Par Samir AYADI (écrivain)
4 Novembre 2003
La ferveur avec laquelle nous célébrons le XVIe anniversaire du Changement traduit certainement, en plus de notre bien-être dans cette Tunisie nouvelle, la confiance de tout un peuple en la réussite de son modèle de développement et l'assurance de toute une nation quant aux perspectives de son avenir. Sans doute est-ce là une affirmation qui interpelle l'attention de l'histoire.
Depuis l'aube de cette ère nouvelle amorcée le 7 novembre 1987 grâce à la clairvoyance et à la perspicacité d'un leader dévoué, avec le charisme qu'on lui reconnaît, à sauvegarder les idéaux pérennes de sa patrie, le Changement, action salvatrice menée avec diligence, civisme et civilité et saluée par toutes les instances nationales et internationales, n'a-t-il pas engagé de nouvelles régulations qui, avec célérité, pragmatisme, ambition et intelligence multiplient, d'année en année, les prouesses dans tous les domaines ?
Certes, la liesse, sincère et spontanée, suscitée par ce qui a constitué l'amorce de la République de demain, ne nous fait pas perdre de vue que toute réalité nouvelle implique - sans crainte - des attentes nouvelles, voire des questions fondamentales auxquelles - disons-le de suite - le Président Zine El Abidine Ben Ali, artisan du Changement et concepteur du nouveau destin, a apporté des réponses et des garanties avant même qu'elles ne fussent induites par la franchise loyale de son peuple. Favoriser la résurrection de l'espoir, c'est humaniser d'abord, et c'est tenir compte d'un important facteur de civilisation : sceller avec le droit d'existence et le devoir de durer un pacte garantissant la sûreté de l'avenir !
Sans doute est-ce là une préoccupation qui ne trouble guère le sommeil du citoyen désormais serein et confiant. Aussi faut-il insister, dans un cadre réfléchi, sur le développement et l'amplification, dans une parfaite synchronisation, des nouvelles conquêtes et des nouveaux vecteurs de l'émulation de toute une nation vers l'excellence.
Seize ans après, et plus que jamais, la vertu d'une force tranquille, ce pouvoir magnifique nous mène à la perfection morale par une patiente pratique d'une évolution, d'une révolution à la fois économique, sociale et culturelle.
Le salut de l'homme et de son âme ne passe-t-il pas par une formation longue et ardue de choses de l'esprit, capables de l'induire dans le discernement de ce qui est son droit et de ce qui est son devoir ?
A l'affût de la vérité, l'écrivain, qu'il soit poète ou journaliste, apporte son témoignage sans appel ni conteste. Hier comme aujourd'hui, il nous affirme pour le besoin de garder en mémoire l'absolue démonstration en si peu de mots : en faisant de l'interdépendance entre le développement intégral et la démocratie un credo politique pour une meilleure consécration des attributs de l'Etat de droit et des droits de l'homme, en réhabilitant les valeurs de travail et d'effort, en revalorisant les traditions de la solidarité et de l'entraide entre les citoyens, en oeuvrant à édifier une société civile dynamique, ouverte et tolérante qui bannit la violence, l'extrémisme et le despotisme, en accordant à la femme plus de dignité et de responsabilité, à la jeunesse plus de confiance en soi et de hardiesse dans l'effort de se créer son propre sort, à l'entreprise plus d'attention et de doléances, en libérant les énergies créatrices et les initiatives productives des contraintes et blocages désuets, en soutenant les poètes, artistes, intellectuels et producteurs culturels dans leur tâche escarpée dans la prospection des nouveaux rivages de l'imagination, de la recherche et de l'émancipation des valeurs du beau, du vrai et de l'équité, et - par-dessus tout - en élevant avec les uns et les autres l'intérêt de la Tunisie au-dessus de toute considération circonstancielle ou partisane , le Président Ben Ali a, de fait, fourni à la communauté nationale, outre les facultés de ses ambitions légitimes, les atouts nécessaires et indispensables pour entamer dans la sérénité et l'assurance, et malgré l'ampleur des défis de la conjoncture internationale - tant au niveau économique que sur le plan politique et culturel - une nouvelle ère de prospérité, de stabilité et de labeur, donc dans l'assiduité pour l'excellence
Ainsi appréhendés, le Changement, sa philosophie et sa praxis du développement intégral, son action à tous les égards, resplendissent de leur mouvement et de leur lutte vive et inspirée contre toute inertie.
L'oeuvre est grande, incommensurable et franchement loyale.
