Henda Arfaoui
5 Novembre 2003
«Les changements climatiques : réalité et perspectives», tel était le thème de la rencontre qui a eu lieu hier à l'Institut national agricole de Tunis (Inat) où les universitaires ont rallié leurs compétences à celle des pouvoirs publics pour trouver les solutions adéquates qui permettraient d'atténuer les effets des changements climatiques sur les ressources naturelles et la production agricole.
Organisée par la cellule du RCD de l'enseignement supérieur et de la recherche agricole pour célébrer le 16e anniversaire du Changement, cette rencontre a été ouverte par M. Habib Haddad, ministre de l'Agriculture, qui a rappelé les incidences négatives de ce phénomène des changements climatiques qui menace tous les pays et risque de refaçonner le monde. Les perturbations auront des effets sur tous les aspects de la vie depuis l'écocystème, l'infrastructure et jusqu'aux zones côtières qui risquent d'être ravagées par les eaux.
La Tunisie, a précisé le ministre, a contribué par ses propres compétences et les décisions adoptées, notamment l'étude décidée par le Président de la République en novembre 2000, à renforcer l'effort international pour atténuer aussi bien les effets que les conséquences de ce phénomène fort inquiétant. Ses répercussions sur la Tunisie toucheront l'agriculture et le tourisme. D'autant plus que notre pays se trouve dans une zone semi-aride caractérisée par une pluviométrie irrégulière.
M. Najeh Dali, secrétaire général de la cellule RCD de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique agricole, a présenté, pour sa part, les principaux aléas, à savoir l'augmentation du taux de gaz à effet de serre et de la température dont la moyenne augmentera de 0,5 à 2° dans les horizons de 2050. Ces deux phénomènes auront éventuellement des conséquences désagréables sur la fonte des neiges qui contribuera, de son côté, à l'élévation du niveau de la mer.
Il y aura aussi en plus de l'évaporation, des perturbations et modifications des saisons des pluies (apparition aussi des orages, crues ), ce qui provoquera le changement du paysage végétal et, par conséquent, les périodes de cultures (saison, mi-saison).
Des paramètres arbitraires commanderont ainsi la saison des cultures : la détermination du stock adéquat en semences, altération de la santé animale et végétale par l'apparition de nouvelles maladies.
La question qui se pose désormais est celle de savoir est-ce que nous maîtrisons les mécanismes nécessaires pour adapter les saisons des cultures à ces changements?
A l'instar du problème de l'eau (dont un CM lui a été spécialement réservé pour mettre au point une stratégie de gestion et de mobilisation des ressources hydriques à l'horizon 2030), «la stratégie entamée pour atténuer les effets des changements climatiques dénote une clairvoyance de la part des pouvoirs publics».
L'augmentation du niveau de la mer risque, à son tour, d'avoir des conséquences sur l'infrastructure, imposant de nouvelles normes pour les bâtiments, ce qui risque d'influer sur le secteur touristique et les zones côtières qui, dans notre pays, abritent près des 2/3 de la population.
La Tunisie, consciente des dangers que peuvent constituer les changements climatiques et afin de réduire l'effet du gaz carbonique (CO2), a mis au point des stratégies sectorielles depuis 1998 en matière d'énergies renouvelables et d'infrastructures.
Il demeure, affirme M. Najeh Dali, qu'«il est important de bien préparer le pays à moyen et à long terme afin d'atténuer les effets du changement climatique, par la préparation au niveau agricole des stocks de semences, des intrants, des variétés nécessaires, adaptés, ainsi que le vaccin adéquat pour les espèces animales et végétales.»
Pour ce faire, des réunions multisectorielles ont été tenues et des fonds alloués pour assurer l'efficacité des recherches entamées.
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