Par : Aurélie Bonavita(Stagiaire)
5 Novembre 2003
Elle a perdu son titre de capitale, mais conserve ses charmes. La vieille ville reste toujours un paradis pour les touristes. Un petit saut dans l'histoire permet de faire connaissance avec la cité des signares.
Fondée en 1659, première colonie française en Afrique, la ville de Saint-Louis du Sénégal n'a rien perdu de ses charmes d'antan. L'île ouvre ses portes par le pont Faidherbe, une oeuvre de Gustave Eiffel (l'architecte concepteur de la célèbre tour parisienne et de la Statue de la liberté en Amérique) installée depuis 1897. Long de 507 mètres, si l'on en croit le guide Le routard, et construit à l'origine pour enjamber le Danube, le pont s'était retrouvé là par erreur. Et comme par miracle, il a couvert exactement la distance séparant l'île du continent.
La découverte peut alors commencer : maisons de type colonial aux couleur vives, restaurants, échoppes, hôtels luxueux se succèdent. Pour saisir l'ambiance qui règne à Saint-Louis, en dehors de la période de son célèbre festival de jazz, le meilleur moyen reste de flâner dans les rues perpendiculaires, traces de la colonisation. Aux plus paresseux, le Syndicat d'initiative propose un tour de ville en calèche. Ainsi, partis du quai longeant le fleuve Sénégal, nous sommes passés par le Centre culturel français, l'hôtel de ville, le Centre de documentation et d'information du Sénégal (musée retraçant l'histoire du pays), l'église catholique de l'île (la plus vieille du Sénégal) située non loin de la Place Faidherbe. Du nom du premier gouverneur de Saint-Louis dont la statue trône à son centre, la place abrite un jardin ombragé où il fait bon se reposer. En face, le palais du gouverneur qui a été occupé par Louis Faidherbe de 1854 à 1861, puis de 1861 à 1863, est devenu propriété de l'Etat, abritant actuellement la gouvernance de la région de Saint-Louis. Le pont Moustapha Malick Gaye, moins impressionnant que son grand frère, de l'autre côté de l'île, enjambe le petit bras de fleuve pour relier la ville coloniale à Guet Ndar, le quartier des pêcheurs sur la langue de Barbarie, donnant sur l'océan Atlantique, s'ouvrant dans sa partie nord, sur la Mauritanie et se refermant au sud, par l'embouchure. Ici, le jaune des maisons cède la place au rouge orangé du coucher du soleil, au moment où les pêcheurs rentrent en pirogue et déversent leurs prises de la journée sur le sable. En continuant le long de la plage, on découvre le cimetière musulman, appelé cimetière des pêcheurs parce que nombre d'entre eux sont enterrés ici et leurs tombes recouvertes d'un filet de pêche. L'ancienne capitale du Sénégal, riche de son histoire, est citée comme l'un des lieux incontournables pour tout aventurier venu visiter le pays. Saint-Louis reste le symbole des liens culturels qui unissent la France et le Sénégal. Le gérant de l'auberge La Louisiane, située en bordure du fleuve Sénégal dans un cadre idyllique, nous confiait qu'il affichait déjà presque complet pour les fêtes de fin d'année. Ce ne sont pas les artisans locaux qui se plaindront de cette situation..., et Charlotte non plus. De nationalité française, cette expatriée tient une boutique de commerce équitable : Keur Fall. Les vêtements, sacs, objets de décoration, tous plus travaillés les uns que les autres, sont fabriqués par des artisans d'un village du Baol, une province du centre du pays abritant la cité religieuse de Touba. Et Charlotte se charge de les revendre, affirmant qu'à cette époque de l'année, les foulards chauds avaient eu beaucoup de succès auprès des touristes français. A l'heure de la mondialisation, quoi de plus normal que des tissus achetés en Mauritanie et travaillés au Sénégal soient revendus à des Européens, sans taxe supplémentaire ?
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