliter le continent par son imagination, son esprit de créativité et son abnégation au travail. Aujourd'hui nous sommes fiers de contribuer à l'effectivité d'un aspect du programme de gouvernement du Président de la République qui encourage la jeunesse à l'auto-emploi.
Qui peut adhérer au CIPIP ?
Le CIPIP est ouvert à tous les jeunes qui s'intéressent à l'entrepreunariat. Il est ouvert aux jeunes déscolarisés, sans emploi, aux élèves et étudiants, aux diplômés et jeunes cadres sans distinction de nationalité ni d'appartenance politique.
Quelles sont les perspectives du CIPIP ?
A court terme, nous voulons finaliser et formaliser le mémorandum du colloque. Ensuite, une tournée africaine sera organisée pour sensibiliser les autorités politiques sur les recommandations du colloque. Naturellement, nous remettrons officiellement les actes du colloque au chef de l'Etat ivoirien avant toute démarche. Les pays ayant participé au colloque ont souhaité créer des sections du CIPIP dans leurs pays respectifs. Nous les y aiderons à compter de janvier 2004. Nous organiserons prochainement un salon regroupant les jeunes inventeurs et créateurs d'entreprises du continent puis une campagne nationale de sensibilisation à l'auto-emploi dénommée "la conquête du nouveau monde".
Une telle entreprise ne peut se faire sans difficultés
Nos difficultés sont d'abord institutionnelles. Les structures étatiques ne s'engagent pas efficacement aux côtés des jeunes dans la recherche de solutions aux problèmes de développement. Ensuite le financement. Dans la préparation du colloque, nous avons agi sur fonds propres. Nous remercions M. Kuyo Téa Narcisse, chef de cabinet du Président de la République qui nous a soutenus dans la prise en charge des participants au colloque. Pour nos actions à venir, nous avons besoin de moyens financier, logistique, matériel. Je voudrais lancer un appel à nos aînés dans le conflit de génération qui semble s'installer dans nos rapports. Nous leur demandons de faire confiance à la jeunesse et de la soutenir. Nous avons pour nous l'imagination, la créativité, le dynamisme mais pas toujours les moyens financiers. Nous avons besoin de leur apport.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.