D'abord ! D'abord ! gagner le pari économique et social. Voilà donc réalisée une réussite économique que bon nombre d'analystes qualifient de «miracle» : croissance soutenue, maîtrise du déficit budgétaire et de l'inflation, baisse de la dette extérieure, accroissement des exportations et drainage d'investissements directs étrangers sont autant de résultats probants atteints en si peu de temps et malgré une conjoncture mondiale récessive.
Mais s'il est dit que rien ne peut se faire de salutaire sans la prospérité économique, l'acquisition des connaissances et la maîtrise des sciences et des technologies ne sont pas moins promues en tant que garants d'une société du savoir et de l'accomplissement des idéaux et des desseins les plus insoupçonnables. L'éducation, l'enseignement à tous les niveaux et par tous les moyens, mais aussi le combat mené contre l'analphabétisme témoignent - si besoin est - de la finalité de toute l'oeuvre du Changement : miser sur l'homme et sur ses capacités d'apprendre à modeler son propre destin et celui de sa nation, aujourd'hui et demain. Et puis «l'intérêt porté à la solidarité qui procède [ ] des implications de la République dès lors qu'elle consolide l'égalité des chances sans discrimination aucune entre les citoyens», n'a-t-il pas transformé et le paysage, rural et urbain et les mentalités autrefois discriminatoires et insouciantes ? Dans un tel processus humaniste et humanitaire, le Président Ben Ali, dans son programme électoral, n'a-t-il pas proclamé «l'emploi, ma priorité» ?
La démocratie est ainsi en marche. Car le développement qui se fait pour la sublimation de la dignité de l'homme, sa condition matérielle, la promotion de ses connaissances et l'honneur de participer à la vie active en tant qu'acteur au grand rôle dans l'émancipation des idées et la prolifération des produits, renforcent indiscutablement les assises de la démocratie. Et si l'on devait citer encore les autres axes principaux de la réforme constitutionnelle, dont la procédure référendaire elle-même, la consolidation des droits de l'homme et des libertés publiques, la création d'une seconde chambre dont la composition devra concrétiser une meilleure représentativité des régions et des différentes sensibilités de la société civile, et l'extension des prérogatives du Conseil constitutionnel dont les membres seront aussi neutres qu'indépendants dès lors qu'il s'agira d'émettre des avis ayant un caractère contraignant pour l'ensemble des lois, l'on prendrait aisément conscience de ce balayage des obstacles en vue de faire avancer et d'ancrer davantage la pratique de la liberté.
Deux autres facteurs à ne négliger sous aucun prétexte : l'extension des droits de la femme et la promotion de la culture.
A bien des égards, l'émancipation de la femme tunisienne n'a trouvé sa valeur que dans l'énonciation de l'égalité des chances dans la vie publique, au sein des institutions sociales et des entreprises économiques et - notamment - à l'intérieur des cercles de consultation et des sphères de législation et de décision. Et si aujourd'hui le Président Ben Ali décide de la doter d'une meilleure représentativité dans les conseils municipaux et aussi au sein de la Chambre des Députés, entre autres, c'est parce que, dit-il, «nous avons la ferme conviction que les droits de la femme font partie intégrante des droits de l'homme et qu'il ne peut y avoir de discrimination en Tunisie entre l'homme et la femme» (13 août 2001). Pour l'homme, l'être humain dans son aspiration à la justice et au progrès, la femme émancipée et responsable est, de l'avis de l'Histoire, sans cesse renouvelée et mouvementée, la meilleure garantie de l'avenir !
Un tel développement intégré ne peut être durable si la locomotive nommée «culture» ne carbure que par des voeux pieux et par la gestion de succès sporadiques ou spéculatifs. A peine trois semaines après le quatrième anniversaire du Changement, le Président Ben Ali réunissait un Conseil ministériel qui devait annoncer l'ampleur des réformes à introduire dans le secteur culturel. La mise en marche ne s'est pas fait attendre. La culture, grâce à l'artisan du Changement - et à lui seul - a retrouvé sa crédibilité et ses lettres de noblesse. Bravant les difficultés dues parfois à la carence pécuniaire, une culture libre et de libération continue, a ainsi vu le jour plaçant le Tunisien, où qu'il se trouve, dans une transcendance spirituelle, esthétique et technique dont la vocation est de prédire les contours du visage radieux de la Tunisie de demain !
L'avenir est une terre promise qui se mérite et où n'entrent que ses conquérants. Rien n'est absolument garanti si ce n'est la faculté d'accéder aux résultats concrétisés du Changement !
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