Karima Mokrani
5 Novembre 2003
Les enseignants affiliés au Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (CNAPEST) sont décidés à poursuivre la protestation jusqu'à ce que le ministère du Travail leur accorde l'agrément et celui de l'Education reconnaisse la légitimité de leur mouvement et de leur organisation.
«La faim et le non retour», scandaient-ils hier lors d'un rassemblement tenu au siège du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES). Le porte-parole du CNAPEST annonce la reconduction de la grève à partir de samedi prochain, le 8 novembre. La proposition a été faite par les sections et a été entérinée par un conseil national représentant 31 wilayas du pays. Le premier représentant du CNAPEST, M. Méziane Meriane, et au nom de toute la base militante, a clairement affirmé hier que «si l'on nous demande de faire le choix entre l'agrément et la plate-forme de revendications, nous n'hésiterons pas à opter pour l'agrément». Autrement dit, même si les trois revendications, notamment celle des salaires, sont satisfaites, la grève du CNAPEST sera maintenue tant que les pouvoirs publics refusent de lui délivrer l'agrément. Il est à noter, à ce propos, qu'une rencontre portant sur la revalorisation des salaires des enseignants est envisagée dans les prochains jours, entre les représentants des pouvoirs publics et ceux des syndicats agréés, à leur tête la FNTE qui doit se prononcer aujourd'hui sur les actions à mener. Rappelons que nombre de sections de la FNTE ont appelé à une grève nationale dans le primaire et le moyen à partir d'aujourd'hui.
Le porte-parole du CNAPEST estime que «cette sortie» inattendue de la FNTE n'a d'autre objectif que de «casser la dynamique de protestation qui prend naissance dans le moyen et le primaire». La forte mobilisation des enseignants du secondaire fait peur», note-t-il. Le conférencier ajoute que la grève de la FNTE, si grève il y aura, ne sera qu'«un moyen de justifier sa représentativité à la table de négociations». Le CNAPEST, confie son porte-parole, reste toutefois convaincu que «la FNTE n'arrachera que des miettes». Interrogé sur les «émissaires» envoyés par la présidence de la République pour débattre d'une éventuelle sortie de crise dans le secteur de l'éducation, M. Mériane affirme n'avoir reçu personne. Bien au contraire, souligne-t-il, «c'est moi qui ai lancé des appels au président de la République pour intervenir. Aucune réponse. La crise est au sommet et non au niveau de la base», déplore-t-il. Le représentant du CNAPEST estime que les propos de Benbouzid («nous n'avons pas d'argent») ne tiennent pas debout : «Le pompeur de Sonatrach touche beaucoup mieux que l'enseignant du secondaire. Sonatrach est publique et les enseignants sont dans la fonction publique. Pourquoi on ne répartit pas l'argent de façon équitable ?», s'interroge-t-il. Interrogé enfin sur le fait que des parties du pouvoir prêtent des intentions politiques au CNAPEST, M. Mériane répond que «nous sommes apolitiques et nous resterons apolitiques. Notre force est dans l'apolitisation de l'organisation. Nous ne participerons à aucun rapport de force, ni politique ni culturel [ ] Notre mouvement de protestation a commencé en octobre 2001 et non à l'approche des élections présidentielles», rappelle-t-il.
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