Fraternité Matin (Abidjan)
Douh-L.patrice
5 Novembre 2003
Abidjan — Le Bureau national des victimes et parents des victimes (BNVPV), par la voix de son secrétaire général, M. Hiriahiri, n'est pas du tout content du comportement et des propos tenus par certains des leurs qui, on se rappelle, ont fait capoter, le 24 octobre, la cérémonie commémorative (le 3ème anniversaire) des affrontements qui ont conduit le Chef de l'Etat au pouvoir.
Au cours d'une conférence de presse organisée le mercredi dernier dans un bâtiment annexe du ministère de la Solidarité aux Deux- Plateaux, il a décidé de "rétablir la vérité" et surtout, présenter ses excuses aux autorités politiques, administratives, religieuses et coutumières qui, ce vendredi-là, ont assisté, médusées, aux actes de sabotage d'une association jusque-là inconnue, l'Association des martyrs des événements d'octobre 2000 ou AMERCI.
Honoré Brou, porte-parole de ces jeunes en colère, expliquera avoir fait annuler la cérémonie parce que ses camarades et lui "n'ont pas été associés à la cérémonie alors qu'ils appartiennent à l'AMERCI, regroupant 1.204 victimes dont 234 blessés graves et 32 gros handicaps". Et que "les victimes d'octobre 2000 ont été lésés par le système d'indemnisation mis en place par le ministère des Affaires sociales".
Par rapport à tout ceci, le Bureau national des victimes et parents des victimes d'octobre 2000 estime que la vérité est loin du camp de ces plaignants.
En effet, le nombre des victimes serait de 1.207 blessés, 203 décédés et 65 disparus contrairement à "ce que veulent faire croire le sieur Brou Constant à la tête d'un fictif mouvement". A propos de la prise en charge, le Bureau national a fait savoir que depuis les événements des 24, 25 et 26 octobre 2000, tous les blessés desdits événements ont été admis sur ordre du Chef de l'Etat pour certains dans les CHU et pour d'autres, dans les cliniques de la place. Et qu'en matière de scolarisation, la prise en charge est effective du cycle primaire (cpi) jusqu'au cycle ingénieur. En outre, le sieur Brou Constant ferait partie des "bienheureux" qui ont été insérés à la Fonction publique.
Mieux, après la dissolution du Comité de suivi, la Présidence a pris le relais en continuant de soigner certaines victimes dont les cas sont encore critiques. Par ailleurs, en ce qui concerne l'évacuation sanitaire en France, prévue pour quatre personnes, le Bureau a affirmé qu'elle ne pourra se faire qu'après la paie de l'expertise pour laquelle l'Etat aurait décaissé 75.000 FCFA par personne prise en charge.
De ce fait, le BNVPV, qui est logé dans les bâtiments du ministère que dirige Mme Clotilde Ohouochi (au Plateau), s'est insurgé contre tous "ces agissements". Il n'a pas manqué de dénoncer "la manipulation de certains partis politiques dont sont issus certaines victimes". Car, les blessés légers (sans gros handicaps) qui sont au nombre de 979, ont, dit-on, bénéficié de la voie du forfait comme type d'indemnisation.
Aux blessés graves avec gros handicaps et/ou des séquelles importantes, il a été proposé à chacun d'eux, à titre provisoire, un forfait d'un montant de deux millions de FCFA. Ce qui a-t-on appris lors de la conférence de presse, a été déjà fait depuis décembre 2001.
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