Charles Bédé
5 Novembre 2003
Les syndicats de l'enseignement privé laïc et confessionnel de Côte d'Ivoire ont mis hier à exécution leur mot d'ordre de grève de 72 heures qu'ils ont annoncé il y a quelques jours.
A Abidjan, la grève a été largement suivie. A Cocody,par exemple, il n'y a pas eu cours au cours secondaire protestant (CSP), au lycée Le Mahou. Idem aux collèges Victor Hugo, Victor Scheolcher, Saint-Bernard d'Adjamé, Sainte foi, René Caillé, Saint-Etienne, Anador, Saint-Joseph d'Abobo. CEPI, IPES, Newton, Sorbonne, aux CSP de Niangon et du camp militaire
Selon M. Soumahoro Vassiriki chargé de communication du collectif des syndicats de l'enseignement privé laïc et confessionnel de Côte d'Ivoire, la grève a également été largement suivie à Gagnoa, Toumodi, Bouaflé, Dimbokro, Agnibilékrou, Yamoussoukro, Sinfra, Divo. Joint hier par téléphone, M. Soumahoro Vassiriki a indiqué que la grève a été suivie à 85 %, sur l'ensemble du territoire.
"C'est une satisfaction totale. Le ministre de l'Education nationale nous a lancé un défi. On a prouvé qu'on pouvait faire quelque chose. Il lui appartient d'en tirer les conséquences."
Notons que tous les enseignants du privé laïc et confessionnel attendent du ministre Amani N'guessan qu'il abroge immédiatement et sans condition la mesure de non-affectation des élèves dans les établissements privés ; qu'il signe immédiatement et sans délai la nouvelle convention du privé laïc ; qu'il applique intégralement les résolutions du séminaire de Grand-Bassam ; que l'Etat aide moralement et matériellement l'ensemble des travailleurs de l'enseignement privé déplacés de guerre.
Dans le préavis de grève de ce collectif, les griefs à l'encontre de M.Amani N'guessan sont nombreux. Son refus, selon ce préavis ,à oeuvrer pour l'avènement d'une nouvelle convention collective du privé laïc. Les grévistes invoquent les conséquences anti-sociales et anti-pédagogiques de la non-affectation d'élèves en classe de 6e et seconde dans le privé (décision prise par le ministre). "Cette mesure jette des milliers de travailleurs de l'enseignements privé à la rue.
Il y a un manque d'assistance sociale du ministère de l'Education nationale aux enseignements du privé déplacés de guerre. Les enseignants déplacés de guerre ont de nombreuses difficultés. Ils subissent les pires humiliations au quotidien. Considérant qu'avec cette mesure du ministre de l'Education nationale, seuls 24 % des enfants ont accès à l'école publique. Et donc 76 % sont des laissés-pour-compte au moment où le chef de l'Etat parle de l'école pour tous. Considérant que cette mesure n'a pas fait l'objet de communication en conseil des ministres et qu'elle n'a pas fait l'objet de concertation avec les différents partenaires du système éducatif.
Considérant les nombreuses conséquences anti-sociales et anti-pédagogiques de cette mesure, à savoir le sacrifice de plus de 300 mille enfants ayant obtenu 10, 11, 12, 13 de moyenne et les surcharges des classes qui en découleront ". Tel, est en partie, libellé du préavis de grève déposé par le collectif des enseignants du privé laïc et confessionnel il y a un peu plus d'une semaine, sur la table du professeur Hubert Oulaye (le ministre de l'emploi et de la Fonction publique).
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