Mohamed Medjahdi
5 Novembre 2003
Dans un environnement où on devait trouver les merveilles de la nature et ces paysages féeriques, on note malheureusement une dégradation ahurissante, à commencer par celle du littoral est et des massifs côtiers humides et sub-humides
Dans les années soixante, 5 millions d'hectares de forêts étaient protégés. Ce patrimoine a malheureusement fait l'objet de multiples agressions qui ont réduit sa superficie, ayant provoqué une régression ou une disparition de nombreuses espèces végétales et animales. Elément essentiel de l'équilibre physique et biologique, il constitue cependant une potentialité socioéconomique indéniable.Selon un document, la disparition d'une bonne partie de la couverture forestière a provoqué un effondrement du système de protection naturelle des sols et a engendré de graves phénomènes érosifs. Pour survivre, les populations, surtout nomades, ont fait subir aux milieux naturels des dégradations multiples, incendies, défrichements, labours sur des écosystèmes fragiles, surpâturage Une sécheresse cyclique prolongée a aggravé cette situation. A travers le document, on devait lire également que le territoire algérien comporte une flore très diversifiée à travers ses étages bioclimatiques allant de l'humide au nord vers le saharien au sud. Concentrée surtout dans le nord du pays, cette flore non cultivée ou forêt est très inégalement répartie sur l'ensemble du territoire. De type essentiellement méditerranéen, donc fragile et sensible, elle est constituée par un certain nombre d'essences étroitement liées au climat et en général peu productives.Dans un environnement où on devait trouver les merveilles de la nature et ces paysages féeriques, on note malheureusement une dégradation ahurissante, à commencer par celle du littoral est et des massifs côtiers humides et sub-humides.
On y trouve les forêts les plus denses de chêne-liège et chêne zen et afares, pour aller voir ensuite les hautes plaines continentales avec les grands massifs de pin d'Alep et de chênes verts. En milieu steppique, l'alfa prédomine l'Atlas saharien jusqu'au Sahara central avec ses forêts reliques et de nombreuses autres espèces endémiques propres au désert africain auxquelles s'ajoutent des éléments méditerranéens et tropicaux. Ainsi, et malgré la politique forestière menée visant la protection et la sauvegarde du patrimoine forestier en vue d'une meilleure valorisation de la sylviculture et de la restauration des sols à vocation forestière les opérations de défrichement continuent à «saboter» notre environnement.La faune algérienne, note le rapport, traverse aujourd'hui une phase de régression caractérisée par des déséquilibres importants. Des animaux sont menacés ou en voie de disparition alors que certaines espèces sont «exagérément» prolifiques. Cette situation est due à l'apparition de plusieurs facteurs défavorables au maintien et au développement de cette richesse biologique dont les plus notables sont caractérisés par l'absence d'un encadrement juridique en adéquation avec la nature et la spécificité de ce patrimoine et d'une stratégie de développement et de préservation du gibier et de la faune sauvage en général.Les séries de mesures d'ordre réglementaire et technique pour redresser cette situation n'ont pas encore permis l'émergence d'une réelle politique de développement cynégétique durable.
L'exercice anarchique de la chasse, la pression d'un braconnage excessif, comme le cas des «émirs du Golfe» qui ont tout détruit, outre un effort d'urbanisation, un épandage excessif des pesticides et, dans une certaine mesure, des facteurs climatiques défavorables, ont heureusement fait prendre conscience aux milieux cynégétiques pour enrayer cette tendance proche de la rupture de l'équilibre de la diversité biologique.Par ses différents étages bioclimatiques (saharien, aride, semi-aride, sub-humide et humide), l'Algérie recèle une faune sauvage très variée qu'on peut différencier en espèces animales non domestiques dont la préservation à l'état naturel et leur multiplication sont d'intérêt national et celles qui ont un caractère cynégétique ou gibier font l'objet d'une exploitation. Les espèces animales non domestiques sont régies par des textes juridiques nationaux ou des conventions internationales pour leur protection et dont la liste des oiseaux, des mammifères et des reptiles est établie et actualisée par l'Agence nationale pour la protection de la nature (ANN). Les espèces cynégétiques font l'objet de textes de loi et d'application en vue de leur exploitation par l'exercice de la chasse ou pour leur préservation lorsqu'elles sont menacées ou en voie de disparition. Parmi ces espèces, le sanglier, le cerf, la perdrix gambra, la caille des blés De nombreuses actions ont été mises en oeuvre pour assurer la préservation et le développement de la faune. A cet effet, un inventaire cynégétique a été réalisé dans le pays, qui a permis l'avènement de l'aménagement cynégétique et la création de nombreuses réserves naturelles, de chasse et de centres cynégétiques. Une loi sur la chasse et l'organisation des chasseurs a été promulguée mais n'a pas apporté les améliorations attendues.Une nouvelle loi sur la préservation de la faune sauvage et l'exploitation raisonnée du cheptel cynégétique est en cours de confection. Elle se base sur la définition d'une nouvelle stratégie nationale de la conservation et du développement durable de la faune sauvage qui devra s'appuyer sur une réelle implication et un partage des responsabilités entre les différents intervenants dans ce secteur. Cependant, beaucoup d'efforts doivent être fournis pour sauver d'une part notre environnement et protéger les espèces en voie de disparition, et un code pastoral rigoureux afin de mettre fin aux différentes opérations de défrichement qui saccagent et détruisent les zones steppiques.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 La Tribune. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.